Le petit dinosaure 2 - Petit-Pied et son nouvel ami

Petit-Pied, le dinosaure II - L'aventure de la grande vallée

Quelques informations

Cette première suite, sur les trois annoncées simultanément par Universal, est parue directement en vidéo le 13 décembre 1994 au Québec sous le titre de Petit-Pied, le dinosaure II - L'aventure de la grande vallée, puis au cours de l'année 1995 en France sous le titre Le petit dinosaure 2 - Petit-Pied et son nouvel ami. Dans les deux cas, le film est proposé avec le même doublage français.

Résumé

Petit-Pied et ses amis sont en quête d'aventures dans la vallée des merveilles, trop calme et tranquille selon eux. Ils se fabriquent une cachette depuis laquelle ils aperçoivent deux voleurs d'oeufs. Bien décidés à devenir des héros, les cinq amis se lancent à leur poursuite et dérobent l'oeuf pour le ramener dans le nid sans que les parents ne s'en aperçoivent. Mais malencontreusement, ils ont permis à deux Dents-Tranchantes de pénétrer dans la vallée. Ils vont devoir désormais allier leur force pour combattre ces dangereux prédateurs...

Analyse de l'oeuvre

En 1988, Don Bluth livre son film d'animation le plus intime, ceci malgré la perte d'une dizaine de minutes en raison de la censure que subit le film avant sa sortie en salle. Malgré cela, le long métrage est unanimement salué par la critique, il laisse également un souvenir impérissable dans le coeur des spectateurs. Rien n'aurait pu laisser supposer, six années plus tard, que le studio Universal annoncerait non pas une seule, mais trois suites directes à Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, sans y associer ni Don Bluth, ni Steven Spielberg, ni Georges Lucas ! Tout un chacun était en droit de se poser des questions face à une telle annonce. Ces films allaient-ils respecter l'univers créé par Don Bluth ? L'histoire arriverait-elle à parfaitement s'imbriquer dans la mythologie du premier film ? Allions-nous retrouver les personnages tels que nous les avions connus ? Une fois Petit-Pied et son nouvel ami visionné, on a tout de suite notre réponse : c'est à la fois un film respectueux et fourbe qui a défilé devant nos yeux. Ce n'est d'ailleurs qu'au fur et à mesure que les films vont s'enchaîner que l'on va comprendre comment Universal a emmené, petit à petit, la saga vers un objectif complètement différent de ses origines ! Parmi les pires, elle va ainsi insidieusement véhiculer des valeurs pro-patriarcales typiquement américaines. Tel les dix commandements transmis à Moïse, Universal va créer ses propres commandements disséminés dans chaque film. L'intégralité de Petit-Pied et son nouvel ami s'efforce donc de démontrer ce qu'il arrive lorsqu'un enfant va à l'encontre de la décision de son chef de famille.

Le choc devant Petit-Pied et son nouvel ami est franchement très rude, excepté si vous avez moins de 6 ans. Retenez d'ailleurs qu'au delà de cet âge, l'intégralité des suites sont plus que dispensables. Vous pouvez même complètement les oublier sans regret ! Globalement la physionomie des personnages est respectée, toutefois leur attitude a été complètement chamboulée. Le parcours initiatique qu'ils avaient vécu dans le premier film est ici oublié. Mentalement, ils ont tous régressés au stade infantile comme si rien ne leur était arrivé. Ils veulent donc « faire comme les grands » en s'improvisant parents adoptifs d'un mystérieux oeuf, « oeufnappé » par deux énergumènes complètement débiles ! L'histoire du film se résume donc à d'innombrables allers-retours entre la grande vallée et la « terre mystérieuse » sans réelles cohérences ni justifications satisfaisantes. Seul élément à peu près intéressant, l'arrivée du petit Dent-Tranchante Gobeur ainsi que de ses deux parents, anticipant avec trois ans d'avance l'idée d'une famille de tyrannosaures dans Le monde perdu - Jurassic Park. Malgré tout, l'ombre effrayante du Dent-Tranchante diabolique du premier film est ici aseptisé jusqu'à l'extrême, le film allant jusqu'à inclure un running-gag qui deviendra récurrent dans les films suivants (le dent-tranchante assommé).

Visuellement, Petit-Pied et son nouvel ami n'est pas trop laid à regarder, sauf si l'on tient compte du calamiteux transfert DVD. On reprochera quand même au film un parti-pris qui va vite révéler ses limites. En apportant un soin indéniable aux jeunes dinosaures afin de garantir une cohérence avec le premier film, Universal délaisse complètement tout le reste. Il est courant de trouver les décors fades, ainsi que des personnages vraiment mal animés. De plus, en voulant rendre le film faussement épique, Petit-Pied et son nouvel ami s'embourbe dans des incohérences visuelles et narratives si énormes qu'elle risquera de choquer n'importe quel spectateur, même le plus tolérant d'entre eux. A ce premier ravalement de façade, comparativement à l'excellente qualité visuelle du premier film, s'ajoute un second élément encore plus désastreux : des chansons. En un mot comme en cent, l'intérêt de celles-ci sera toujours le même, c'est tout bonnement ignoble ! Mal écrites, mal rythmées, mal interprétées, Petit-Pied et son nouvel ami nous propose des chansons épouvantables à entendre que ce soit en version originale, comme en version française où même Gérard Rinaldi, pourtant excellent chanteur, ne parvient pas à sauver les meubles ! La pire chanson du film ayant même l'affreux honneur d'être entendue à deux reprises. Au secours, mes oreilles saignent encore !!

Au final, Petit-Pied et son nouvel ami, second volet d'une interminable saga - qui aurait largement méritée de ne jamais en être une - est l'épisode qui choquera sans doute le plus les amoureux de Le petit dinosaure et la vallée des merveilles. Sur la forme, comme dans le fonds, la suite de la saga sera ensuite conçue de la même manière. De fait, on ne s'étonnera pas d'être un peu plus conciliant avec le reste de la saga contrairement à ce second volet qui aura été le premier a trahir aussi profondément le matériel original, ainsi que les idées de Don Bluth dont le film se suffisait à lui-même. Bref, à moins d'être extrêmement conciliant, Petit-Pied et son nouvel ami ne satisfera que le très jeune public. Car c'est en réalité la cible exclusive à qui s'adresse l'intégralité de cette saga vidéo où se cachent des moralités, de type bourrage de crane, à destination de parents américains dépassés par leurs progénitures. En somme, Petit-Pied et son nouvel ami est une nounou virtuelle, sur demande et pas chère, que l'on peut repasser en boucle sans prise de tête. A suivre...

16 octobre 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1994)

Petit-Pied : Donald Reignoux 1

Céra : Jennifer Oliver  1

Pétrie : Roger Carel  1

Becky : Kelly Marot  1

Petry : Roger Carel 1

Grand-Père de Petit-Pied : Georges Berthomieu 2

Grand-Mère de Petit-Pied : Martine Messager 2

Ozzy : Gérard Rinaldi 1

Strut : Bernard Alane 1

Père de Céra : Jacques Frantz 1

Mère de Becky : Cécile Montsarrat 2