La reine des neiges : Quelques informations

La reine des neiges est sorti en salle le 27 novembre 2013 au Québec, puis le 4 décembre 2013 en France.

Insolite : Actuellement, pour la version française, il existe une variation sur certaines chansons entre l'album vendu dans le commerce, et celles présentes dans le film. C'est par exemple le cas d'Emmanuel Curtil qui assure les chansons dans l'album pour Olaf, tandis que c'est Dany Boon qui chante dans le film. L'explication tient dans le fait que Dany Boon a convaincu Disney USA qu'il parviendrait à chanter lors de sa scéance de doublage, alors que Disney France avait préalablement déjà fait enregistré les chansons avec Emmanuel Curtil. Notons qu'il existe aussi quelques variantes au niveau du texte, corrections sans doute faites au tout dernier moment afin de mieux coller à ce qui se passe à l'écran.

Autre particularité autour de la version québécoise cette fois, La reine des neiges reprend, à la manière de Raiponce en 2010, le texte des chansons de la version française. Les chansons sont donc strictement identiques d'une version à l'autre mais surtout, et c'est nouveau, la voix chantée d'Elsa est assurée par Anaïs Delva dans les deux versions. Il n'existe aucune explication officielle autour de ce choix vocal, on ne peut donc actuellement que supposer d'un choix artistique volontaire destiné à promouvoir la chanson phare du film "Délivrée, libérée" dans une seule et unique version.

Résumé

Cloîtrée dans son propre château à cause d'une puissance qu'elle est incapable de contrôler, Elsa a toutes les peines du monde à s'ouvrir au monde. Alors que sa soeur Anna la pousse dans ses derniers retranchements, toute sa puissance est libérée d'un coup plongeant le royaume dans un hiver éternel. Anna se lance alors dans un incroyable voyage afin de briser la malédiction, en compagnie de Kristoff, de Sven, et de l'étrange Olaf.

Analyse de l'oeuvre

Ai-je perdu cette petite essence enfantine que je gardais précieusement en moi depuis toujours ? Si je me fie à la dernière décennie et les diverses oeuvres proposées par la firme aux oreilles rondes et noires, je peux dire sans complexe que cette petite flamme a franchement vacillé au point que je me suis senti obligé d'aller voir ailleurs pour ne pas perdre définitivement cette précieuse magie Disney effritée année après année. Mais telle l'étincelle ne voulant pas s'éteindre, elle a tenu bon au point de s'embraser complètement à nouveau devant le formidable Raiponce auquel je ne croyais pourtant pas une seule seconde au départ. Mais après le semi-rattage de Les mondes de Ralph l'an passé, je me suis tout de suite remis en position de méfiance, même devant les bonnes choses que semblait proposer La Reine des neiges. Alors ? La Reine des neiges a-t-il réussi à attiser cette étincelle ? Vaste mystification ou véritable renouveau ? Je vous le dirais bien tout suite, mais poursuivons encore un peu la réflexion.

Lorsqu'on gère un site traitant majoritairement de Disney, une chose vient généralement immédiatement à l'esprit d'un lecteur de ce site : c'est forcément un pur fan Disney qui écrit, sinon quel intérêt aurait-il à consacrer un site sur la question ? Ben oui, c'est logique. Sauf qu'il faut prendre en compte une question bizarre : c'est quoi être fan ? C'est généralement là que le bas blesse, ma conception du fan diffère de celle communément admise, faisant de lesgrandsclassiques.fr le site constamment à contre-courant de ses confrères ! Pourquoi ? Parce que j'ai fait un choix radical et définitif depuis toujours : je ne passerai jamais la mince frontière qui sépare le fan lambda grand public pour devenir un total pur fan Disney. De fait, dans cette position, on est moins soumis à l’enthousiasme aveugle face à chaque nouveau film de la compagnie et plus critique vis à vis de celui-ci. La Reine des neiges m'a-t-il séduit ? Maintenant je peux vous le dire : oui, cent fois oui, mille fois oui même ! Sauf que ce « oui » est tout de même suivi d'un petit « mais » qui grippe légèrement la symbiose et la dynamique de l'oeuvre, le faisant échouer au trône de chef d'oeuvre. Heureusement pour lui, La Reine des neiges se rangerait sans honte parmi les dauphins d'un concours. Ceux-là à qui l'on regrette vraiment qu'il n'ait pas obtenu la première place, parce qu'il leur manquait ce petit rien pouvant faire toute la différence.

La Reine des neiges a pourtant absolument tout pour séduire, c'est même le meilleur Disney, faisant enfin du vrai Disney, depuis plus de dix ans. A commencer par exemple par le retour en force de cette « animation musicale » que j'aime souvent appeler ainsi, contrairement aux comédies musicales que j'ai en pure horreur. C'est une catégorie bien à part dans ma tête et mes goûts, expliquant ainsi comment je peux être fan inconditionnel de La belle et la bête, alors que ça pousse la chansonnette à tout bout de champ ! Le problème qui me chagrine un peu dans La Reine des neiges, c'est justement que ces chansons ont mal été équilibrées dans le récit. Quasiment la première moitié du film, si vous avez le coeur bien accroché, n'est en effet constitué que d'une longue séquence de chansons sans fin. Si je n'ai rien contre ces chansons, très justes, très agréables, parfois même très profondes, voires intelligentes, elles ont le malheureux défaut de plomber le scénario qui n'avance pas une seule seconde durant tout ce temps. Le paradoxe est bizarre à décrire, car on n'a pas réellement le sentiment de s'ennuyer car chaque chanson s’enchaîne avec fluidité, mais il faut reconnaître qu'au bout d'une demi-heure on a ce curieux sentiment qu'on a pas du tout avancé par rapport au début. Raiponce avait su trouver l'équilibre juste entre chansons non intrusives, résumant une histoire de manière concise, et surtout qui étaient supportables par tous.

Au sortir de cette longue séquence musicale, La Reine des neiges passe la vitesse supérieure pour aller cette fois-ci beaucoup trop vite. Elsa, qui se devrait d'être a priori au centre de l'intrigue, et rapidement remisé en arrière plan alors que son histoire et son background sont sans aucun doute possible les mieux écrits du film. Elsa n'a en effet pour elle que ce magnifique moment où elle se libère de toute cette frustration le temps d'une magnifique chanson dans laquelle tout le premier tiers du film est superbement résumé en quelques phrases à peine. « Libérée, délivrée » est la cerise sur le gâteau du film ! Elsa est tellement consciente de son potentiel qu'elle laisse échapper à ce moment là toute la frustration de sa vie solitaire à se croire être une véritable bombe à retardement au point d'avoir forgé un mur avec les autres. La bulle finit par éclater à ce moment précis du film. Mais une fois passé ce magnifique moment, La Reine des neiges préfère se recentrer sur la quête d'Anna pour libérer sa soeur de ses tourments. Or, Anna est moins intéressante dans le récit car malgré toute sa bonne volonté, sa personnalité donne l'impression d'être une Raiponce bis mal définie par ses auteurs. Pourquoi se lance-t-elle à la poursuite de sa soeur ? Parce qu'elle veut retrouver la soeur de son enfance ? Parce qu'elle se sent coupable ? Parce qu'elle veut comprendre ? Parce qu'elle veut sauver le Royaume ? Parce qu'elle est la personne la plus proche de son entourage ? Nul ne le saura jamais. A défaut, La Reine des neiges se rattrape par une mise en scène remarquable et des idées formidables souvent inédites jusqu'ici dans ses 52 grands frères. Pour autant, Anna reste foncièrement attachante et on prend plaisir à la suivre dans sa quête.

Tout va d'ailleurs pour le mieux, jusqu'à l'arrivée dramatique d'Olaf dans le récit. Au premier abord, Olaf laisse à penser qu'il va devenir le lien spirituel entre Elsa et Anna. Après tout, l'une ne chantait-elle pas à l'autre son désir ardent de voir un bonhomme de neige ? Un lien émotionnel fort ne pouvait que transpirer autour de Olaf, qui malheureusement se contentera d'être... un simple bouffon sans réel intérêt particulier, si ce n'est de faire rire les plus jeunes. Quel dommage, oui vraiment, quel dommage ! Olaf n'aura son moment de gloire que sur le tard, uniquement par un simple concours de circonstances. Saluons tout de même au passage l'excellente performance de Dany Boon dans la version française, comédien que je redoutais par dessus tout suite à sa calamiteuse contribution à Horton pour le studio Blue Sky. La Reine des neiges permet également de mettre en scène un film plutôt à consonance féminine, Pixar aurait clairement beaucoup à apprendre de ce film que ce serait une bonne chose. Pour autant, et même si ces messieurs sont plutôt secondaires, le récit parvient à trouver le juste équilibre évitant à la gente masculine de fuir le film, à l'image de La petite sirène seul exemple de ce type parmi les plus récents films de la compagnie.

La Reine des neiges offre aussi l'un des meilleurs méchants Disney jamais conçu depuis une éternité, très facilement reconnaissable pour qui est familier de ce type de personnage dans la vie réelle. Il faut dire que j'ai toujours eu une préférence pour des méchants réels, à ceux plus manichéens - tel Maléfique ou Jafar - que préfèrent généralement les fans de Disney. J'ai ainsi en tête Mme Médusa, Cruella, Mc Leach ou la sournoise Lady Trémaine par exemple. Le méchant de ce film se range parmi les plus froids et perfides personnages que Disney a pu imaginé. Plus sournois, plus retord, celui que propose La Reine des neiges est sans nul doute le pire de tous, parce que ce méchant là on ne le voit pas forcément venir, ou alors bien trop tardivement. Il n'en est donc que plus terrible encore, et c'est tant mieux ! Il permet d'offrir les moments les plus intenses du récit, le choc est d'autant plus profond pour ceux qui ne s'y attendaient pas. Les autres guettant simplement les signes évidents car ils l'avaient percé à jour depuis longtemps.

Concernant sa partie technique, La Reine des neiges est du point de vue purement visuel identique à l'univers de Raiponce. Toute l’architecture, l'époque, le contexte du film se range dans le même monde, juste un peu plus au nord. Pas étonnant donc que Flynn et Raiponce fassent rapidement un caméo lors de la cérémonie de couronnement du film. La réalisation reste impeccable, et pour une fois, la version 3D offre au tout début du film un effet de jaillissement, seul apport particulier de la 3D pas spécialement intrusive pendant la projection. J’émettrais par contre des réserves concernant le rendu de la neige, car à trop vouloir bien faire, les studios Disney ont parfois donné à celle-ci soit un aspect proche de petites billes de polystyrène (vous savez, celle que l'on trouve dans des coussins et autre poufs), soit de mousse émulsée type extincteur, plus que de véritable neige.

Au final, La Reine des neiges est-il un mauvais film ? Non pas le moins du monde. Et-il un bon film ? Non plus, c'est mieux que ça, c'est un excellent film. Faut-il aller le voir ? Oui. Le recommander autour de nous ? Oui aussi ! Est-il le chef d'oeuvre détrônant enfin Le roi lion ou La belle et la bête comme tout le monde le dit ? Et bien là, je mentirais en disant oui. Mais vraiment d'un cheveux, un soupçon, un rien pas grand chose (!) qui l'aurait rendu parfait. Mais qu'à cela ne tienne, on reste ici face à une oeuvre somptueuse, un peu plus mature que Raiponce mais légèrement moins bien équilibré, qui saura lui aussi traverser les décennies sans se ternir avec l'âge. Assurément une tout aussi agréable surprise que Raiponce en 2010, auquel ne lui manque franchement que ce " waouh quelle claque" que la jeune fille aux cheveux magiques avaient réussi à produire. Dans tous les cas de figure toutefois, La Reine des neiges reste incontestablement tout ce qui a été produit de mieux depuis 2002 par les Walt Disney Animation Studios, cela fait donc du bien pour ma petite étincelle de magie Disney. Et en soit, c'est une honorable et confortable performance qu'on lui souhaite ces prochains mois et prochaines années ! Je vous le recommande même à vous, si tant est bien sûr que vous vous pensez capable de survivre au premier tiers du film, presqu'entièrement chanté.

20 décembre 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2013)

Anna : Véronique Claveau 1 (Dialogues et chant)

Elsa : Aurélie Morgane 1 (Dialogues)

Elsa : Anaïs Delva 2 (Chant)

Olaf : Marc Labrèche 1

Kristoff : Gabriel Lessard 1

Kai : Patrick Chouinard 1

Pabbie : Guy Nadon 1

Hans : Nicolas Charbonneaux-Collombet 1 (Dialogues)

Hans : Charles Pomerlo 1 (Chant)

Duc : Jacques Lavallée 1

Oaken : Frédéric Desager 2

Bulda : Pascale Montreuil 1

Choeurs : Pierre Bédard 1 , Luc Campeau 1 , Sylvie Desgroseillers 1 , Dominique Faure 1 , Nancy Fortin 1 , Catherine Léveillé 1 , José Paradis 1 et Vincent Potel 1

Doublage français d'origine (2013)

Anna : Emmylou Homs 3 (Dialogues et chant)

Elsa : Anaïs Delva 3 (Dialogues et chant)

Kristoff : Donald Reignoux 3

Olaf : Dany Boon 3 (Dialogues et chant)

Hans : Guillaume Beaujolais 3

Duc de Weselton : Bernard Alane 3

Pabbie : Paul Borne 3

Oaken : Frédéric Desager 3

Kai : Philippe Catoire 3

Le Roi : Yann Guillemot 3

Choeurs : Olivier Constantin 3 , Richard Ross 3 , Daniel Berretta 3 , Jean-Jacques Cramier 3 , Magali Bonfils 3 , Barbara Berretta 3 , Méry Lanzafamme 3 , Bénédicte Lécroart 3 , Alain Thuilier 3 et Coralier Thuilier 3

Voix additionnelles : Frédéric Norbert 3 , Marc Perez 3 , Olivia Nicosia 3 , Cathy Cerda 3 , Laurence Sacquet 3 , Anne Plumet 3 , Anne Broussard 3 , Christèle Billault 3 , Frédéric Souterelle 3 , Mathieu Buscatto 3 , Fabien Jacquelin 3 , Philippe Chaine 3 , Jean Rieffel 3 , Gilduin Tissier 3 , Gilles Morvan 3 , Garance Pauwels 3 , Oscar Pauwels 3 , Bianca Tomassian-Boulanger 3 , Tom Berguig 3 , Octave Jagora 3 , Alban Thuilier 3 , Magali Bonfils 3 , Nathalie Gazdik 3 , Alain Berguig 3 , Charles Pestel 3 et Lisa Caruso 3