Baby Boss 2 - Une affaire de famille / Le bébé boss - Une affaire de famille

Quelques informations

Plusieurs fois décalé en raison de la pandémie COVID-19 et les fermetures des cinémas, le long métrage sort de façon hybride à la fois au cinéma et sur la plateforme de vidéo à la demande Peacock aux Etats-Unis le 2 juillet 2021. Bien que le film y soit proposé en version francophone, le service n'est officieusement pas disponible au Québec et en France au moment de la sortie du film, sauf si on a recours à un VPN. Officiellement, le long métrage suit donc une carrière classique en salle sur les deux territoires, d'abord au Québec le même jour qu'aux Etats-Unis sous le titre de Le bébé boss - Une affaire de famille, puis en France le 18 août 2021 sous le titre de Baby Boss 2 - Une affaire de famille. Le long métrage dispose de deux versions francophones, mais je ne dispose pour l'instant pas de la liste de leurs interprêtes respectifs.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Tim et sa femme Carole vivent en banlieue où ils s'occupent de deux enfants : Tabitha, une petite fille de 7 ans à l'intelligence remarquable et Tina leur adorable nouveau-né. Tabitha, première de sa classe dans une école pour surdoués, adule son oncle Ted et rêve de marcher sur ses pas, ce qui inquiète beaucoup Tim qui craint qu'elle ne passe à côté de son enfance à force de travailler si dur. Mais il va découvrir que Tina n'est autre qu'un espion à la solde de Baby Corp. Infiltrée, elle enquête sur l'école de Tabitha et, plus spécialement sur son fondateur, le mystérieux Docteur Edwin Armstrong...

Analyse de l'oeuvre 3.5
3.55

Il est désormais loin le temps où Dreamworks Animation créait l'évènement. Ses déboires financiers et son rachat par Comcast ont tôt fait de retirer un peu du prestige historique de la marque. Pourtant, l'ancien plus gros rival de Disney continue de produire deux à trois longs métrages d'animation par an, sans compter les séries animées. Mais là où ça pêche un peu, c'est qu'il est indéniable que le studio d'animation continue de capitaliser énormément sur ses franchises au détriment des créations originales. En même temps, c'est quasiment inscrit dans son ADN depuis sa création en 1994. Dès qu'un film fonctionne un tant soit peu, surtout aux Etats-Unis, il bénéficie presque immédiatement d'une ou plusieurs séquelles, aux qualités très variables. D'ailleurs, telle une autre tradition immuable, les seconds opus s'avèrent généralement meilleurs que les premiers. Baby Boss 2 - Une affaire de famille ne déroge pas à cette règle puisqu'il réussit à affiner ce qui fonctionnait déjà dans le premier volet tout en résorbant ce qui s'avérait trop lourd. Mais, dans les grandes lignes, ce second épisode nous propose à peu près la même recette narrative, en poussant simplement le curseur du délire nettement plus loin que dans le premier volet. Et comme le dit l'adage, plus c'est gros, plus ça passe !

Nous retrouvons nos héros d'hier désormais devenus des adultes. Une astuce narrative permettant de proposer une nouvelle génération de bébés aussi improbable que la génération précédente, tout en éloignant suffisamment les évènements de la série télévisée Baby Boss - Les affaires reprennent afin de dissimuler la grosse incohérence entre les deux médias. Car dans ce second opus, et c'est d'ailleurs mon principal regret, Ted, l'ex-baby-boss d'hier, a complètement perdu la mémoire de sa première aventure avec son frère Tim, abandonné seul avec ses souvenirs intacts. Les deux enfants ont grandi et se sont éloignés l'un de l'autre. Alors que Tim a finalement fondé une famille aimante, Ted a suivi la voie toute tracée de sa naissance : il est devenu un puissant magnat financier. Au tout début du film, cela fait plusieurs années que les deux frères ne se sont plus revus. Ce n'est que lors du déclenchement d'une nouvelle crise à l'échelle mondiale que le destin des deux frères va de nouveau être réuni sous l'égide de Baby Corp. Et la génération actuelle des bébés va devoir se lier à la génération précédente afin de résoudre l'énigme en moins de 48h.

Baby Boss était une oeuvre allumée, dans le sens où toute la première partie du film était totalement absurde en s'enfonçant dans le délire. Du prétexte de départ à la relation d'amour-haine entre les deux frères, le long métrage accumulait aussi tous les clichés sur la fratrie. Le long métrage se recentrait ensuite sur l'aspect émotionnel et, contre toutes attentes, la conclusion s'avérait finalement satisfaisante. Baby Boss 2 - Une affaire de famille c'est exactement la même chose, mais en plus foufou encore. Le long métrage repart dans le même délire dès ses premières minutes. Plus étonnant, le long métrage fait en sorte de casser complètement l'image qu'on avait gardé de Tim et Ted à la fin du premier film. On en vient même à regretter - ô combien amèrement - qu'ils soient devenus des adultes aussi rasoirs et insignifiants. Mais le récit s'avère habile, car il s'échine à brouiller volontairement la vision des spectateurs pour mieux se recentrer sur l'essentiel ensuite. A savoir, reconstruire une fratrie brisée. Quitte, malheureusement, à nous proposer, ni plus, ni moins, le même déroulé des évènements que dans le premier film, seul le contexte ayant changé. Pourtant, étonnement, ça passe mieux que dans le premier film. Tout du moins, ça parait moins gênant car, effet de surprise éventé, on s'attend logiquement à y retrouver la même formule dans ce second opus. De fait, ce qui était gênant à l'époque de Baby Boss paraît plus naturel dans Baby Boss 2 - Une affaire de famille.

Du point de vue technique, Dreamworks Animation envoie de nouveau du lourd. A l'exception de la corpulence vraiment très étrange des adultes, proche de la physionomie des gorilles (large torse, longs bras, mais jambes courtes), Baby Boss 2 - Une affaire de famille est un très joli festival visuel qui fait plaisir à regarder. D'autant plus que le film s'essaie à plusieurs registres. L'imagination débordante de Tim, même adulte, donne plusieurs occasions de voir le film prendre des couleurs fluorescentes dans des scènes qui fourmillent de belles idées de mise en scène, dans la pure lignée des Croods. Plus loin, quand Ted débarque, le film se lance dans le film d'action-espionnage, avec de grandes scènes propres au genre du film catastrophe, comme Les pingouins de Madagascar. La longue course-poursuite en ville pour atteindre l'école à temps est ainsi une très belle composition, alors qu'elle n'a, sincèrement, aucune autre légitimité dans le film que d'être un gros défouloir. Le long métrage tente aussi la séquence horrifique, lorsque Tim fait un cauchemar, mais qui se transforme assez vite en délire à la Alice au pays des merveilles. Dernière trouvaille, Baby Boss 2 - Une affaire de famille s'essaie également au genre musical, en offrant deux beaux clips à deux moments importants du film, dans une composition digne des Trolls. L'une étant une reprise de "If You Want To Sing Out, Sing Out", interprétée originellement par Cat Stevens en 1971, l'autre une composition originale de Gary Barlow, "Together We Stand". Un hymne entêtant qui reste très longtemps en tête une fois le film terminé.

Divertissant reste probablement la meilleure façon de qualifier Baby Boss 2 - Une affaire de famille. Le long métrage n'offre à peu près rien d'autre à ses spectateurs que de lâcher son cerveau et se laisser entraîner dans une intrigue finalement très prévisible. On objectera d'ailleurs un autre gros bémol sur la moralité de l'intrigue, sempiternelle variation du thème de la famille dystopique américaine qui doit se reconstruire et qui semble être le seul thème que savent traiter les américains dans leurs oeuvres animées ces dernières années.

Social eXpérience

05 novembre 2021 par Olikos