Le petit dinosaure XIII - Vive les amis

Petit-Pied, le dinosaure - La sagesse des amis

Quelques informations

Ce treizième volet est le premier long métrage de la saga qui est totalement dépourvu de la moindre numérotation dans son titre. Cependant, par cohérence avec les autres films de la saga présentés sur le site, j'ai volontairement décidé de le rajouter dans cette fiche. Comme son précédesseur, le long métrage sort uniquement en DVD le 27 novembre 2007 au Québec, sous-titré La sagesse des amis, et le 4 mars 2008 en France, sous-titré Vive les amis. En version française exclusivement dans les deux cas.

Ce nouveau long métrage a la particularité d'être le seul épisode de la saga paru en vidéo alors que la série télévisée était en cours de diffusion, ceci même si les évènements racontés dans le film se déroulent en théorie avant. Cependant, un cas comme dans l'autre, aucune explication n'est donné sur la présence, dans la série et dans ce film, du nouveau personnage Ruby, ni de la présence de Gobeur qui vivait dans une presqu'île trés éloignée de la Grande Vallée dans le cinquième film. On notera aussi que Vive les amis fut, pendant neuf années, l'ultime long métrage spécialement produit pour le marché vidéo.

Résumé

Loofa et Doofah, deux dinosaures d'une espèce inconnue, se sont égarés au cours de leur voyage en direction de la grande vallée des baies. Ils ont malheureusement aussi perdu en chemin tous les membres de leur famille. Petit-Pied, Cera, Pointu, Petrie et Becky, pénés par cette mésaventure, décident d'aider leurs nouveaux amis tout en leur inculcant quelques principes de survie...

Analyse de l'oeuvre

(Dans l'épisode précédent... et maintenant la suite) PATATRAC ! Il fallait bien s'en douter, après un douzième volet particulièrement surprenant et agréable à regarder (si si, c'est vrai !), il fallait bien que Universal rate la marche dans ce qui fut, pendant neuf ans, le tout dernier long métrage de la saga du Petit Dinosaure ! Depuis 2016, la donne a évidemment changé, puisqu'un quatorzième épisode a désormais vu le jour. Il n'empêche, Vive les amis laisse un arrière goût très amer en bouclant, temporairement, une saga vidéoludique annuelle très passable, mais dont le douzième volet était sans nul doute le meilleur opus d'entre tous. Ici, Vive les amis est son parfait contraire : le scénario est stupide, les personnages idiots et, encore pire, l'animation du long métrage a terriblement régressée par rapport aux trois derniers opus réalisés en numérique ! Universal nous aura tout fait, on aura tout vu, mais on n'aurait jamais cru possible que le studio se ramasse totalement sur ce treizième - et autrefois ultime - volet qui marque ainsi une vrai rupture par rapport à la série télévisée née juste avant.

Vive les amis fait table rase du passé. Enfin non, pas du tout, je crois même que c'est le contraire. Le long métrage fait un improbable amalgame de tout ce que la saga vidéo a pu proposer de pire en 13 ans ! Le long métrage va même jusqu'à spolier (non, pas le barbare anglicisme spoiler, j'ai bien écrit spolier !) le scénario de Le petit dinosaure et la vallée des merveilles. Tel un miroir déformant, le long métrage reprend ainsi cette quête intime de Petit-Pied à la recherche d'une terre d'accueil pour la métamorphoser en une quête ridicule d'un troupeau de dinosaures crétins à la recherche d'une mythique vallée des baies qu'ils engloutiront certainement en moins de dix secondes ! Saint-Petit-Pied fait également un retour tonitruant dans la franchise en prêchant à nouveau la bonne parole à ce troupeau désordonné, qu'il doit conduire tel un "garçon vacher" dans la mauvaise direction. Forcément, sinon, ça ne serait pas drôle !

Il faut dire que Petit-Pied a tout un tas d'idées absurdes pour mener à destination cette immense famille de dinosaures stupides. Par exemple, quand il pleut, la bonne idée qu'il propose est de monter tout en haut d'une montagne afin d'y trouver un abri. Bah ouais, vous ne saviez pas que tout en haut d'une montagne il y a forcément un endroit propice pour s'abriter de la pluie ? Et bien maintenant vous le saurez ! Mais le sentier pour y arriver est vraiment très difficile, il est tellement unique, rectiligne et direct que cela devient, pour Petit-Pied, un véritable casse-tête quand son chemin se divise en deux (un qui monte et un qui descend, cruel dilemme pour mener en haut de la montagne...). Heureusement, le hasard et l'intuition légendaire du petit dinosaure permettront d'arriver à bon port... face à quatre redoutables dents tranchantes ! Mais les remuants dinosaures du troupeau anarchique vont réussir à les chasser fissa en bondissant joyeusement sur... leurs postérieurs... Le ridicule ne tue pas, mais il a ses limites.

Visibles ici et là, Petrie, Beckie, Cera et Pointu n'ont guère d'importance dans le récit. Toute la bande des dinosaures suit le cheminement proposé par Petit-Pied sans broncher. Pour les rôles secondaires, Vive les amis joue la surenchère. Ce ne sont ni un, ni deux, ni même trois andouilles à débarquer pour la première fois à l'écran, mais bel et bien des centaines de dinosaures ahuris qui vont nous en faire voir de toutes les couleurs ! Certes, l'intrigue recentre le récit sur trois d'entre eux, enfin disons deux qui parlent et un troisième aphone, mais ils concentrent à eux seuls toute la stupidité du film. On les trouve tellement idiots qu'on finit par se poser tout un tas de questions sur leurs origines. Qui sont-ils ? Que font-ils là ? Pourquoi est-ce que l'on doit les regarder ? Par pitié, achevez-nous ! Au bout d'un moment, surtout lorsqu'ils se mêlent à leurs congénères à plumes, on a l'affreuse impression d'assister à un Carnaval de Rio du pauvre, où des danseurs défroqués feraient un concours à celui qui sera le plus ridicule possible...

Non content de proposer une histoire absurde et des personnages très crétins, Vive les amis souffre aussi d'un phénomène inexpliqué : la disparition de toute qualité d'animation. Toute l'équipe artistique semble avoir été délocalisée quelque part dans un loin pays d'Asie où des animateurs inexpérimentés ont été recrutés à la place de ceux d'origine et ont, au passage, été payés une vrai misère. Misère est d'ailleurs le maître mot de l'aspect visuel du film. Le long métrage multiplie les faux-raccords, la morphologie des personnages change continuellement d'une scène à l'autre et, plus grave encore, Vive les amis multiplie les gros plans sur les visages des personnages rendant encore plus visible la pitoyable qualité de l'animation du film. Ajoutant à cela des chansons à nouveaux abêtissantes, des bruitages empruntés, assez inexplicablement, dans le catalogue des cartoons Warner et une bande originale franchement passable, Vive les amis parachève sans aucun talent son impardonnable catastrophe vidéoludique à tous les niveaux !

Alors que le douzième épisode amenait enfin la saga vers un avenir plus radieux (il aura fallu dix suites pour y parvenir quand même...), Vive les amis clôt la première période de la saga vidéo du Petit Dinosaure sur une note désastreuse. La parenthèse ouverte en 1994 va dès lors complètement se refermer sur cette fausse note, tandis que Universal poursuivra joyeusement le massacre sous un tout autre format. Ainsi, Petit-Pied et ses amis vont continuer encore quelque temps, pour leur seconde période de vie troublée, à arpenter la télévision jusqu'en janvier 2008 où la franchise va, enfin, prendre une retraite plus que nécessaire. Pourtant, alors qu'on pensait enfin en finir définitivement avec cette saga, Universal a finalement annoncé, à la surprise générale en 2014, de ressusciter la franchise dans un nouveau film qui ouvre la voie à une nouvelle ère pour Petit-Pied et sa bande. A suivre...

19 mai 2017 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2007)

Petit-Pied : Stéphanie Lafforgue  1

Céra : Kelly Marot  1

Pétrie : Roger Carel  1

Becky : Caroline Combes  1

Grand-mère de Petit-Pied : Danièle Hazan   1

Tina : Danièle Hazan   1

Topsy : Thierry Murzeau  1

Narrateur : Thierry Murzeau  1

Doofah : Danièle Douet  1

Loofah : Pierre Tessier  1

Bidon-Doré : Roger Carel  1

Sources : 1Générique TV