Le cygne et la Princesse - Une famille royale

La princesse des cygnes - Conte d'une famille royale

Quelques informations

Cinquième volet de la saga, La princesse des cygnes - Conte d'une famille royale sort en vidéo le 25 février 2014 au Québec. En France, Le cygne et la Princesse - Une famille royale sort en quantité assez dérisoire en DVD simple le 15 septembre 2014, avant de disparaître complètement de la circulation commerciale. On le retrouve ensuite dans un coffret 5 films dans une édition DVD Belge pour Noël 2014. Depuis, cet épisode, tout comme le reste des épisodes de la saga, ne sont disponibles que sur les plateformes de vidéo à la demande. Les deux territoires se partagent le même doublage, produit en Belgique, mais dont les noms des comédiens ne sont pas connus.

Résumé

Juliette et Arthur rencontrent une petite fille, devenue orpheline au cours d'un événement tragique. Alors que la petite fille se lie d'amitié avec le prince et la princesse, elle est kidnappée par d'étranges petites créatures, les Scullions...

Analyse de l'oeuvre

Il faut admettre que Crest Animation est persévérant car, exception faite du surprenant Alpha et Omega et plus particulièrement le très bon Muhammad - Le dernier Prophète, il continue de s'obstiner à réaliser des longs métrages excessivement médiocres qui, pourtant, se vendent à la pelle dans le commerce. Après un premier passage à la 3D intégrale dans un quatrième volet ignoble visuellement, mais servi par une très bonne bande originale, Juliette et Arthur sont une fois encore rappelés dans un cinquième film Le cygne et la Princesse - Une famille royale qui poursuit sa dévastatrice destruction visuelle du mythe. Le cygne et la Princesse ne méritait vraiment pas d'être devenue une franchise aussi outrageusement vendeuse, alors que chaque nouvel épisode s'ingénie à être pire techniquement que son prédécesseur. Par contre, et c'est vraiment là le plus surprenant, la saga a toujours fait en sorte d'être extrêmement cohérente envers elle-même. Chaque nouvel épisode s'est ainsi efforcé d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice narratif. A un moment, il fallait donc bien décider d'un épilogue, faute de véritable conclusion. Le cygne et la Princesse - Une famille royale remplit étonnamment bien ce rôle, tout en faisant muter la saga dans une nouvelle direction. Après deux décennies, Juliette et Arthur ont visiblement fait leur temps !

Né plutôt dans la douleur et passé inaperçu auprès du grand public en 1994, Le cygne et la Princesse était un long métrage perfectible mais foncièrement sympathique grâce à une panoplie de personnages vraiment attachants. Sans doute conscient de l'aura de ses personnages, ainsi que de l'attachement des enfants pour eux, Richard Rich a fait en sorte de construire deux nouveaux épisodes qui capitalisaient sur le succès du grand méchant Albéric, tout en étoffant considérablement son histoire. Dans Le cygne et la Princesse II - Le château des secrets, on y découvrait ainsi qu'Albéric avait trahi un allié pour s'accaparer un grand pouvoir puis, dans Le cygne et la Princesse III - Le trésor enchanté, qu'il avait usé de ses charmes pour entourlouper un magicienne un peu trop crédule. En 2012, pour Le cygne et la Princesse - Un Noël enchanté, Albéric revenait finalement d'entre les morts pour torturer une dernière fois Juliette. Paradoxalement, en quatre films, jamais une seule fois dans la saga il n'a été dévoilé pourquoi Juliette était systématiquement placé au coeur de ces innombrables problèmes, jusqu'à ce film.

Vu la qualité visuelle effroyable du long métrage, je vous déconseille fortement de regarder ce film pour en connaître la teneur. Mieux, je m'en vais de ce pas vous en dévoiler le "secret", ce qui vous évitera de mourir d'ennui devant Le cygne et la Princesse - Une famille royale ! Le scénario de long métrage s'efforce tout simplement d'apporter une cohérence toute relative à l'histoire de Juliette et sa transformation en cygne : une simple et banale prophétie ! Et là, je suis maintenant certain de ressentir à travers ses lignes toute la déconvenue qui doit apparaître sur votre visage... Oui, c'est sérieux. Le cygne et la Princesse - Une famille royale remonte ainsi à des temps immémoriaux, où une force primaire et profondément mauvaise (sorte de mélange entre Sauron de Le Seigneur des Anneaux et de la Force de Buffy contre les vampires), qui prend la forme d'une fumée noire (ou verte, ça dépend de son humeur), découvre avec stupeur (et tremblement) qu'un jour, une princesse cygne va être la cause de sa destruction. Ni une, ni deux, il trafique la pierre magique où est apparue la prophétie, et la réécrit complètement. De "sauveur", la princesse cygne devient "destructeur" et tout une bande de scullions (sorte de putois croisé avec un écureuil volant, qui parle, danse et chante...) va se mettre à y croire dur comme fer.

Le pitch de l'intrigue de Le cygne et la Princesse - Une famille royale étant maintenant mis en place, Crest Animation va également flanquer dans les pattes de Juliette et Arthur une gamine orpheline prénommée Alice (non, pas du Pays des merveilles, ni échappée de Raccoon City). Le couple étant encore plus prude que ceux de Disney, depuis toutes ses nombreuses années, le couple royal n'avait probablement jamais eu l'idée d'en avoir un par eux-même. De plus, pour éviter la phase ennuyeuse du pouponnage, autant leur fourguer une jeune fille déjà autonome, ce qui leur aurait facilité la tâche. Grave erreur, puisque la gamine se fait immédiatement kidnapper, par la bande des crédules scullions (qui se sont trompés de victime...), précipitant l'accomplissement de la prophétie annoncée autrefois. Immédiatement, je vous sens pensif et imaginant que le scénario de Le cygne et la Princesse - Une famille royale vire vite au grotesque, voir au nanardesque. Je vous rassure, vous avez parfaitement raison ! Si la cohérence globale de la saga est totale, preuve en est que seuls ceux qui ont moins de six ans s'en satisferont. Pour les autres, à part quelques chansons entrainantes (qu'aucun adapteur courageux n'a visiblement voulu traduire en français), on ne retiendra rien de bienveillant autour de ce cinquième volet, si ce n'est que c'est un chant de cygne pour Juliette et Arthur, qui laissent ici leur place à Alice pour la suite, éprouvante, de la saga.

Vous aurez remarqué que j'ai laissé totalement de côté l'aspect technique de Le cygne et la Princesse - Une famille royale. En réalité c'est voulu car, comment dire, c'était déjà effroyable dans l'épisode précédent, c'est exactement du même acabit (si ce n'est même pire parfois) cette fois également. Rien de ce qui est visible ne sauve le film à aucun niveau (décors, personnage, animation...). Un miasme de pixels désagréables et tellement insupportables, que subir le film dans son entier est un vrai calvaire. C'est d'ailleurs tellement ridicule qu'on n'arrive pas à comprendre comment la saga peut encore se vendre et proposer d'aussi mauvais nouveaux épisodes. Les voies mercantiles sont décidémment bien impénétrables.

20 octobre 2017 par Olikos