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Berlin Animation Film

Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains

Derrière ce titre à rallonge (à se demander qui a bien pris une décision aussi fumeuse ?!) Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains se cache en réalité la suite officielle de Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant conçue spécialement pour le marché vidéo. Comme le premier film, il s'agit d'une co-production américano-allemande, mais avec un budget largement revu à la baisse. Le film n'ayant jamais été distribué au cinéma dans le monde francophone, il sort directement en vidéo en France le 19 octobre 2010 accompagné d'un doublage local. Au Québec, le film n'est pas disponible en version française.

L'intrigue

Jeune femme moderne, Blanche Neige préfère s'amuser avec ses amies La Petite Bergère, Boucles d'or et Le Petit Chaperon Rouge plutôt que d'aider les habitants du royaume. Son père, le Roi Cole, dépassé par la situation, décide de se remarier et charge la Bonne Fée de lui trouver sa future femme. Mais la maladresse de Mambo et Munk qui doivent veiller sur la balance du bien et du mal aura bien des conséquences ! Dame Futile est présentée au roi qui décide de l'épouser sans savoir que cette dernière n'a qu'une idée en tête : diriger le royaume. Pour cela et avec l'aide de Rumpelstiltskin, elle réussit à écarter Blanche Neige qui est forcée de s'enfuir dans la forêt...

Analyse de l'oeuvre

Parfois, il faut beaucoup de temps avant d'obtenir la délivrance, en l'occurrence 11 longues années. 2012 marque l'année fatidique : j'intégrais le studio d'animation de Richard Rich au site. C'était pourtant une bonne idée qui était pleine de sens à ce moment-là puisque j'ai souhaité élargir la ligne éditoriale du site, auparavant exclusivement consacré à Disney dont je considérais avoir fait le tour, mais en gardant tout de même un lien étroit avec le groupe de Mickey. Richard Rich avait travaillé pour le groupe, avant de voler de ses propres ailes pour ensuite proposer un très sympathique Le Cygne et la Princesse en 1994. Je n'ai alors pas réalisé dans quel piège je m'étais fourré, tant tout ce qu'il a produit en trois décennies a souvent été atroce à découvrir. Pourtant, assumant la bêtise, j'ai poursuivi sans relâche la tâche d'analyser tous ses films, que Richard Rich ai été scénariste, directeur artistique ou simplement producteur. En 2023, la grande et bonne nouvelle fut de découvrir qu'il tournait enfin la page, pour se consacrer à une paisible retraite. Si l'on rigole aujourd'hui beaucoup de Hayao Miyazaki qui a mainte fois annoncé sa retraite tout en produisant plusieurs chefs d'oeuvres animées jusqu'à cette année, j'aurais particulièrement adoré que Richard Rich parte à la retraite pour de bon depuis de nombreuses années (dès 1994, ça aurait été parfait). Mais que voulez-vous, il s'est obstiné à produire des films toujours plus médiocres année après année. Ce qui m'a laissé le temps de vivre une décennie de souffrance cérébrale. Mais en cette fin d'année 2023, la libération est enfin à portée de main car, après la fin de la rédaction de cette analyse, j'aurais finalement exploré la totalité de ses productions ! Je crois bien être le seul site francophone à l'avoir fait, si ce n'est même au-delà des frontières, n'ayant jamais croisé une seule fois un seul site exhaustif à son sujet.

Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains, c'est donc une suite officielle à Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant, Richard Rich n'en est cependant que producteur sans y avoir contribué directement, engageant simplement son studio comme co-producteur avec les autres. Enfin, à défaut d'une suite chronologique, nous parlerons plutôt de film dérivé dont l'action se situe, a priori, avant les évènements du premier film (ce qui n'est pas tout à fait sûr puisque plein d'éléments sont contradictoires entre les deux films). Dans tous les cas, cela se passe bien dans le même univers. Après Cendrillon, c'est donc au tour de Blanche-Neige de passer sous la moulinette de Berlin Animation Film, Vanguard Animation et Crest Animation Studio. Comme l'avait fait la saga Shrek, la personnalité de la jeune princesse est complètement remodelée tout en conservant un petit lien avec la version Disney, notamment avec son costume emblématique (remis aux goûts du jour) et ses célèbres épaulettes. Cette fois-ci, Blanche-Neige est une jeune adolescente superficielle et égoïste, dont la frivolité égale son manque de maturité. En d'autres termes, c'est un peu la reine pimbêche des collégiennes flanquée de trois faire-valoir du même type : Boucle-d'Or, la Bergère et le Chaperon Rouge. Contrairement à sa mère décédée prématurément, que tout le monde adorait pour sa douceur et sa philanthropie, la frivole Blanche-Neige finit par s'attirer la jalousie d'une jeune paysanne toute moche qui va tout faire pour se débarrasser de la jeune fille grâce à la magie. Dans les grandes lignes, Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains mélange donc les deux "principales" époques du récit, à savoir la période où son père se remarie quand elle est encore jeune et celui où, après son décès, la fureur de la belle-mère se déchaîne sur elle. Sauf que, cette fois, miroir magique compris, tout se passe avant ce fatidique mariage.

Conçu spécialement pour la vidéo, Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains affiche une régression graphique extrême par rapport à Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant. Une chose est certaine, ça choque franchement les rétines et annonce le cruel devenir du studio de Richard Rich par la suite. Notons d'ailleurs au passage que l'une des figurantes virtuelles ressemble beaucoup à Juliette, ce qui me fait penser que c'est avec ce film que le déclic s'est fait dans l'esprit de Richard Rich pour relancer sa célèbre franchise en 3D à peine deux ans plus tard. On tient certainement là le film fautif de cette peu glorieuse lignée animée. Toujours est-il que, même avec une animation plus que discutable - pour rester poli - Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains propose quelque chose qu'aucun opus 3D de Le Cygne et la Princesse n'a jamais réussi à donner : un scénario qui tient la route. Il est clair que le scénariste Chris Denk, à qui l'on doit le déjà peu reluisant Festin de requin, a été un tant soit peu supervisé par l'équipe allemande à l'origine du premier film. Certes, ça ne vole pas vraiment très haut, mais le long métrage réussit le tour de force de se révéler intéressant sur la durée au-delà de sa misérable technique animée. Malgré tout, même le moins fin limier des spectateurs ne pourra passer outre les aberrations visuelles dont le long métrage regorge, marque de fabrique spécifique à toutes productions pondues par le studio de Richard Rich durant la décennie suivante. Mais les jeunes spectateurs devraient y trouver leur compte qu'ils aient, ou non, vu Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant puisque les deux oeuvres n'ont que peu de rapport entre elles, si ce n'est de partager un seul et même univers.

J'ignore si c'est la conséquence de ma toute dernière analyse d'une production de Richard Rich qui prend la forme d'un énorme soulagement, ou si Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains brille de réelles qualités dissimulées sous le marasme, mais il faut admettre que cette ultime découverte aura été la moins mauvaise expérience de ces dix dernières années, toute proportion gardée. Le film n'est franchement pas très beau, le scénario n'est pas vraiment ce qui se fait de mieux, mais il y a un chouïa indescriptible qui permet au film de se rattraper à la balustrade (notamment grâce à la VF dont la réplique concernant la "belle paire de nénés" lancée à la cantonade par Emmanuel Curtil est bien cocasse pour un film pour enfants). L'intrigue est efficace, quelques scènes sont bien senties, la morale est sauve, ce qui devrait amuser les plus jeunes spectateurs surtout ceux qui seraient déjà fans de Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant. Mais, ne nous leurrons pas, Il était une fois Blanche-Neige, 1 pomme, 3 petits cochons, 7 nains s'adresse uniquement à eux, ce n'est pas du tout une oeuvre familiale comme l'était son prédécesseur .

Olivier J.H. Kosinski - 08 décembre 2023

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