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20th Century Fox
Le voyage d'Edgar dans la forêt magique

Il était une fois la forêt

Le voyage d'Edgar dans la forêt magique sort en salle en France le 15 juin 1994 et un peu plus de deux ans plus tard au Québec, le 20 novembre 1996, sous le titre Il était une fois la forêt. Sur certaines éditions vidéos ou plateformes de vidéo à la demande, on le croise parfois aussi sous le titre de Le voyage d'Edgar tout court. Sauf erreur, c'est le tout dernier film d'animation produit par Hanna-Barbera avant que le studio ne soit complètement absorbé par Warner Bros en 1996. Il ne dispose que d'un unique doublage français dont les noms des comédiens ne sont pas connus avec certitude. Notons aussi que le film est proposé, selon l'édition vidéo, en format 4/3 plein écran ou bien dans un format cinéma 16/9.

L'intrigue

Edgar, la taupe, Abigail, la souris, et Russel, le hérisson, mènent une vie paisible et heureuse à Dapplewood, jusqu'au jour où une pollution chimique s'abat sur leur forêt. Seule une plante spéciale peut sauver leur jeune amie Michelle, intoxiquée par les fumées nocives. N'écoutant que leur courage, les trois amis s'envolent alors pour un voyage périlleux...

Analyse de l'oeuvre

L'avantage d'être un site thématique Disney ayant finalement décidé d'aller aussi explorer les productions concurrentes, c'est d'avoir involontairement déjà traité les films les plus populaires que Disney a récupéré dans son catalogue au fur et à mesure de ses divers rachats. De fait, là où les sites de fans entièrement consacrés à Disney se retrouvent désormais piégés par le besoin de traiter en priorité les films les plus récents et celui de faire le tri dans la nouvelle masse de productions animées totalement imprévues, ce qui les pousse souvent à se recentrer principalement sur les films les plus populaires, je peux de mon côté aller explorer à loisir des films plus mineurs, ceux presque oubliés de tous, bref, sans vouloir être excessivement péjoratif, les fonds de paniers des studios d'animation puisque le plus gros de la masse a déjà été analysé. Le voyage d'Edgar dans la forêt magique, c'est typiquement ce genre de petit film d'animation sans prétention aucune, qui n'a pas vraiment réussi à se faire remarquer à l'époque où la concurrence de Disney était rude (Il y avait Aladdin en face de lui) et qui a fini par disparaître totalement de la mémoire collective, sauf de ceux qui l'avaient apprécié quand ils étaient enfants. Il est vrai qu'il n'est pas un long métrage d'animation des plus brillants. Malgré tout, il fait les choses simplement et apporte sur grand écran une petite aventure finalement sympathique, bien qu'elle se destine avant tout à un jeune public peu exigeant.

Le voyage d'Edgar dans la forêt magique fait parti de ce que j'appelle personnellement la trilogie 20th Century Fox animée des années 1990. Le studio, appartenant désormais à Disney, n'a jamais été un très gros producteur de films d'animation. Toutefois, il a été l'un des premiers à dégainer au début de cette décennie après les gros succès qu'avaient été, coup sur coup, La petite sirène et La belle et la bête. Quelques années avant qu'une certaine Anastasia vienne faire, pour la première fois, trembler Mickey, 20th Century Fox a ainsi proposé trois petits films d'animation, sans prétention aucune mais plutôt soignés, dont aucun n'a finalement vraiment eu le succès escompté. Les aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully a été le premier, il partage d'ailleurs la même thématique écologique que Le voyage d'Edgar dans la forêt magique qui l'a suivi l'année d'après, et l'aventure s'est achevée avec Richard au pays des livres magiques dont l'intrigue capitalisait surtout sur l'enfant star. Ce n'est qu'après cette "trilogie" que va naître Fox Animation Studios puis, de ses cendres encore fumantes, Blue Sky Studios. Le voyage d'Edgar dans la forêt magique, c'est probablement le parent pauvre de cette trilogie car il est coincé entre deux productions dont leurs thèmes respectifs sont un petit peu plus matures. On a tôt fait de se dire que c'est le plus faible des trois. Ce n'est pas tout à fait faux en vérité.

Pour autant, Le voyage d'Edgar dans la forêt magique repose sur à peu près les mêmes bases narratives que Les aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully et Richard au pays des livres magiques : la recherche de soi. Peu importe le contexte des trois films, la finalité est à peu près la même. Chacun des héros doit puiser dans ses ressources cachées pour réussir à s'affirmer et ainsi gagner en maturité. Le voyage d'Edgar dans la forêt magique c'est donc aussi un voyage intérieur comme les deux autres films, avec une quête initiatique, plus ou moins factuelle, plus ou moins anecdotique, que doivent vivre les personnages. Pour ce film, les petits héros doivent faire face à une pollution de leur habitat par l'homme, suite à un accident d'un camion citerne qui laisse échapper un gaz toxique dans la nature. Afin de rendre l'intrigue le plus empathique possible, la problématique qui se déroule normalement sur une large zone de la forêt, est réduite à un petit personnage sympathique qui s'intoxique et qu'il faut sauver à tout prix. L'astuce est un peu grosse, d'autant que l'objet à trouver à tous les attraits d'un MacGuffin, mais elle a le mérite de fonctionner sur le film. Je ne comprends d'ailleurs pas très bien qui a eu cette idée farfelue de mettre en avant Edgar dans le titre français du film, vu qu'il s'agit bien d'un trio de jeunes héros d'importance équivalente et qu'il n'est jamais une seule fois question d'une forêt magique. Cela dessert complètement le propos du long métrage pour qui ne cherche pas à creuser plus la question. Le titre français est totalement absurde, d'autant plus que l'intrigue n'a rien à voir avec le roman français d'Édouard Peisson, tout comme le résumé proposé qui induit presque en erreur.

Plus encore que Les aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully, Le voyage d'Edgar dans la forêt magique explore à nouveau la thématique de l'impact des activités humaines sur le monde végétal et animal. Les humains sont la cause exclusive du malheur des personnages. Il est d'ailleurs intéressant de noter la petite tonalité macabre que les animateurs ont donné à quelques scènes en particulier. Lorsque la petite Michelle s'élance avec désespoir vers sa maison noyée par la brume toxique, Cornelius au talon alarmé par la situation qu'il comprend pour l'avoir lui-même vécu mais étant trop vieux pour la rattraper, Michelle se retrouve piégée par son acte inconscient. S'en suivent alors deux scènes lourdes de sens. La première, c'est cette hésitation qu'a Cornelius face à la situation. Doit-il ou non se porter à son secours ? Le tourment est réel car les chances sont infimes, surtout à son âge. En le faisant, ce n'est plus une seule victime, mais possiblement cinq qui découlerait de ce geste (Michelle, Cornelius, mais aussi les 3 autres enfants abandonnés à leur sort si Cornelius trépasse à son tour). L'extravagante Abigail va cependant prendre cette décision pour lui, en sous estimant le danger. C'est alors que se déroule la seconde scène forte du film où l'on découvre que la famille de Michelle est déjà morte. Abigail n'y prête pas vraiment attention, car ses seules pensées sont tournées vers le secours de Michelle. Je doute d'ailleurs que les enfants regardant le film y fassent aussi attention. Pour autant l'image est terriblement explicite, tout comme assez morbide, anticipant, avec un an d'avance, la tragédie visuelle de Mufasa. Un peu dans l'esprit d'un film de Don Bluth, Le voyage d'Edgar dans la forêt magique va d'ailleurs proposer d'autres moments tout aussi forts et plutôt brutaux pour les personnages, à l'image de cette attaque de la Chouette. Sans compter bien sûr quelques confrontations qu'ils auront avec des engins mécaniques de conception humaine.

Paradoxalement, et contrairement à un film de Don Bluth pour reprendre le même exemple, Le voyage d'Edgar dans la forêt magique propose une intrigue en dent de scie. Don Bluth est plus constant dans ce qu'il propose. Le point de comparaison le plus évident étant Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, qui s'inscrit dans la même démarche narrative. Dans ce film, Petit-Pied et ses amis ont un parcours assez progressif, alternant des moments forts et des moments calmes, mais toujours dans le même registre narratif. Dans ses films, Don Bluth garde toujours en tête que son public peut avoir n'importe quel âge. Il fait en sorte que chacun y trouve son compte, sans pour autant épargner le jeune public de scènes un peu dures. Ce n'est pas le cas de Le voyage d'Edgar dans la forêt magique qui côtoie le côté brutal de la nature avec des scènes plus, voire trop, légères dans un esprit burlesque propre au style Hanna-Barbera. Le voyage d'Edgar dans la forêt magique alterne le bon et le moins bon d'un bout à l'autre. Mais là encore, il n'y a pas de trahison sur la marchandise. Le long métrage ne cache jamais une seule fois qu'il s'adresse avant tout aux plus jeunes et pas forcément aux adultes qui les accompagnent. C'est sans doute aussi cela qui explique pourquoi le long métrage est si court, à peine une heure en tout avant de voir apparaître le générique de fin.

Sur le plan technique, Le voyage d'Edgar dans la forêt magique s'avère finalement plutôt bon dans son ensemble. On sent que le studio a mis des moyens pour réaliser un film adapté au grand écran, certes avec nettement moins d'ambition et de finesse qu'un Disney de la même époque, mais l'intention est bien là. C'est joli et net, même s'il n'y a que peu de profondeur dans l'image. Le long métrage se contente juste d'un arrière-plan et des personnages au premier plan, il n'existe quasiment rien d'autre entre les deux. Le film expérimente aussi quelques plans 3D animés par informatique sur quelques éléments complexes, comme l'engin volant au tout début du film ou encore les engins de chantier un peu plus loin dans le film. Techniquement parlant, ces animations 3D restent du niveau des films Disney de la décennie précédente, du niveau de Oliver et Compagnie, ce qui n'est pas un défaut, bien au contraire. Cela prouve juste que la technologie autrefois balbutiante commence à être de mieux en mieux maîtrisée même en dehors de Disney. Sur la bande originale, notons que Le voyage d'Edgar dans la forêt magique compte deux chansons qui, étrangement, ne sont pas adaptées en français, ni sous-titrées d'ailleurs. Je ne sais pas si c'était aussi le cas à l'époque de sa sortie en salle car il est malheureusement assez fréquent que des films d'animation de cette époque soient expurgés de leurs chansons françaises lors de leurs ressorties vidéos pour des questions de droits. Pour composer la bande originale, on retrouve James Horner. Contrairement à ses habitudes, il livre ici des musiques assez peu marquantes dont quelques airs sonnent, d'ailleurs, comme des relents de Le petit dinosaure et la vallée des merveilles. Je l'ai connu plus inspiré.

Sans être très marquant, Le voyage d'Edgar dans la forêt magique reste un petit film d'animation sympathique dont les propos tenus sont plutôt pertinents. Si l'ensemble reste assez soigné, le long métrage manque cependant d'un peu d'ambition et de finitions. L'intrigue semble également coincée entre deux chaises, car elle ne sait pas si elle doit être plus sérieuse ou au contraire plus enfantine. Le juste milieu n'ayant pas été trouvé par les artistes. Il en résulte quelques scènes qui semblent tout droit sortir du chapeau, comme ce moment où les enfants croisent la route d'illuminés religieux (dont je ne parviens pas à savoir si c'est une parodie ou bien un hommage). Un moment à la fois drôle et ahurissant qui tombe vraiment comme un cheveux sur la soupe comme s'il avait été placé là pour meubler un récit qui n'était déjà pas très consistant à la base. Malgré tout, en raison de sa durée courte, l'aventure se laisse suivre sans jamais être poussive et laisse au final une impression globale finalement positive.

Olivier J.H. Kosinski - 15 avril 2022

Bande annonce

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La voir sur Youtube

Voxographie Francophone

Doublage (France - 1994)

Cornélius : Philippe Dumat

Abigail : Claire Guyot

Edgar : Romain Barthelemi ?

Russell : Matthieu Tribes ?

Phinéas : Michel Vigné

Michelle : Aurélia Dausse ?

L'écureuil roux : Emmanuel Karsen

Souris : Yann Le Madic ?

Sources :
Forum Doublage France

3.5