Cro Man : Quelques informations

Cro Man sort le 7 février 2018 en France. A l'heure où sont rédigées ces lignes, le film n'a pas encore été proposé en salle aux Etats-Unis et, par extension, au Québec.

Comme c'était le cas dans Shaun le mouton, l'intégralité des textes visibles à l'écran (affiches, noms de boutiques, journaux...) ont été localisés en français et fourmillent de traductions insolites.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre, une peuplade d'hommes de l'âge de pierre vit en parfaite harmonie avec la nature. Mais un jour un puissant ennemi, prétendant être plus évolué qu'eux, décide d'instaurer l'âge de bronze dans leur paisible vallée. Doug, et son meilleur ami Crochon, vont s'unir pour sauver leur tribu en défiant la plus grande équipe de football du monde...

Analyse de l'oeuvre 3.5

Cro Man part réellement avec un gros handicap, car il n'est pas le premier long métrage à prétendre rendre une compétition de football fun et décomplexée même à ceux qui sont totalement allergiques à ce sport d'équipe. Il y a en effet déjà un très gros précédent paru dix-sept ans plus tôt, le film complètement déluré réalisé par Stephen Chow à Hong Kong, Shaolin Soccer ! Dans celui-ci, un jeune moine shaolin se mettait en tête de former une équipe de football avec ses anciens camarades, en combinant les règles traditionnelles du jeu avec leur pratique des arts martiaux. Encore fallait-il les convaincre de croire à cet idéal, car ses anciens amis ont perdu de vue toute illusion de gloire face à la corruption des équipes professionnelles adverses. En chemin, il croisait d'ailleurs la route d'une jeune femme qui allait parvenir à le motiver et atteindre la victoire. S'ensuivait de multiples péripéties surréalistes et drolatiques où l'improbable équipe remportait évidemment la victoire. Cro Man suit, peu ou prou, exactement la même histoire, ce qui un peu regrettable à première vue. Mais le studio Aardman transforme quand même l'essai en choisissant l'approche caricaturale et la parodie dans le pur esprit de l'humour britannique.

Là où Cro Man s'émancipe de Shaolin Soccer, c'est surtout du côté de son choix de dresser une satire de la société moderne. L'équipe primitive, celle de l'âge de pierre, considérée comme la plus ringarde et la moins évoluée des deux, est constituée d'une peuplade soudée, telle une vrai famille. Ils vivent par ailleurs dans un coin idyllique, alors qu'ils sont entourés de vastes terres totalement désertiques. Leur domaine est minuscule, mais verdoyant et totalement ouvert sur le monde. A l'opposée, la marmaille qui peuple l'équipe moderne, celle de l'âge de bronze, vit sous le joug d'un seigneur despotique qui ne pense qu'à amasser une immense fortune en bronze. Tous vivent dans une ville aride, au milieu d'une zone complètement désertique sans la moindre touche de verdure, et totalement hermétique vers l'extérieur. Quand le territoire de l'un finit par empiéter sur le territoire de l'autre, le choc des cultures est inévitable. Mais les deux vont finir par trouver un terrain d'entente pour régler leur différent : s'affronter sur un terrain de football !

Cro Man est un long métrage qui va très vite à l'essentiel, le film est en effet relativement court, à peu près une heure quinze sans le générique. Du coup, le long métrage ne fait pas dans la fioriture du côté du récit qui évolue à une vitesse folle mais pourtant prodigieusement maîtrisée. On a ainsi le temps de découvrir puis apprécier les personnages, on a le temps de sourire et même de rire, on a même le temps d'admirer la performance des artistes à animer ce vaste monde de pâte à modeler ! Cro Man parvient même à faire douter ses spectateurs devant la maîtrise artistique de son univers, tant le soucis du détail est encore allé plus loin que dans Les pirates ! Bons à rien, mauvais en tout ! qui était déjà extrêmement soigné à ce niveau. Il ne se passera pas un seul moment où, si vous vous attardez sur les impressionnants plans de foule, vous ne vous demanderez pas comment le studio Aardman a réussit à créer cet effet visuel formidable. Certes, la magie de l'informatique a rendue l'expérience possible, mais on est vraiment ici à un tout autre niveau que le rendu de l'eau que l'on apercevait dans la folle histoire de pirates qu'ils avaient proposé quelques années plus tôt.

Malgré tout, Cro Man reste sans doute le long métrage le plus faible dans la filmographie du studio Aardman. Bien qu'il soit brillant dans son approche et son contexte volontairement anachronique, le long métrage semble proposer un amalgame de contenu déjà vu chez eux. Crochon a exactement la même personnalité de Shaun, le mouton, on pense ainsi constamment le voir affublé d'un groin à chacune de ses apparitions. Lord Noz est un clone préhistorique de Victor Quartermaine, dont il partage strictement les mêmes caractéristiques. La charmante Mona n'est qu'une légère variation de l'entreprenante Rita. La Reine Oofeefa n'est rien de plus qu'une cousine éloignée de la Reine Victoria. Quand à lui, le patriarche Bobnar n'est autre que le frère caché du Père Noël. Reste alors le héros Doug, qui n'est qu'une réplique masculine de Ginger, la poulette assez habile pour rallier tous les autres à sa cause et amener la victoire. C'est la combinaison de ces éléments qui me permet de dire que Cro Man reste ainsi moins ingénieux que ses illustres grands-frères.

Mais que cela ne refroidisse pas vos ardeurs, Cro Man reste une aventure survitaminée qui, à défaut d'originalité, fait très bien les choses tout en rendant un match de football aussi homérique que franchement comique. On se laisse donc happer par cette gentille intrigue satirique qui n'est là que pour dérider nos zygomatiques. Or, de ce point de vue, Cro Man fait véritablement un sans faute !

Social eXpérience

10 février 2018 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2018)

Indisponible pour l'instant (le film n'est pas encore en salle)

Doublage français d'origine (2018)

Doug : Pierre Niney 1

Lord Noz : Stéphane Ronchewski 1

Mona : Kaycie Chase 1

Bobnar : Michel Dodane 1

Reine Oofeefa : Martine Irzenski 1

Mésange vocale : Guillaume Lebon 1

Gordon : Thibault Lacour 1

Hôpla : Jérémy Prévost 1

Trébor : Jérémy Prévost 1

Atab : Jérémy Prévost 1

Magma : Virginie Cagliari 1

Asbo : Arthur Pestel 1

Jurgen : François Raison 1

Crochon : Nick Park 1

Commentateur sportif : Hervé Mathoux 1

Sources : 1Studio Canal