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Astérix et la surprise de César

Astérix cet la surprise de César est le quatrième long métrage animé tiré de la bande dessinée écrite par René Goscinny et dessinée par Albert Uderzo. Il sort en salle en France le 11 décembre 1985. Sa sortie initiale au Québec est actuellement inconnue. Ce film fait parti des quelques rares films animés à avoir été distribué sous le format propriétaire UMD, exclusivement dédiée à la console Sony PSP, le 8 février 2006.

L'intrigue

Obélix s'éprend de la belle gauloise Falbala et, encouragé par Astérix, se décide à lui offrir des fleurs. Mais hélas, la dame de ses pensées aime le fier Tragicomix. Le coeur d'Obélix se brise. Lors d'une promenade romantique, Falbala et Tragicomix sont enlevés par un décurion ignorant et zélé. Effrayé, le chef du camp romain les envoie en plein Sahara. Astérix et Obélix, flanqués d'Idéfix, s'engagent dans la légion et se lancent à leur recherche...

Analyse de l'oeuvre

Astérix et la surprise de César inaugure une nouvelle ère pour le plus célèbre gaulois de la bande dessinée francophone : celle de la bonne qualité graphique ! N'en déplaise aux amoureux de la trilogie classique, au delà de toute considération nostalgique, l'animation, tout comme la qualité visuelle, étaient bel et bien les talons d'achille des trois premiers longs métrages d'Astérix. Pour la toute première fois, on a vraiment l'impression d'une véritable transposition assurément plus fidèle des personnages de papier vers le grand écran. Indéniablement, l'expérience en est sublimé même si, en contrepartie, ce quatrième long métrage va se révéler bien moins excentrique que ces ainés. Le minuscule et génial équilibre entre les deux ne sera vraiment parfaitement atteint que dans Astérix chez les bretons tourné l'année d'après, mais Astérix et la surprise de César est clairement le fer de lance du renouveau graphique du personnage en version animé. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis le très perfectible Astérix le gaulois, qui n'était d'ailleurs même pas destiné à devenir un long métrage à la base. Est-ce à cause de l'implication de Gaëtan et Paul Brizzi, déjà de talentueux artistes qui verront leur consécration dans la dernière séquence impressionnante de Fantasia 2000, L'oiseau de feu ? Ou bien l'ingéniosité de Pierre Tchernia d'avoir réussi à réunir dans un unique film deux albums de René Goscinny et Albert Uderzo ? Peut-être bien tout cela à la fois.

Malgré son titre, qui laisse à penser qu'il s'agit d'une aventure originale, Astérix et la surprise de César entremêle les intrigues du quatrième album, Astérix gladiateur (1964), et du dixième, Astérix légionnaire (1967). Du premier, Pierre Tchernia va en tirer le contexte de l'intrigue où, en lieu et place d'Assurancetourix, ce sont Falbala et Tragicomix qui vont être kidnappés afin d'être jeté en pâture dans l'arène du Colisée de Rome. Du second, il garde en substance quasiment le même déroulé des évènements, de la peine de coeur d'Obélix qui découvre l'amour à sens unique, à la folle aventure de s'engager dans la légion romaine, auquel va finalement se greffer l'épisode où Astérix et Obélix vont tenter de devenir gladiateurs. Le long métrage s'offre aussi quelques scènes totalement inédites, d'assez bonne qualité il est vrai, qui ne font que renforcer la combinaison vraiment heureuse des deux intrigues des albums. On compte ainsi une scène de tension où Astérix est prisonnier d'une cave qui s'inonde, mais également une drôle de scène qui tend à rendre Panoramix plus magicien que druide. Il ne faut pas non plus oublier le bel emprunt à la célèbre course de char de Ben-Hur qui, bien que déjà présente en album, prend une dimension plus cocasse en version animée.

Si la qualité graphique de Astérix et la surprise de César est meilleure qu'auparavant, l'animation des personnages tâtonne cependant encore un petit peu. Par exemple, seuls les personnages de premier plan sont animés, tous les autres autour d'eux étant totalement figés. Mais c'est dans une bien moindre mesure que dans la trilogie classique, puisqu'ici le rendu est nettement plus fluide. En vérité, ce qui cloche le plus se concentre sur le couple des amoureux gaulois, Tragicomix et plus particulièrement Falbala. Dans le monde très caricaturé et foncièrement masculin du village des irréductibles gaulois tels que dessinés par Uderzo, la place des femmes a toujours été réduite à peau de chagrin. Les "belles femmes" ont toujours été quasiment inexistantes. Tout du moins jusqu'à l'arrivée de Falbala dans Astérix légionnaire prépublié en 1966. Et encore, il s'agissait alors d'une ravissante blonde façon "soit belle et tais toi", amoureuse transit dont le seul but dans la bande dessinée était de lui ramener son amant, en brisant le coeur d'Obélix au passage. La jeune fille restait ensuite très effacée, en ne faisant plus que quelques rares apparitions de temps à autre. Autre époque, autres moeurs, Falbala est cette-fois incluse dans l'enlèvement dans Astérix et la surprise de César et ne se laisse pas marcher sur les pieds. En dehors de sa personnalité qui a fortement changé, on a surtout énormément de mal à la reconnaître dans le long métrage, tout comme son fiancé. Pour une raison assez inexplicable, Tragicomix et elle piochent en effet leurs physionomies respectives à Comix (sans la moustache) et Fanzine du 25e album Le grand fossé. Cela rend l'expérience assez perturbante, d'autant que les gros plans sur le visage de Falbala sont relativement nombreux.

Astérix et la surprise de César compte aussi pas mal de changement au niveau de sa partie sonore. D'abord sa bande originale se veut plus dans l'ère de son temps, plus énergique aussi, à commencer par sa chanson d'introduction "Astérix est là", devenu un classique depuis et dont le succès fut tel qu'elle fut réutilisée, en adaptant ses paroles en anglais et avec un tempo plus lent, pour Astérix chez les bretons. Si l'on retrouve avec bonheur le génial Roger Carel sur Astérix, le plus gros changement du doublage français se porte sur Obélix, Pierre Tornade prend la succession de Jacques Morel sur le personnage. Même si j'ai toujours apprécié ce dernier, je dois admettre que Pierre Tornade a sans nul doute été celui qui a le mieux interprété Obélix toutes époques confondues, lui donnant cette personnalité de grand nigaud très attachant. Il a aussi été le seul à ce jour à offrir les plus mémorables borborygmes à Obélix. De ses "bayaya abadia" succulents quand il se présente à Falbala, à ses "bouhouhou" lorsqu'il réalise qu'elle ne l'aime pas, sans oublier ses "gnagnagna" de petit garçon qui fait la tête quand on lui refuse la potion magique, ni ses sarcasmes quand on prétend qu'il est gros, on adore entendre Obélix s'exprimer à travers Pierre Tornade. A cela s'ajoute l'une des complicités les plus évidentes jamais entendues pour son formidable duo qu'il forme avec Roger Carel. De l'excellence vocale à l'état pur !

Qu'on se le dise, Astérix et la surprise de César est très loin d'être une oeuvre irréprochable, elle a aussi ses défauts, comme ses qualités, mais il est incontestable qu'il s'agit du tout premier long métrage de la saga qui a droit à une vrai bonne qualité visuelle. Si l'intrigue se révèle moins cocasse que Les 12 travaux d'Astérix, et bien moins désopilante que Astérix et Cléopâtre, elle relie celle de deux albums différents de manière étonnamment harmonieuse. Cet amalgame s'avère très pertinent, tout en permettant d'offrir de nombreuses scènes totalement inédites intéressantes à voir pour ceux qui connaissent les albums sur le bout des doigts. Le long métrage offre également le plus beau duo vocal proposé à ce jour, qui durera dix ans mais sur seulement quatre films : Roger Carel et Pierre Tornade. Rien que pour ça, Astérix et la surprise de César mérite d'être vu !

Olivier J.H. Kosinski - 01 novembre 2019

Bande annonce

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La voir sur Youtube

Voxographie Francophone

Doublage (France - 1985)

Astérix : Roger Carel

Obélix : Pierre Tornade

Caius Obtus : Pierre Mondy

Panoramix : Henri Labussière

César : Serge Sauvion

Briseradius : Roger Lumont

Falbala : Séverine Morisot

Superbus : Patrick Préjean

Abraracourcix : Jean-Pierre Darras

Tragicomix : Thierry Ragueneau

Centurion Vapetimus : Michel Barbey

Farfelus : Philippe Dumat

Le présentateur de cadeaux : Nicolas Silberg

Terminus : Pierre Tchernia

Le bandit du désert : Michel Gatineau

L'aide de camp du centurion Vapetimus : Henri Poirier

Ordralphabétix : Yves Barsacq

Le commentateur du colisée : José Luccioni

Le collègue de Briseradius : Henri Poirier

Voix additionnelles :

- Gérard Croce

- Peter Wollash

- Alain Doutey

- Paul Mercey

- Pierre Mirat

- Paul Bisciglia

- Edmond Bernard

Sources :
Planète Jeunesse

4.5