L'île au trésor des Muppets : Quelques informations

L'île au trésor des Muppets passe la case cinéma et sort directement en vidéo plus d'un an et demi plus tard en France le 03 juillet 1997, tandis qu'il est proposé au Québec en janvier 1998. Historiquement, il s'agit de la seconde et dernière collaboration entre la Jim Henson Company et le studio Disney avant que le second rachète le premier en 2004 et récupère l'intégralité des droits de ce film.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

En route pour l'aventure en compagnie du capitaine Kermit, sur le navire qui le conduit avec ses compagnons, le jeune Jim Hawkins, Gonzo et Rizzo, vers l'île où se cache un fabuleux trésor. Mais sur leur route se dresse le célèbre et redoutable pirate Long John Silver qui kidnappe le jeune Hawkins pour lui dérober la carte au trésor...

Analyse de l'oeuvre 4
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Au milieu des années 1990, le cinéma d'animation a beaucoup changé. Disney domine désormais le secteur, faisant tout autant d'envieux que de jaloux. La formule musicale de ses longs métrages est, dès lors, répliquée par à peu près tous les studios américains qui souhaitent grappiller les quelques miettes que le géant aux grandes oreilles laisse derrière lui. Ce n'est donc pas une réelle surprise de voir répliquée cette même formule dans L'île au trésor des Muppets en 1996, sans nul doute possible le long métrage le plus chantant des personnages jusque là. Le nouveau film des Muppets s'inscrit également dans une mouvance de films de pirates, genre qui tente de revenir à la mode sans vraiment y parvenir, propre à cette décennie. On retiendra par exemple la suite officieuse de Peter Pan par Steven Spileberg, Hook ou la Revanche du capitaine Crochet en 1991, L'île aux pirates, flop retentissant en 1995 alors qu'il était l'un des premiers en mettre en vedette une femme en personnage principal, La Caverne de la Rose d'Or V - Le retour de Fantaghiro en 1996, loin d'être le plus fameux épisode de la saga, Les naufragés du Pacifique avec Jane Seymour en 1998, sans oublier bien sûr la transposition SF de La planète au trésor - Un nouvel univers, lui-même un incompréhensible échec en 2002. Aucun d'entre eux n'a vraiment marqué durablement le genre. Il faudra attendre la décennie suivante, avec l'avènement de la saga Pirates des Caraïbes de Disney dès 2003, pour que les pirates reviennent vraiment à la mode.

Plus que tous les autres longs métrages des personnages, L'île au trésor des Muppets s'inscrit totalement dans un pur esprit de divertissement visuel et sonore. D'ailleurs, il ne faut absolument pas s'attendre à une retranscription fidèle du roman de Robert Louis Stevenson. Si c'est votre souhait, passez tout de suite votre chemin à moins d'avoir l'esprit très ouvert ! Car, ici, les Muppets font à peu près tout et n'importe quoi afin d'offrir un joyeux bordel sans queue ni tête. Tout au plus la fine trame générale est conservée, à savoir l'histoire de Jim Hawkins, la carte mystérieuse remise par Billy Bones conduisant à un somptueux trésor, Long John Silver, mais c'est à peu près tout. Tout le reste de l'intrigue est prétexte à de grands moments de burlesque assaisonnés d'un soupçon de comédie musicale. En gros, c'est plus ou moins La croisière s'amuse, où les Muppets font leur spectacle sur un grand paquebot de croisière touristique. Tout y est prétexte à railler le propos général du long métrage, à commencer par cette bande de rats qui montent sur le navire en sachant pertinemment que tout ce qu'ils vont découvrir n'est rien de plus qu'un grand spectacle de plein air. Il n'y a pas vraiment d'enjeux, juste une trame générale servant un divertissement aux passagers et aux spectateurs.

L'île au trésor des Muppets s'échine principalement à retranscrire la formule Disney de manière humoristique. Et cela commence d'ailleurs dès la scène d'ouverture, petit moment burlesque et chantant qui plagie sans vergogne, tout en les raillant, les grandes séquences d'ouverture musicale de Disney comme "Bonjour" dans La belle et la bête et "L'histoire de la vie" dans Le roi lion. La grande scène musicale d'ouverture sert d'ailleurs exactement le même rôle que les films animés de Disney, à savoir poser les bases du contexte du film. Plus loin, L'île au trésor des Muppets nous refait le même coup quand toute l'équipage lève l'ancre, qui rappelle immanquablement la chanson d'ouverture de La petite sirène ou encore celle de Pocahontas, une légende indienne. C'est d'ailleurs encore plus marqué dans la version française qui reprend les habituels choristes des films Disney chez Dubbing Brother. Au milieu du film, accablé par la chaleur et six longues semaines en mer, l'équipe pète carrément les plombs et nous offre une séquence musicale surréaliste, délirante, avec des dialogues amusants et facilement assimilables comme l'était "Je suis ton meilleur ami" ou "Sous l'océan". Un peu plus loin, c'est le tour du méchant de pousser sa chansonnette traditionnelle. Quand Miss Peggy fait sa première apparition dans le film, une joyeuse assemblée chantonne un air qui aurait très bien pu être un couplet caché de "Je voudrais déjà être roi". Enfin, en guise de grand final, L'île au trésor des Muppets ne fait pas non plus l'impasse sur la grande chanson romantique, inévitablement associée à Kermit et Miss Peggy. Une chose est certaine, Brian Henson assume entièrement la filiation disneyenne de son second long métrage Muppets.

Si la formule Disney offre aux spectateurs un film relativement enjoué, elle apporte aussi quelques défauts malheureux aux Muppets. La moins excusable du lot ? Les Muppets ont été cette fois infantilisés à l'excès. La différence de ton était déjà perceptible dans Noël chez les Muppets, elle est beaucoup plus marquée cette fois. Alors que la joyeuse bande de marionnettes allumées avait toujours été avant tout destinée à un public adulte, L'île au trésor des Muppets est incontestablement un long métrage résolument tourné pour plaire spécifiquement aux enfants (et les grands enfants qui ne s'assument pas). Sans aller jusqu'à la trahison pure et simple, il est indéniable que leurs personnalités ont été inexorablement tirées vers le bas dans ce film. Paradoxalement, on continue de beaucoup apprécier les Muppets, ils sont tous si sympathiques que l'on arrive à passer outre ce gros raté. C'est d'autant plus vrai que le long métrage compte cette fois quelques comédiens de chair et de sang qui sortent du lot. Même s'il est un peu en retrait dans le film, alors qu'il est censé être le personnage principal, Kevin Bishop (Jim Hawkins) s'intègre assez bien dans l'univers des Muppets. Plus intéressant, le prolifique Tim Curry (surtout à la télévision) compose un rôle à sa juste mesure. L'acteur britannique a toujours eu une certaine ambivalence dans son jeu, capable de jouer tout aussi bien des rôles machiavélique (Ça) comme très comiques (Scary Movie 2). John Silver se situe justement entre les deux, ce qui lui offre un joli rôle de cabotinage qui convient à merveille à l'esprit déluré de L'île au trésor des Muppets.

Sans égaler la finesse, le côté dévergondé et la double lecture qui caractérisait les Muppets durant les années 1980, L'île au trésor des Muppets se présente surtout comme une aventure musicale sans prise de tête, manquant parfois un peu de finesse, mais qui reste pourtant attachante malgré tout. Radicalement métamorphosés, les Muppets ont cependant irrémédiablement perdu leur peps légendaire.

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23 décembre 2021 par Olikos