Astérix chez les bretons : Quelques informations

Astérix chez les bretons est le cinquième long métrage animé tiré de la bande dessinée écrite par René Goscinny et dessinée par Albert Uderzo parue en 1966. Il sort en salle en France le 03 décembre 1986. Sa sortie initiale au Québec est actuellement inconnue. Ce film fait parti des quelques rares films animés à avoir été distribué sous le format propriétaire UMD, exclusivement dédiée à la console Sony PSP, le 8 février 2006.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Jolitorax est le cousin germain d'Asterix même si celui-ci est surtout breton. Il demande l'aide du village des irréductibles gaulois afin de pouvoir mettre en déroute l'armée romaine qui tente d'envahir le tout dernier bastion de la résistance bretonne. Avec l'accord d'Abraracourcix, Panoramix lui prépare un tonneau de potion magique, tandis qu'Astérix, Obélix et Idéfix sont chargés d'en effectuer la livraison...

Analyse de l'oeuvre 4.5
4.55

Astérix chez les bretons est probablement le long métrage que j'apprécie le plus de la filmographie du gaulois à moustaches, non pas parce que c'est le film qui est globalement le plus fidèle à un album (ce qui n'est pas totalement vrai), mais plutôt pour son ambiance. La bande dessinée écrite par René Goscinny, dessinée par Albert Uderzo et publiée en 1966, que j'ai découvert après le film soit dit en passant, est déjà un petit bijou de sarcasme et tout à la fois qu'il est une ode à l'amour envers les britanniques. Mais il lui manque incontestablement cette petite dimension sonore jouissive qu'apporte la version animée qui fait particulièrement défaut à l'album. Il est indéniable que le gentil accent caricatural et risible qui est affublé à l'intégralité des bretons du film transcende inévitablement le récit particulièrement habile écrit par René Goscinny. Dans cette huitième aventure d'Astérix et Obélix, c'est l'aventure qui vient à la rencontre des deux compères et non eux qui partent vers l'aventure. Très habilement, le scénario entremêle le transport d'un tonneau de magique potion à un breton village, via de nombreux chemins détournés, et la consternation des bretons qui déblatèrent de succulentes traductions littérales de leurs expressions typiquement britanniques, aussi savoureuses que particulièrement cocasses à lire et à entendre. Entre les deux, l'armée de Jules César tente par tous les moyens de déranger les bretons au delà de 17h chaque jour et durant deux jours complets à chaque fin de semaine. Cela n'est pas sportif, je dis !

Bien qu'au premier abord Astérix chez les bretons reste très fidèle au scénario de l'album, le long métrage adapte néanmoins l'intrigue d'une manière finalement très personnelle. Le film est tellement jubilatoire à regarder que ses variations ne sont pas détectables au premier coup d'oeil, hormis bien évidemment si vous connaissez l'album sur le bout des doigts. Et pourtant ! Ici et là, des scènes inédites sont ajoutées pour étoffer le récit de base, d'autres péripéties sont au contraire rabotées pour gagner en fluidité. Plus étonnant, certains évènements clés sont complètement métamorphosés tandis que de nouveaux personnages remplacent ceux issus de la bande dessinée. Sans vouloir insulter les puristes, je trouve ces arrangements vraiment bienvenus au point de me faire préférer le film à l'album. Car il faut reconnaître que Pierre Tchernia est extrêmement habile dans sa manière d'adapter l'intrigue écrite par René Goscinny. Il réussit à conserver la verve caractéristique du scénariste tout en lui apportant une dimension cinématographique bienheureuse. Comment ne pas tomber sous le charme du parfait timing vocal de son "Percez... Plonglez... Buvez... Avancez..." dans l'ordre et la discipline, avant que tout le monde n'ait un coup dans le nez ? Il est également bien plus drôle d'entendre Obélix lire le numéro de la maison en se demandant si son locataire s'appelle Xvi plutôt qu'un improbable Lvii.

Si l'on retrouve bien l'ensemble des moments importants de l'album, la version adaptée par Pierre Tchernia change radicalement le déroulé de certaines intrigues annexes. A commencer par l'excellente idée d'avoir impliqué le marchand phénicien itinérant Epidemaïs au tout début de l'intrigue, alors qu'il ne figure pas du tout dans l'album, et qui permet, de manière bien moins évidente, de mieux amener le comique retournement de situation final du film. Astérix chez les bretons se débarrasse également de Caïs Roidedrus, un fonctionnaire de Rome hautement anecdotique dans la bande dessinée, au profit du génial général Motus qui tient une place prépondérante dans l'intrigue (et qui reviendra dans l'opus suivant), tout en étant l'objet d'un succulent comique de répétition durant tout le film. Le long métrage entremêle également le design de l'aubergiste du Rieur Sanglier avec l'implication originale de Relax dans l'intrigue pour offrir un exubérant Olive Escartefix, plus communément surnommé Gaulix par nos voisins bretons. L'un des derniers changements majeurs de la version animée concerne le choix du ballon de jeu à la toute fin du film. Pour une raison que j'ignore, la calebasse originelle a ici laissé sa place à une étonnante citrouille, bien plus fragile a priori pour un tel sport. Peut-être s'agit-il d'une allusion à Halloween ou bien, plus simplement, car c'est plus facilement identifiable auprès du jeune public, je dis, n'est-il pas ?

Qualitativement, la majorité des longs métrages Astérix n'ont jamais vraiment été à la pointe de la technologie, que l'on compare avec le mastodonte de référence de l'époque Disney, comme à ses autres concurrents contemporains. Même s'il fait effectivement bien mieux que la période Belvision, Astérix chez les bretons compte pourtant tout un tas de défauts graphiques pour qui prend le temps de les observer. Le plus bizarre d'entre eux relevant de cet étrange tremblement des cellulos, particulièrement visible sur la version HD du film, où les personnages montent et descendent de quelques millimètres régulièrement durant une même scène. Même s'il fait légèrement mieux que Astérix et la surprise de César, sorti à peine un an plus tôt, Astérix chez les bretons fait tout comme lui dans le strict nécessaire en ce qui concerne l'animation. Hormis le ou les personnages qui parlent, il n'existe absolument aucune vie tout autour d'eux. Les rares personnages d'arrière-plan se retrouvant systématiquement figés et ne bougent pas d'un poil jusqu'à la fin de chaque scène. Pour autant, malgré ces défauts flagrants et récurrents d'un film à l'autre, les longs métrages Astérix ont toujours eu cette étonnante particularité d'être toujours foncièrements attachants parce que le scénario est intelligent, parce que l'intrigue est cocasse ou parce que les comédiens de doublages nous sortent aussi de superbes répliques.

Car il faut admettre que le plaisir que prennent tous les comédiens est si évident qu'il en devient communicatif en dehors de l'écran. Il y a bien évidemment Roger Carel, qu'on ne présente plus qui fut, quasiment dès les premiers pas radiophoniques du gaulois (rappelons que c'était Guy Piérauld qui fut la première voix d'Astérix), la voix principale historique du personnage et, ce, jusqu'en 2014. On le retrouve donc ici avec grand plaisir dans un rôle qu'il connaît et maîtrise à la perfection. A ces côtés, il retrouve Pierre Tornade pour la seconde fois sur Obélix. Si certains lui préfèrent son prédécesseur Jacques Morel, j'ai toujours eu une préférence pour Pierre Tornade. Il y avait ce petit quelque chose qui ressemblait à une complicité naturelle entre les deux comédiens qui emmenait le duo Astérix/Obélix a un degré fraternel inégalé. Pierre Tornade a également toujours su comment rendre ce grand benêt à la fois timide, dépravé, délicat et emporté, bref un joyeux bon vivant et un excellent camarade pour Astérix. Autre voix remarquable, celle de Nicolas Silberg pour le général Motus, grand chef d'une grande armée d'incapables qu'il passe son temps à engueuler, tout en étant démuni devant leur bêtise chronique. Enfin, donnons la meilleure note à l'illustre inconnu Graham Bushnell, dont il semble que c'est son unique doublage de toute sa vie, pour sa croustillante interprétation de Jolitorax, le germain breton qu'il ne faut pas secouer trop fort même s'il le demande !

Astérix chez les bretons est très loin d'être une oeuvre parfaite, tout cela est fort déplaisant, n'est-il pas ? Pour autant, le long métrage réussit à se révéler très sympathique car il réussit avec brio à retranscrire avec fidélité non pas le scénario de l'album mais plutôt son ambiance décomplexée. Notamment l'ingéniosité des expressions "franglaises" proposées à l'origine par René Goscinny qui, ayant cotoyé les mondes francophones et anglophones, s'était nourri de ses propres expériences en traduisant littéralement ces expressions pour donner ce côté délicieusement décalé au langage breton. De son côté, tout en détricotant complètement les meilleures idées de René Goscinny, Pierre Tchernia se les réapproprie et nous les ressers avec malice de manière différente et avec intelligence sans jamais gâcher une seule fois une intrigue qui est, déjà, de base, particulièrement savoureuse. Astérix chez les bretons est donc un long métrage des plus agréables qui se laisse apprécier sans déplaisir.

Social eXpérience

12 juillet 2019 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1986)

Astérix : Roger Carel 1

Obélix : Pierre Tornade 1

Idéfix : Roger Carel 1

Panoramix : Henri Labussière 1

César : Serge Sauvion 1

Cétinlapsus : Pierre Mondy 1

Motus : Nicolas Silberg 1

Jolitorax : Graham Bushnell 1

Chateaupétrus : Maurice Risch 1

Stratocumulus : Roger Lumont 1

Abraracourcix : Henri Poirier 1

Cétotaumatix : Michel Gatineau 1

Barbe-Rouge : Michel Gatineau 1

Ordralphabétix : Yves Barsacq 1

Agecanonix : Georges Atlas 1

Bonnemine : Evelyne Grandjean 2

Zebigbos : Georges Atlas 1

Epidemaïs : Albert Augier 1

Les anglaises : Martine Messager 1

Marin phénicien : Michel Elias 1

Légionnaire : Michel Elias 1

Vendeur de cervoise : Pierre Mirat 1

Voix additionnnelles : Paul Bisciglia 1 , Berthe Cortez 1 , Gerard Croce 1 , Alain Doutey 1 , Ian Marshall 1 , Judy Martinez 1 , Edward Marcus 1 , 1 , Joseph Nyambi 1 , Lawrence Riesner 1 , Christopher Wells 1