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Walt Disney Animation Studios
Avalonia

L'étrange voyage / Un monde étrange

Avalonia - Un monde étrange sort en salle au Québec le 23 novembre 2022. Objet d'un long bras de fer durant plusieurs mois entre Disney France et la chronologie des médias française, la sortie en salle de Avalonia - L'étrange voyage est finalement annulée au profit d'une sortie exclusive sur Disney+ le 23 décembre 2022.

L'intrigue

Après une périlleuse expédition au sommet d'immenses montagnes glacées, une famille d'explorateurs, les Clade, fait la découverte fortuite d'une plante miraculeuse, le Pando, qui pourrait changer à jamais le cours de leur vie à Avalonia. Bien des années plus tard, une menace inconnue détruit peu à peu chaque parcelle agricole du Pando. Ayant depuis longtemps renoncés à une vie d'aventures, les Clade doivent renouer avec leurs légendaires origines d'explorateurs afin de sauver leur paisible communauté...

Analyse de l'oeuvre

Après un soixantième film d'animation musical et enchanteur, les Walt Disney Animation Studios retentent un genre très mineur chez eux, celui du récit d'aventure. À ce jour, dans leur filmographie animée, on les compte sur les doigts d'une seule main : Atlantide, l'empire perdu, La planète au trésor - Un nouvel univers et, dans une moindre mesure car relevant plutôt du genre fantasy, Raya et le dernier dragon. Tous ont été plus ou moins des échecs cuisants, la marque Disney ne semblant définitivement pas associée à cette thématique auprès du grand public, malgré leurs diverses qualités. Avalonia, l'étrange voyage fait une nouvelle tentative en essayant de passer par la petite porte, même si Disney a visiblement eu tout le mal du monde à promouvoir son long métrage. Les divers éléments publicitaires n'aidant pas réellement à cerner les contours de l'intrigue, dont certaines idées font surtout penser à une version modernisée du film Les Croods. En fin de compte, Avalonia, l'étrange voyage se contente de faire un amalgame de plusieurs sous-genres, qui entremêlent théories de la terre plate, de la terre creuse et du géoterrapinism, toutes très populaires en Asie, associées à des codes visuels propres au steampunk ainsi qu'à la science-fiction bien américains. La mayonnaise a pourtant énormément de mal à prendre car le film, conjointement réalisé par Don Hall et Qui Nguyen, oublie un élément pourtant essentiel : l'aventure elle-même.

Si Atlantide, l'empire perdu, que j'affectionne particulièrement, tout comme La planète au trésor - Un nouvel univers, parvenaient à égayer les spectateurs un tant soit peu réceptifs, c'était principalement parce que le moteur de deux intrigues était le voyage et la découverte. Les deux oeuvres prenaient le temps de poser un contexte bien précis, apportaient chacune à leur manière une grande part de mystère et, surtout, emportaient les spectateurs à la découverte de mondes nouveaux. Régulièrement, les deux longs métrages proposaient de purs moments contemplatifs, histoire d'immerger et, d'autant plus, impliquer les spectateurs dans le récit. Lorsque les personnages touchaient enfin au but, c'était la concrétisation d'un voyage audacieux, rempli de rebondissements, auquel succédait alors un emballement sous forme de conclusion explosive. Avalonia, l'étrange voyage coche toutes les cases du récit d'aventure, pourtant, cela ne fonctionne pas du tout ici. Le long métrage est affreusement bavard, se concentrant sur les gémissements permanents de la lignée masculine des Clade, en conflit perpétuel du début à la fin. Il est d'ailleurs extrêmement troublant qu'un autre auteur américain avec des origines asiatiques reproduise ce même schéma nauséabond de relations parentales catastrophiques, après Alerte Rouge il y a quelques mois. Le long métrage concentre l'attention exclusivement autour d'eux, ne laissant jamais un seul instant au spectateur de souffler. Impossible de se laisser aller à la contemplation, on n'a jamais le temps d'explorer ce monde étrange, une nouvelle scène chassant systématiquement l'autre, comme si le disque était rayé et que le saphir sautait par-dessus les éléments primordiaux. De fait, on n'arrive pas à se sentir concerné par leur destin et la révélation finale, que l'on a déjà flairé dès le commencement, tombe alors comme un cheveu sur la soupe (C'est carrément énoncé par une ligne de dialogue pour les plus attentifs, le rapprochement est alors vite fait).

Avalonia, l'étrange voyage passe constamment du coq à l'âne, sans prendre une seule fois un moment pour vraiment poser ses enjeux. En 2001, Milo était un doux-rêveur un peu foldingue, qui avait baigné toute sa jeunesse dans les récits mythologiques, au point de finir rejeté par tous. Mais, obstiné, et trouvant un appui inattendu, il parvenait finalement à découvrir que son grand-père avait raison et, sans le vouloir, faisait renaître à la vie une civilisation décadente. En 2002, Jim Hawkins était un jeune homme brisé depuis que son père l'avait abandonné. Plongeant, plus ou moins, dans la délinquance, il entrevoit d'abord de s'enrichir facilement avant de découvrir tout autre chose qui changera son destin à jamais. Qu'ont à nous offrir les Clade ? Jaeger est un aventurier entêté qui largue toute sa famille dès l'instant où il est contredit pour se lancer dans une quête dont tout le monde ne comprend pas l'intérêt. Des années plus tard, Searcher, qui n'a visiblement que faire de son père puisqu'il n'a jamais une seule fois essayé de le retrouver, est plus effrayé que son confort quotidien, ainsi que sa réputation, soient soudain anéantis. Ethan, lui, s'emmerde tellement à la ferme qu'il décide de s'infiltrer dans le vaisseau en dépit de toute considération logique. Dans les trois cas, les trois de cette famille se lancent dans l'aventure pour satisfaire un besoin purement égocentrique. Et ce n'est malheureusement pas parce qu'ils ont soudain une illumination peu avant la fin du film que cela fait d'eux des personnages profonds et intéressants. De fait, Avalonia, l'étrange voyage s'apparente à une succession de scènes à effets spéciaux assez creux, dont l'aboutissement final ressemble à une tempête dans un verre d'eau. Le long métrage oubliant d'ailleurs au passage de répondre à une question pourtant cruciale : quelle était donc l'origine du Pando, ainsi que ses causes et conséquences ? On ne pouvait pas faire un McGuffin aussi inutile et inconsistant que celui-là. L'objet même de la quête ne servant à rien et ne trouvant aucune explication satisfaisante à la fin du récit. Tout juste peut-on faire un rapprochement avec la colonie de Peupliers faux-tremble, l'organisme vivant le plus massif sur Terre, mais c'est à peu près tout, puisque cette espèce en danger d'extinction n'est pas envahissante.

On ne peut évidemment pas échapper à l'approche volontairement inclusive de Avalonia, l'étrange voyage. Cela alimente tellement toutes les conversations qu'il est devenu difficile de ne pas en entendre parler, même sans avoir vu le film. On a dit et écrit à peu près tout et son contraire à ce sujet. De mon point de vue, si je trouve en soi l'idée louable, Avalonia, l'étrange voyage ratisse beaucoup trop large au point de faire perdre tout repère au spectateur. Trop d'informations tue l'information. De la même manière, tout est noyé dans le long métrage qui finit par ressembler à un monstre de Frankenstein. Je prends un bout de ceci, je prends un bout de cela, je rafistole les coins et j'enjolive dans les recoins, histoire de satisfaire tout le monde, mais tout ce que l'on retient, ce sont les sutures disgracieuses qui les entourent. Le monstre de Frankenstein a peut-être un coeur et des émotions, il n'en reste pas moins qu'il est moche et que ses cicatrices sont d'autant de mutilations commises, malgré toutes ses bonnes intentions, par le Docteur Frankenstein. Problème, à trop vouloir ratisser large, les bonnes idées de Avalonia, l'étrange voyage se retournent inexorablement contre lui. Puisque le film se veut large dans ce qu'il met en scène, tout reste donc à la surface des choses et sans explication aucune. Cela finit par sonner creux et, malheureusement, soit on se force à accepter cette diversité idyllique sans se poser de question, soit on finit par trouver ça très surréaliste et, donc, peu crédible.

Le long métrage regorge aussi de scènes drôles sur l'instant, mais inconsistantes par rapport à l'évolution des personnages. Quand Ethan se met soudain à courir comme un dératé, cela fait effectivement sourire, mais c'est dissonant avec son côté tête brûlé présenté juste avant. Plus loin, Ethan se montre inflexible auprès de son père et grand-père sur leur manière d'être et leur absence de communication, alors qu'il leur impose lui-même sa position sans retour de discussion possible. Tout le monde dans ce film est intransigeant et impose ses idées en dépit du ressenti des autres. Personne n'évolue jamais, chacun campant sur ses positions, même à la fin du film, où tout le monde avait finalement raison. Encore moins crédible, combien d'adolescents se confieraient de façon aussi guillerette sur leur amour naissant (qui n'est techniquement même pas officiellement réciproque) auprès de leurs parents ? Certes, Avalonia, l'étrange voyage semble vouloir adopter une approche utopique. Problème, cette supposée utopie n'est jamais présentée ainsi dans le film, le conflit filial des Clade remettant de toute façon tout cela en cause. Il n'y aurait pas de querelles permanentes si c'était effectivement une utopie. Les Clade ruminent continuellement et se reprochent constamment tout sans jamais s'accepter une seule fois entre eux, c'est incohérent avec le propos général. Avalonia, l'étrange voyage pêche également par son esthétique, qui n'est absolument jamais féérique et encore moins merveilleuse. On n'a surtout jamais le temps de se laisser aller à la rêverie, le récit avance à une vitesse folle alors que ça ne raconte pas grand chose, pourtant on n'a jamais l'occasion de s'attarder sur quoi que ce soit. Une scène, fondu enchaîné, et hop, on est déjà à la suivante. Attention à ne pas cligner des yeux ! Tout semble si précipité qu'au second visionnage, on se surprend à voir apparaître des détails qu'on n'avait pas eu l'occasion d'observer auparavant, preuve qu'ils n'ont finalement que peu d'intérêt dans le récit au même titre que la bande originale composée par Henry Jackman que l'on a tôt fait d'oublier une fois entendue.

Alors que Avalonia, l'étrange voyage est foncièrement un film très coloré, passant par de larges nuances différentes (bleu, jaune, rose, rouge, vert...), l'ensemble du film s'avère au contraire toujours terne. J'avais sans doute une attente un peu trop élevée, je n'aurais probablement jamais dû faire le rapprochement avec Les Croods, mais je dois admettre que j'ai été constamment déçu par les choix visuels adoptés sur le film (sans compter les véhicules chipés à la trilogie à Jak & Daxter). Ici, ce n'est jamais chatoyant, c'est tout juste fonctionnel sur l'instant. Il est difficile de trouver une cohérence globale entre les divers environnements du long métrage, qui ne dépeint que des tableaux très disparates. En tant que spectateur, cela ne donne absolument jamais l'envie d'aller arpenter cet endroit. Le long métrage ne propose aucune scène de vraie tension (hormis la disparition hors-champ et tragi-comique d'un personnage secondaire anecdotique), on n'a jamais peur une seule fois de ce qui arrive aux personnages, puisqu'ils sont tous des surhommes capables de réagir au quart de tour. Personne n'est jamais blessé, personne n'est jamais effrayé, c'est de la franche rigolade d'un bout à l'autre pour tous les personnages qui s'en sortent systématiquement les deux doigts dans le nez. Le monde souterrain perdant, dès lors, toute dangerosité, c'est tout l'édifice du récit d'aventure qui s'écroule alors inexorablement. S'il n'y a pas de sacrifice, il n'y a pas de victoire. Un seul et unique élément ressort finalement du lot : Splat. Le petit personnage est bien le seul de l'intrigue à avoir une évolution constante, le seul à développer de la curiosité, de l'empathie, à faire preuve de courage, à réfléchir et le seul qui fait passer l'intérêt des autres avant le sien. Totalement dépourvu d'expression, de visage, de forme, ou de genre, il est finalement l'unique personnage convaincant de l'oeuvre, alors que son rôle est très mineur dans le film. Il en ressort un sentiment très ironique à son sujet quand on voit l'inclusivité boiteuse et le peu d'intérêt de tous les autres proposés par le long métrage. Au final, Avalonia, l'étrange voyage a surtout l'étoffe d'un téléfilm générique du dimanche mais pas celui d'un grand film d'aventure cinématographique.

Olivier J.H. Kosinski - 05 janvier 2023

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Rose : Valérie Even

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- Valérie Even

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Sources :
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