Le petit train bleu / La petite loco courageuse : Quelques informations

Le petit train bleu est un co-production entre le studio Universal et Crest Animation parue directement en vidéo le 21 août 2012 en France. Le film semble inédit en version francophone au Québec. A noter que pour sa diffusion à la télévision et sur les plates-formes de vidéo à la demande, le long métrage ne porte pas le même titre. On le reconnaîtra sous le nom de La petite loco courageuse.

Même si le long métrage est produit spécialement à destination des jeunes enfants et qu'il n'a jamais été conçu pour une sortie en salle, il compte de grands comédiens pour sa version originale notamment Whoopi Goldberg (la version française faisant par ailleurs appel à Maïk Darah pour la version française) , Jim Cummings, Jamie Lee Curtis et Jodi Benson.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Un jour, Richard, un petit garçon du monde réel, parvient malgré lui au Royaume des rêves. C'est la panique ! En effet, sa présence a provoqué l'effondrement du tunnel qui reliait les deux mondes ! Mini-Loco, notre adorable petit train bleu va tout faire pour tenter de le ramener chez lui, en suivant les vieux rails abandonnés de l'effrayante montagne des rêves. Pour y parvenir, elle va devoir affronter ses peurs et déjouer les pièges du terrible Train des Cauchemars...

Analyse de l'oeuvre 3
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De but en blanc, sans réfléchir, que vous évoque exactement les mots "train" et "bleu" ? Oui, je vois qu'il y a quelques fans des aventures de Hercule Poirot écrites par Agatha Christie dont l'une de ses intrigues se déroule dans le luxueux et célèbre Train Bleu qui faisait la liaison entre Londres et Vintimille. Evidemment, cela n'a que très peu rapport avec ce qui nous intéresse. Maintenant, je propose "Train qui parle". Quoi ? Le célèbre Thomas, le petit train qui connut un grand succès en Angleterre, oui, c'est pas bête. Oh, Chuggington vous dites ? Effectivement, cette série animée anglophone est sans nul doute ce qui se rapproche le plus de ce long métrage, sauf qu'il ne s'agit pas du tout d'un film dérivé de la série (ce que j'ai un temps cru moi-même). Ah oui, vous au fond, effectivement, là on chauffe ! Casey Junior, le célèbre personnage anthropomorphe de Walt Disney aperçu dans Le dragon récalcitrant mais aussi dans Dumbo. Effectivement, ce personnage n'a absolument rien d'inédit puisqu'il fut ouvertement inspiré d'un conte américain pour enfant publié en 1930 par la maison d'édition Platt & Munk: The Little Engine That Could. Dans celui-ci, il est question d'une jeune locomotive bleue qui désespérait pouvoir faire aussi bien que les grandes et se répétait inlassablement qu'elle allait finir par y arriver. Vous l'aurez compris, c'est bien de ce conte pour enfant qu'il est question ici !

Depuis sa toute première publication, Le petit train bleu a déjà fait l'objet de nombreuses variations, dont une proposée par Disney en 1976 où ce petit train bleu... était rouge, et adaptations, dont un moyen métrage réalisé par Dave Edwards pour le compte d'Universal en 1991 où l'on retiendra surtout que la petite locomotive avait la même tête que le fantôme Casper. Mais il n'y avait cependant jamais eu de véritable long métrage animé autour de ce conte très populaire auprès des enfants américains à travers les époques. En 2010, Universal confie la co-production de ce tout premier long métrage au studio Crest Animation pour une sortie directement en vidéo une année plus tard. A la tête du projet est placé le réalisateur Elliot Michael Bour. Celui-ci n'est certainement pas un inconnu, même s'il a toujours été dans l'ombre de plus grands artistes. On lui doit notamment plusieurs scènes de La belle et la bête, Aladdin, Le roi lion, Pocahontas et Mulan. Après cela, il se spécialise dans les films d'animation à destination des enfants. On lui confie par exemple le pas si mauvais Les aventures de petit Gourou et le beaucoup moins réussi Kuzco 2 - King Kronk. Le petit train bleu constitue l'une de ses très rares infidélités au studio Disney, qu'il réintègre très vite ensuite puisqu'il s'occupe depuis 2016 de la série Elena d'Avalor.

Il faut l'admettre, j'avais toutes les réticences du monde à découvrir Le petit train bleu. Rien que le fait que ce long métrage soit associé à Crest Animation semblait dès le départ reléguer l'ensemble comme une production de seconde zone. Pourtant, je devrais avoir l'habitude maintenant, dès qu'un film de ce studio n'est pas réalisé par Richard Rich en personne, l'oeuvre en question est irrémédiablement meilleure que ce que la première impression laissait entendre. C'était le cas de Muhammad - Le dernier Prophète, Alpha et Omega et, plus surprenant, le très récent Le cygne et la Princesse - En mission secrète. Si Le petit train bleu reste effectivement formaté spécifiquement pour un très jeune public, le long métrage laisse quand même transparaître une petite ambition artistique et un profond attachement à ses personnages qui se révèlent tous absolument adorables. A l'exception de l'introduction du film jusqu'au moment où le jeune Richard est projeté dans le monde des locomotives, où Le petit train bleu semble plutôt mal formaté et ressemble trait pour trait à la série britannique Chuggington (d'où ma méprise originelle), le reste du long métrage s'affranchit totalement de l'univers assez froid des chemins de fer moderne. Au contraire, le long métrage va tour à tour proposer des environnements poétiques, féériques, chaleureux puis enchaîner avec des univers plus sombres, humides et neigeux, avant d'arriver vers une conclusion forcément heureuse.

Le petit train bleu propose évidemment tout un tas de scènes convenues propres aux séries d'animation enfantines. On est ici face à un banal conte initiatique où la petite locomotive affronte des épreuves afin de s'émanciper, Richard étant surtout là pour permettre au jeune spectateur de s'identifier à lui qui est, presque, le seul humain de l'aventure. Bien entendu, Le petit train bleu détricote aussi parfois trop facilement la plupart des passages difficiles qui jonchent le voyage de la locomotive et ses occupants. Mais on se laisse finalement assez vite prendre au jeu de la narration, d'autant que le long métrage réalisé par Elliot Michael Bour prend le temps de construire des scènes crédibles tout autant que fantaisistes, dans le bon sens du terme. Peu à peu on finit par s'attacher à ses personnages, y compris du côté des locomotives anthropomorphes (surtout Mini-Loco), ceci même si la qualité de leur animation est toujours très limitée. Malgré tout, à de nombreuses reprises, le long métrage offre un visuel qui se veut très soigné, tout géométrique qu'il puisse être, et plusieurs scènes d'actions suffisamment énergiques pour ne pas endormir son auditoire.

Sans jamais transcender le genre du cinéma d'animation pour tous petits, Le petit train bleu fait incontestablement mieux que toutes les productions spécialement réalisées pour la vidéo par Crest Animation, à commencer par les multiples suites inadmissibles de Alpha et Omega et de Le cygne et la princesse. Certes, il laissera sur sa faim les plus grands spectateurs, mais dans les grandes lignes, le long métrage laisse transparaître un authentique sentiment de sincérité dans ce qu'il propose. Du coup, malgré ses défauts, Le petit train bleu réussit à se rendre attachant et suffisamment sympathique pour ne pas se sentir forcé à le visionner dans son entier. Evidemment, il faut quand même pour cela ne pas être trop réfractaire à sa technique qui semblait déjà fortement obsolète quand il est sorti en 2011 et l'est encore plus aujourd'hui.

Social eXpérience

05 octobre 2018 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2012)

Mini-Loco : Esther Aflalo 1

Richard : Martin Enuset 1

Tour : Maïk Darah 1

Oscar : Tony Beck 1

Julia : Nancy Philippot 1

L'ancien : Jean-Paul Landresse 1

Prune : Alexandra Correa 1

Marcus : Arthur Dubois 1

Bob : David Scarpuzza 1

Major : Julien Deboyer 1

Wagon Rouge : Martin Spinhayer 1

Train Blanc : Olivier Cuvellier 1

Train des Cauchemars : Stany Mannaert 1

Sources : 1Carton VOD