Super Baloo / Looping - Quand les pirates s'en mêlent : Quelques informations

Quand les pirates s'en mêlent est le téléfilm pilote introduisant la série télévisée Super Baloo, également connue sous le nom de Looping au Québec et en Belgique, produite entre 1990 et 1991 aux Etats-Unis. Elle a été diffusée pour la première fois en France le 1 septembre 1991 dans le programme Disney Club. La série n'a jamais intégralement été proposée à la vente en France. Seuls subsistent aujourd'hui quelques épisodes disponibles exclusivement en VHS.

En 2000, Gia M. Prima, veuve de l'artiste Louis Prima qui jouait le rôle du Roi Louis en 1967, intente un procès contre Disney suite à la commercialisation de Le livre de la jungle en VHS et DVD. Elle y dénonce le contrat originellement signé par son mari en 1967 qui le dépouillait de tous les bénéfices autour du personnage, de son interprétation et sa réutilisation au delà de la projection du film en salle dans lequel il avait participé. Tout comme Peggy Lee (compositeur et interprète dans La belle et le clochard), Mary Costa (Voix d'Aurore) et Phil Harris (Voix de Baloo et O'Malley) avant elle, Gia M. Prima réussit à décrocher un accord avec Disney en 2001. Bien que non directement concerné par ce procès, en représaille, Disney s'autocensure durant plusieurs années en ne diffusant plus les épisodes de Super Baloo où apparaît Louie, le groupe crée ensuite de toute pièce un frère jumeaux prénommé Larry pour les besoins de la série Tous en boite et, surtout, élimine complètement le personnage de Le livre de la jungle 2.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Baloo est pilote de brousse chargé du transport de fret dans la ville de Crête Suzette. Alors qu'il se prélasse dans le bar de son ami Louie, le jeune Kit y trouve refuge et y cache un coffre qu'il a volé à Don Karnage, le chef des pirates aériens de la région. Se faufilant dans l'avion, Kit est finalement aidé par Baloo dans sa fuite. Malheureusement son avion subit une grave avarie. Croulant sous les dettes et ne pouvant le réparer, Rebecca Cunningham rachète la compagnie aérienne sans se douter que Baloo est désormais la cible de Don Karnage...

Analyse de l'oeuvre3.5
3.55

Quand on regarde de près la chronologie d'expansion de l'univers Disney à travers de nombreux médias sur quasiment un long siècle, il faut admettre que l'intrusion des séries d'animation est finalement plutôt récente pour le groupe. Bien sûr, Walt Disney avait déjà innové dans le domaine télévisuel en proposant de nombreuses émissions dédiées, regorgeants d'histoires et de courts métrages en tout genre et où il jouait le maître d'oeuvre dans une formule qui finira, plus ou moins, par être reprise à l'identique en France notamment à travers la célèbre émission Disney Parade présenté par Jean-Pierre Foucault au début des années 1990. Mais les séries à suivre, qui revenaient semaines après semaines avec leurs mêmes personnages, il faut attendre la nomination de Michael Eisner à la tête de l'empire Disney, alors en plein marasme et en quête de trouver une nouvelle identité, pour que l'idée prenne forme. Même si elle n'est pas la première du genre, c'est principalement Les Gummi en 1985 qui ouvre une voie royale télévisuelle à Disney qui va, dès lors, enchaîner succès sur succès avec La bande à Picsou, Tic et Tac, Les rangers du risque et Super Baloo. Toutefois, si l'idée d'emprunter des personnages biens connus de l'univers Disney pour en faire des personnages de séries télévisées n'est pas si nouvelle, Super Baloo reste incontestablement un cas vraiment à part dans leur catalogue, osons même aller jusqu'à dire que la série est un cas vraiment unique aujourd'hui encore.

Non seulement elle est la toute première série télévisée Disney directement inspirée par un long métrage animé, le célèbre grand classique Le livre de la jungle de 1967, mais, surtout, il s'agit de la seule série télévisée qui délocalise totalement des personnages familiers pour les propulser dans un univers qui n'a pas le moindre rapport avec le matériel original ! En dehors des noms des personnages, et dans une moindre mesure leurs différentes personnalités, Le livre de la jungle et Super Baloo n'ont absolument aucun rapport entre eux. La série télévisée fait, dans les grandes lignes, un improbable amalgame entre les séries Les sentinelles de l'air (1965/1966) et Les têtes brûlées (1976/1978), deux succès du genre en Amérique, tout en réunissant l'intrigue autour d'une entreprise de livraison aérienne dont l'excellente série satirique Futurama reprendra l'idée à son compte une décennie plus tard. Et afin d'introduire correctement la série, Super Baloo réutilise la même accroche que La bande à Picsou trois ans plus tôt, elle propose au public un long métrage animé spécialement réalisé pour la télévision, Plunder & Lightning, plus connu en France sous le titre de Quand les pirates s'en mêlent qui nous intéresse particulièrement ici.

De tous les personnages connus de Le livre de la jungle, seulement trois d'entre eux apparaissent dans Super Baloo : Baloo lui-même évidemment, Louie et Shere-Khan. Bien qu'étant le tout premier personnage à apparaître sous les traits d'une panthère noire dans Quand les pirates s'en mêlent, Bagheera n'est cependant pas présent dans Super Baloo et fait figure de grand oublié. Trois personnages, c'est peu me direz-vous, d'autant plus que Louie n'apparaît qu'à trois reprises dans l'intégralité des 62 épisodes de la série (65 si l'on compte le pilote découpé en 4 parties par la suite), dont ce long métrage, et que Shere-Khan est surtout une ombre certes menaçante mais finalement bien lointaine pour les personnages, en comparaison des nouveaux pirates de l'air qui sont une menace un peu plus récurrente. En d'autres termes, Baloo est l'unique véritable personnage à faire le lien entre les deux oeuvres. De fait, pour peupler le nouveau monde dans lequel va désormais vivre le gros ours mélomane, Super Baloo crée de toute pièce de nombreux personnages qui sont tous introduits dans Quand les pirates s'en mêlent.

En premier lieu, Disney lui adjoint un acolyte, Kit. Le jeune garçon s'inscrit totalement dans le portrait type des années 1980, une sorte d'adolescent en pleine crise, rebelle dans ses attitudes et codes vestimentaires (sans compter la coupe de cheveux qui va avec), obligatoirement orphelin pour qu'on puisse le prendre en pitié, mais doté un bon fond du moment qu'il nous accorde sa confiance et désespérément à la recherche d'un amour familial car il ne l'a jamais connu jusque là. Histoire d'apporter un peu de parité à l'écran, l'entreprise aérienne de Baloo est rachetée par Rebecca Cunningham (du moins son avion que Baloo est condamné à devoir lui rembourser durant toute la série) qui s'incruste sans ménagement au domicile avec sa jeune fille Molly. Là encore, Rebeccas n'échappe pas aux clichés des années 1980, sorte de femme d'affaire froide et austère, à qui il ne manque finalement que les sempiternelles lunettes, mais qui se laisse facilement attendrir par les charmes masculins de Baloo, même si c'est quand même toujours elle qui tient les rênes sans que leur relation ne soit finalement jamais intime. Enfin, la compagnie de livraison aérienne de Miss Cunningham ne serait pas ce qu'elle est sans le génial meccano Turbo, sorte de touche à tout capable de métamorphoser tout bricabrac en quelque chose d'utile en un temps record.

Du côté des opposants, bien que toute l'intrigue implique indirectement Shere Khan, Quand les pirates s'en mêlent s'intéresse surtout à introduire la bande des pirates de l'air, sous le commandement du farfelus Don Karnage. Un peu beaucoup mégalomane à ses heures perdus, Don Karnage tente de voler un diamant à Shere Khan afin de le détourner pour en faire une arme de destruction massive pour dominer la ville de Crête Suzette (aussi amusant que soit le nom de cette ville en version française, il s'agit d'une transcription plus ou moins logique de Cape Suzette qui découle d'une déformation anglophone du nom du dessert français). C'est sans compter sur Kit qui lui ravit le joyaux histoire de s'offrir une nouvelle vie bien tranquille loin de cette bande de pirates. En s'échappant, il croise la route de Baloo qu'il implique malgré lui dans l'embrouille. Prenant le jeune homme sous son aile, Baloo se laisse attendrir, particulièrement par appât du gain, les deux partageant le même goût pour le farniente sur une belle plage ensoleillée. Rien ne va évidemment se passer comme prévu, entre les pirates de l'air tenaces, l'ombre menaçante à peine voilée de Shere Khan et le débarquement des deux oursonnes dans sa vie jusque là si paisible.

Arrivé chez nous uniquement sous la forme de quatre épisodes indépendant, et diffusés dans un ordre quelque peu incohérent, Quand les pirates s'en mêlent constitue bel et bien la parfaite introduction de la série en réunissant l'essentiel de ce que propose Super Baloo, que ce soit en termes visuels qu'en termes sonores. Dès le premier coup d'oeil, Quand les pirates s'en mêlent, tout comme la série elle-même, reprennent peu ou prou les mêmes codes visuels que les séries Disney précédentes, notamment dans le caractère anthropomorphe des personnages à l'image de Les Gummi et La bande à Picsou. Certes, on est à mille lieues de la qualité visuelle d'un long métrage produit par Walt Disney Animation Studios, mais dans l'ensemble le tout se tient pour la période de sortie de l'oeuvre. Quand les pirates s'en mêlent compte d'ailleurs un grand nombre d'arrière plan différents, même si on regrettera ce manque flagrant de vie dans ces décors. La majorité du temps, l'arrière plan se contente d'être une grande image fixe sur lesquels sont placés les personnages dont les faux travelings permettent de faire croire qu'ils sont immenses. L'animation des personnages n'est pas non plus très réaliste (Par exemple, seul le personnage qui parle bouge pendant que tous les autres semblent figés sur place), encore moins fluide (les mouvements sont souvent saccadés), voire souvent surréaliste (rien que de voir les enjambées astronomiques d'un personnage qui se déplace, sans compter le surf aérien de Kit qui n'est pas très crédible). Malgré tout, cela reste agréable à regarder, d'autant qu'il y a plusieurs combats aérien très stylés.

La bande originale de Quand les pirates s'en mêlent est globalement beaucoup plus en retrait. Perceptible, mais peu mémorable, elle se contente surtout d'accompagner l'ensemble pour couvrir, la plupart du temps, l'absence flagrante de bruitages. Mais c'est inhérent à l'époque des années 1980 pour les séries animées où il était très rare que les bruitages soient riches, encore moins aussi complexes qu'ils ne le sont aujourd'hui. Tout au plus entendons-nous les personnages marcher ou déplacer des objets, ce qui est déjà pas mal me direz-vous. Les séquences aériennes sont plus bruyantes par contre, du coup, elles paraissent plus vivantes, même si la bande originale n'apporte là non plus rien de particulier aux scènes. Plus étonnant, Quand les pirates s'en mêlent compte quelques chansons. La toute première est une version vaguement inspirée par "Être un homme comme vous", pas dans les paroles ou le rythme, seulement dans le sens où il s'agit d'un morceau musical démontrant que Baloo a surtout la danse dans le sang. Beaucoup plus loin, pratiquement à la toute fin, c'est Don Karnage qui se livre à sa manière dans un numéro musical qui évoque par ses grands airs, sans équivoque possible, un emprunt évident à Basil, détective privé et son célèbre morceau "Le grand génie du mal".

En tant que long métrage introductif à la série télévisée qui le suit, Quand les pirates s'en mêlent reste finalement une oeuvre efficace. Elle prend le temps d'introduire correctement l'ensemble des personnages, de définir convenablement le contexte et de laisser finalement une impression générale plutôt positive. L'alchimie entre les personnages principaux fonctionne, tout comme on ressent immédiatement un côté affectif pour eux dès qu'on nous les présente à l'écran. De plus, quand bien même on n'aurait pas du tout une folle envie d'enchainer directement avec la série télévisée, Quand les pirates s'en mêlent propose une histoire qui se suffit parfaitement à elle-même, puisque l'intrigue du long métrage trouve sa conclusion logique quand surgit le générique. Tout au plus la porte est laissée ouverte via l'habile subterfuge autour de la dette de Baloo envers Rebecca, qui doit donc travailler pour elle afin de pouvoir espérer un jour racheter son avion. Je ne me souviens d'ailleurs pas d'avoir vu le dernier épisode de Super Baloo et ne sais donc pas s'il y est finalement parvenu. Mais peu importe, Quand les pirates s'en mêlent reste quand même un long métrage télévisé des plus sympathiques qui laisse planer le doute sur le devenir des personnages et tente les spectateurs à franchir le pas. De ce point de vue, ce téléfilm pilote fait donc un sans faute malgré ses inévitables imperfections.

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Super Baloo - 20 septembre 1991

01 mars 2019 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1991)

Baloo : Benoît Allemane 1

Kit : David Lesser 1

Rebecca Cunningham : Geneviève Taillade 1

Turbo : Michel Mella 1

Don Karnage : Edgar Givry 1

Louie : Michel Vigné 1

Shere Khan : Gabriel Cattand 1

Molly Cunningham : Claire Guyot 1