Détective Conan 11 - Jolly Roger et le cercueil bleu azur : Quelques informations

Détective Conan - Jolly Roger et le cercueil bleu azur est le onzième long métrage inspiré du manga créé par Gosho Aoyama. Il sort au Japon le 21 avril 2007 et pour la première fois en France le 30 janvier 2020, exclusivement en VOST, en même temps que les 16 premiers longs métrages édités par Black Box. Il reste actuellement inédit au Québec.

N.B. : Si l'envie vous en prend d'alterner la lecture du manga avec les films, sans tenir compte de la série télévisée, j'ai établi une Chronologie Films / Mangas où je préconise de placer celui-ci entre les dossiers 4 et 5 du volume 59.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Le célèbre Kogoro Mouri est réellement aux anges ! Il a remporté un fabuleux voyage pour neuf personnes sur une magnifique île du Pacifique. Là bas, il espère y faire de fabuleuses rencontres auprès de la gente féminine. De leur côté, la bande des détective juniors est conviée à participer à une chasse au trésor organisée par le responsable du musée local. Mais Conan ne tarde pas à découvrir que cet anodin jeu pour enfants cache un tout autre secret. Celui-ci pourrait bien les mener sur les traces des légendaires femmes pirates Anne Bonnie et Mary Read...

Analyse de l'oeuvre 4
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J'ai souvent entendu dire que Jolly Roger et le cercueil bleu azur figurait parmi les longs métrages de Détective Conan les moins appréciés. Il est vrai que l'intrigue du film détonne énormément par rapport à tous les autres car ce dernier préfère épouser les codes du roman d'aventures plutôt que l'intrigue policière classique, ce qui ne peut évidemment qu'égarer les fans espérant y trouver autre chose. Mais en 2007, en pouvait-il en être autrement ? A cette période là, le monde entier était à fond dans la Jack Sparrow Mania. Le succès inattendu et impressionnant au box office de Pirates des Caraïbes en 2003 avait complètement relancé la mode des films de pirates. Le battage médiatique du deuxième volet, Pirates des Caraïbes - Le secret du coffre maudit dont la sortie en salle était imminente, battait d'ailleurs son plein en 2006 durant la période de production de Jolly Roger et le cercueil bleu azur. Il était absolument inévitable que ce onzième long métrage se dirige vers la même idée narrative, le transformant en un film à énigmes avec un trésor caché à découvrir à la clé. Dès lors, il vient immédiatement en tête l'un des grands classiques du cinéma du genre américain, le célèbre Les Goonies, dont Jolly Roger et le cercueil bleu azur semble vouloir en prolonger la plupart de ses thématiques.

Comme il est toujours de coutume avec Détective Conan, Jolly Roger et le cercueil bleu azur s'appuie une fois encore sur une réalité historique. En l'occurrence, la réelle existence des deux femmes les plus célèbres du monde de la piraterie : Anne Bonny et Mary Read. La légende des deux femmes pirates est d'ailleurs liée à celle de Jack Rackham, dont Hergé puisera son inspiration pour créer son célèbre Rackham le Rouge, même si le long métrage le passe entièrement sous silence préférant se concentrer sur la relation supposée amoureuse entre les deux femmes. Anne Bonny est la première des deux femmes à s'engager dans la piraterie, épousant ainsi James Bonny, pirate en herbe de peu d'ambition, dont elle conservera le nom de mariage. Mais c'est sa rencontre, durant une spectaculaire évasion au Bahamas, avec Jack Rackham qui change définitivement son destin. Se travestissant en homme, elle parvient à leurrer tout l'équipage et s'imposer à bord, tuant les malotrous qui parviennent à découvrir qu'elle est une femme. Elle finit par croiser la route de Mary Jane Read, qui se dissimule également sous le déguisement d'un homme, avec laquelle elle va rapidement entretenir une relation fusionnelle au point de créer des tensions au sein de l'équipage. Dès lors, les deux femmes deviennent inséparables et bâtissent leur légende commune, jusqu'au 16 novembre 1720 où elles sont arrêtées et incarcérés. Mary Read finit par en mourir, probablement de la fièvre jaune, tandis Anne Bonny disparait totalement des livres d'histoire après avoir été graciée.

Jolly Roger et le cercueil bleu azur se sert de ce premier prétexte afin de le combiner à un second : la structure sous-marine de Yonaguni. Découverte par hasard en 1985 par le plongeur Kihachiro Aratake, la structure sous-marine de 75 mètres de long et 25 mètres de haut ne cesse depuis lors de diviser les chercheurs, scientifiques et archéologues. Les uns pensant qu'il s'agit vraisemblablement d'une conception humaine, qui auraient été engloutie par les flots suite à un affaissement du sol, tandis que les autres pensent que cette structure s'est formée naturellement au fil des siècles et qui aurait été recouverte par les eaux à la fin de la dernière glaciation qui a élevé le niveau des océans. Dans le scénario du long métrage, la structure sous-marine de Yonaguni est transformée en une structure naturelle aménagé par la main de l'homme et relié à une île principale par un tunnel. En reliant cette structure sous-marine avec la légende de Anne Bonny et Mary Read, Jolly Roger et le cercueil bleu azur crée évidemment une grosse incohérence manifeste, les deux femmes n'ayant jamais quitté de leur vivant les Caraïbes. C'est d'ailleurs peut-être bien là que se situe le principal problème du film qui a bien du mal à crédibiliser son histoire de piraterie quelque part dans l'océan Pacifique alors que le folklore aime placer toutes ces aventures dans l'océan Atlantique.

Contrairement à ses prédécesseurs, l'intrigue de Jolly Roger et le cercueil bleu azur ne repose pas sur une histoire de meurtre. Tout du moins, le propos du film démarre effectivement sur la mort mystérieuse d'un plongeur attaqué par des requins, mais elle est surtout le point de départ d'une histoire d'appât du gain. Plusieurs individus mal intentionnés et aveuglés par les prétendues richesses enfouies vont en effet tenter de s'accaparer un fabuleux trésor perdu depuis des siècles. Anne Bonny en est l'instigatrice, puisqu'elle aurait laissée derrière elle une sorte de carte au trésor sous la forme d'une énigme adressée à Mary Read. Mais c'est par l'intermédiaire des détectives juniors que la quête vers le trésor des femmes pirates va prendre une ampleur inattendue. Il faut dire que le jeune Conan, même s'il trouve le jeu d'énigme très puéril, ne peut quand même pas s'empêcher de résoudre n'importe quel mystère qui passe à sa portée. D'un jeu d'enfant tout ce qu'il y a de plus innocent, les détectives juniors vont, malgré eux, rapidement mettre les adultes sur la piste du fabuleux trésor. Mais pendant que l'un d'eux espère que les enfants arriveront à résoudre l'énigme en premier, d'autres emploient la manière forte n'hésitant d'ailleurs pas à kidnapper Ran et Sonoko !

S'il y a bien une chose que l'on peut accorder à Jolly Roger et le cercueil bleu azur, c'est que l'aventure s'avère dépaysante. Si on en oublie que l'action est censée se dérouler quelque part sur une île lointaine appartenant du Japon, on jurerait presque que l'aventure Détective Conan a fait halte dans les Caraïbes. Bien évidemment, ce n'est pas du tout le cas, le long métrage s'inspirant sans nul doute plutôt de l'archipel des Ryukyu, côté Chinois, où se regroupe un ensemble de diverses îles reliant le Japon à Tawain (dont la célèbre Okinawa) et qui a déjà servi d'inspiration à de nombreux longs métrages animés japonais, comme Pokémon - Le pouvoir est en toi notamment. Jolly Roger et le cercueil bleu azur s'avère ainsi très agréable à regarder et, surtout, très lumineux dans ses scènes de jours. En contrepartie, le long métrage s'avère décevant sur un point : sa bande originale. La majorité des musiques sont tellement discrètes qu'on ne les entend presque pas. Au bout d'un moment on se rend même compte que la partie sonore de Jolly Roger et le cercueil bleu azur repose quasiment exclusivement sur les dialogues et, dans une moindre mesure, sur les bruitages d'ambiance. La bande originale ne s'avère finalement énergique et présente que dans les assez rares scènes d'action du film que l'on compte sur les doigts d'une seule main.

Quand on découvre Jolly Roger et le cercueil bleu azur, une chose est certaine, on n'arrive pas à se défaire de l'idée que l'idée de base de l'intrigue a été adoptée pour coller au regain des films du genre, alors totalement en désuétudes, grâce à la trilogie Pirates des Caraïbes produite par Disney. Il en résulte inévitablement une combinaison bigarrée entre piraterie et jeux d'énigme, laissant de côté le traditionnel thème de l'enquête policière. Paradoxalement, les traditionnelles enquêtes policières de Détective Conan se basent essentiellement sur exactement la même approche, avec Conan remettant dans le bon ordre les pièces éparpillés le conduisant à la confrontation avec le coupable. C'est donc probablement pour ça que Jolly Roger et le cercueil bleu azur semble autant déstabiliser ses spectateurs. On se retrouve avec un scénario qui, en fin de compte, propose exactement la même chose mais en modifiant simplement les traditionnels buts et aboutissements. Malgré tout, le long métrage réussit quand même à se révéler captivant dans sa manière d'amalgamer ses indices et ainsi dévoiler le secret d'Anne Body. Dès lors, on est même prêt à lui pardonner cette histoire de femmes pirates occidentales dont on se demande bien comment elles ont pu échouer aussi loin de leurs plus célèbres hauts faits d'arme !

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17 septembre 2020 par Olikos