Noël chez les Muppets : Quelques informations

Noël chez les Muppets sort au cinéma avec un an de retard en France le 15 décembre 1993, tandis qu'il est repoussé de deux ans aux Québec, le 8 décembre 1994, par rapport à la sortie originale américaine. Historiquement, il s'agit de la toute première collaboration entre la Jim Henson Company et le studio Disney pour un long métrage cinéma des Muppets. Depuis le rachat du premier par le second en 2004, l'intégralité des droits de ce film, autrefois partagés, sont désormais détenus exclusivement par Disney.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Scrooge n'a jamais eu qu'un seul but dans sa vie : s'enrichir. Maladivement avare, il a sacrifié ses amis, ses relations familiales, ses amours et son bonheur. D'une intransigeance brutale, il exploite sans vergogne ses employés. Haï et craint de tous, il vit en reclus. Mais la nuit de Noël, les fantômes de ses anciens associés, Jacob et Robert Marley, font irruption chez lui pour lui annoncer la visite de trois Esprits qui bouleverseront à jamais son existence : l'Esprit des Noëls passés, l'Esprit du Noël présent et l'Esprit des Noëls Futurs...

Analyse de l'oeuvre 4
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Ah, une adaptation d'Un chant de Noël de Charles Dickens ! Encore une... Vous ai-je déjà dit que cette intrigue me sort littéralement par les yeux et que je ne la supporte plus ? Certainement, je ne m'en cache plus dans toutes les analyses de productions animées tirées de ce vieux conte anglais. Ce n'est pas une question de mauvaise intrigue, non, elle reste très bonne dans le fond, d'autant qu'elle est couplée aux festivités de Noël qui conviennent bien à l'exercice auquel se livre Charles Dickens. C'est juste que je n'en peux plus de la voir partout. Pratiquement toutes les oeuvres audiovisuelles anglo-américaines ont livré leurs adaptations jusqu'à un tel point de rupture que j'en ai désormais des hauts le coeur rien qu'à son évocation. Films, téléfilms, séries télévisées, productions animées, sketchs parodiques et, on a du mal à le croire, il y a même des jeux-vidéo qui s'inspirent d'Un chant de Noël. Trop c'est trop, la masse a tué littéralement tout l'intérêt que je porte à cette histoire. Certes, je ne remercierai jamais assez Charles Dickens d'avoir indirectement été la source de création du personnage Disney que j'affectionne le plus, à savoir Balthazar Picsou par Carl Barks, mais, soyons sérieux une seconde, un vieil avare acariâtre et pingre qui métamorphose sa personnalité en seulement trois petites heures au milieu de la nuit, ce n'est pas crédible pour un sou et relève totalement du conte de fée pour enfant. Dès que j'ai voulu faire un focus spécial Muppets, j'ai sû que cela allait être une épreuve d'affronter une nouvelle fois ce chant de Noël de Dickens. Est-ce que j'allais arriver à y survivre, malgré mon affection pour les Muppets ?

Pour arriver à tenir devant sans ronchonner à tout bout de champ, j'ai finalement décidé d'aborder le long métrage sous le seul prisme d'un nouveau film mettant en scène les Muppets - ce qui était nouveau, ce qui avait changé par rapport aux films précédents - tout en mettant volontairement de côté le scénario du film. Car Noël chez les Muppets est le tout premier jalon d'une toute nouvelle trilogie cinématographique composée d'une toute nouvelle équipe de producteurs et destinée à une toute nouvelle génération de spectateurs. Nous avons changé de décennie, les attentes de chacun ne sont plus les mêmes, la situation culturelle mondiale est bien différente. Il faut réinventer les Muppets, d'autant plus que Jim Henson est décédé entre-temps. C'est aussi l'époque où la compagnie Disney tente de faire main basse sur le catalogue des Muppets, mais échoue cependant dans cette première tentative, justement à cause de son décès. Ses héritiers ne souhaitant visiblement pas que Disney s'accapare si rapidement de leur patrimoine. Paradoxalement, c'est pourtant bien avec la compagnie Disney que Brian Henson, fils de Jim Henson, décide de s'associer pour développer Noël chez les Muppets, le premier film du renouveau des personnages.

Il faut reconnaître que le changement de tonalité des Muppets est très important, il s'agit véritablement d'une énorme métamorphose. Les Muppets rentrent dans le rang, s'assagissent et perdent inexorablement une grande part de leur âme originelle. Adieu à l'impertinence, les répliques graveleuses et la satire, bonjour la parodie pure, la bonne humeur générale et l'humour bon enfant. Les Muppets font ainsi table rase de leur glorieux passé pour entrer dans une nouvelle ère. D'une certaine manière, assez peu perceptible au premier abord, les Muppets se sont "disneyifiés" avant l'heure, ils sont devenus plus sages, sans qu'il y ai de cause à effet (je vois très mal Disney avoir exercé une quelconque pression, c'est bien un choix assumé de Brian Henson). Ce n'est pas une mauvaise chose, car Noël chez les Muppets n'est foncièrement pas un mauvais film (sauf pour le récit, mais ce sentiment de répulsion ne concerne que moi). L'adaptation d'Un chant de Noël ne se prête tout simplement pas vraiment à une réadaptation grivoise des Muppets. De fait, la nouvelle ambiance générale proposée par les Muppets passe comme une lettre à la Poste, ce qui dissimule facilement la transformation de leurs caractères. Mais elle est bel et bien actée dans ce long métrage.

Même si Noël chez les Muppets change un peu la donne, il faut reconnaître que Brian Henson tente quand même de revenir aux bases du Muppets Show créé par son père. On retrouve en effet les grands thèmes propres à l'émission télévisée, à savoir : la dimension cabaret des Muppets, celle où le spectateur est complice de ce qui se passe sous leur regard avec Gonzo jouant le maître de cérémonie ; l'aspect musical où chaque situation propice permet de placer un numéro musical entraînant ; la dimension comédienne où chaque Muppets tient un rôle spécifique et s'y tient jusqu'à la fin ; et le célèbre invité humain, ici Sir Michael Caine dans le rôle d'Ebenezer Scrooge. Pour la mise en scène, Noël chez les Muppets mélange toutes les techniques d'effets spéciaux artisanaux de l'époque, qui vont de la superposition de plans à l'écran de projection derrière les comédiens, en passant par quelques petits éléments de stop motion, ainsi que quelques astuces d'ordinaire propres aux théâtre de plein air, comme Guignol. C'est notamment le cas de ce plan où Kermit et Robin chantonnent en rentrant chez eux avec ce sol neigeux actionné par manivelle. La technologie 3D est d'ailleurs aussi employée sur quelques plans très spécifiques. Pour les décors, le long métrage a recours aux traditionnelles maquettes, ainsi que de grands décors en carton-pâte installés en studio. De par son caractère fantastique, Noël chez les Muppets donne parfois l'impression de vouloir proposer un style gothique, voire Burtonien. Brian Henson garde d'ailleurs une unité de style globale entre les différentes époques que doit traverser Scrooge.

En mettant de côté mon aversion notable du conte de Dickens, Noël chez les Muppets propose au final quelque chose d'assez convainquant malgré le brusque changement de caractère des personnages. La plupart des numéros musicaux sont sympathiques, même si aucune chanson ne ressort du lot, ni ne reste en tête une fois le film terminé. Mais c'est surtout Michael Caine qui porte le film sur ses épaules en livrant une composition finalement très réussie du personnage, capable de transmettre une grande palette d'émotions rien qu'avec son regard. Les Muppets sont au contraire un peu plus en retrait que d'ordinaire, à l'exception notable de Gonzo qui, année après année, devient de plus en plus populaire au point de devenir régulièrement le centre d'attention de la plupart des scénarios. Ce qui se confirme d'ailleurs avec le tout récent récit d'halloween proposé en exclusivité sur Disney+ en 2021. Bref, même un allergique à Un chant de Noël de Charles Dickens comme moi ne peut nier que Noël chez les Muppets reste quand même appréciable dans son ensemble.

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17 décembre 2021 par Olikos