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Disney Television Animation
Belle - L'amitié avant tout

Belle - L'amitié avant tout est une exclusivité vidéo parue uniquement sur le continent américain, y compris au Québec, le 19 août 1999. Il s'agit d'une compilation regroupant deux épisodes de la série Sing Me a Story with Belle complétés par un épisode animé alors inédit, La fête pour Miss Samovar, qui a depuis intégré la compilation Le monde magique de la belle et la bête. Cette exclusivité vidéo n'a jamais été commercialisée, ni diffusée, en Europe francophone. Le long métrage dispose d'un doublage français réalisé au Québec reprenant les mêmes comédiens que pour La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté.

L'intrigue

Toujours aussi amoureuse des livres, Belle a décidé d'ouvrir une librairie dans son petit village français. Avec l'aide du Grand Livre, de deux érudits insectes, Lewis et Carroll, ainsi que d'un gentil matou orange prénommé Harmonie, Belle invite de nombreux enfants à découvrir les milliers d'aventures dissimulées dans ses rayonnages...

Analyse de l'oeuvre

Cela fait déjà plus de trente ans que La belle et la bête a pulvérisé tous les records d'entrées pour un film d'animation. Un exploit qui n'aura pourtant pas tenu très longtemps puisque Aladdin, puis Le roi lion feront encore mieux que lui. Un succès qu'il est aujourd'hui difficilement imaginable pour ceux qui n'ont pas vécu à cette période. Instantanément, La belle et la bête se hisse en tant que film culte aussi bien dans la presse que dans le coeur du grand public, ses personnages deviennent même iconiques. Malgré le succès des films qui lui succéderont, puis le déclin de l'empire Disney au début des années 2000, le long métrage est resté une valeur sûre à un point tel qu'il est devenu le fer de lance de chaque nouvelle technologie cinématographique émergente. Disney n'hésite alors pas une seule seconde à transformer le film évènement en une vraie franchise. D'abord, succès des chansons oblige, La belle et la bête se décline en comédie musicale à Broadway à partir du 18 avril 1994 où Susan Egan et Terrence Mann interprètent les deux rôles titres, dont le succès ne s'est jamais démenti depuis. Ensuite, Disney lance en syndication la série éducative préscolaire Sing Me A Story with Belle dont le premier épisode est lancé le 08 septembre 1995.

Diffusé le samedi ou le dimanche matin, selon la chaîne américaine qui avait acheté les droits de diffusion, le programme Sing Me A Story with Belle va s'inscrire dans le registre des programmes destinés au très jeune public afin de leur inculquer les bonnes valeurs. Pour cela, Disney mise sur une complète inconnue, Lynsey McLeod, pour incarner le visage humain de Belle à la télévision. Le rôle de la jeune femme ne se limite pas à être juste la seule maître d'oeuvre puisque, en dehors de son rôle de narratrice, elle est également mobilisée sur les nombreuses chansons originales spécialement écrites pour le programme. Autour d'elle, Disney construit une sorte de mythologie prolongeant sa personnalité connue dans le film d'animation. Amatrice de livres, la Belle de Lynsey McLeod se mue en libraire, déambulant sur un très petit plateau de sitcom sans aucun réel rapport direct avec le film d'animation. Autour d'elle gravite également des marionnettes (deux insectes indéterminés adorant les livres, un gros matou avachi orange prénommé Harmonie et un gros livre moustachu qui parle), ainsi que divers enfants invités pour l'occasion. Pour finaliser le concept, Disney puise dans son catalogue de vieux courts métrages dont leurs thématiques se rapprochent de la morale de l'épisode dans lequel ils sont diffusés. Au bout de 65 épisodes et quatre années de diffusion, le programme Sing Me A Story with Belle disparaît finalement des écrans, Lynsey McLeod en même temps que lui.

Juste avant sa disparition, à la suite des succès commerciaux de La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté et Le monde magique de la belle et la bête, Disney décide de redonner un nouveau coup de chance à Sing Me A Story with Belle (avec l'idée de relancer l'intérêt pour le programme désormais repris sur Disney Channel) sous la forme d'une exclusivité vidéo Belle - L'amitié avant tout qui nous intéresse plus particulièrement ici. À l'intérieur, Disney reprend les épisodes "Working Together" et "Reap What You Sow" auxquels sont ajoutés de nouveaux éléments de transition et un épisode animé totalement inédit à ce moment-là, La fête pour Miss Samovar. Je dois reconnaître que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en insérant l'antique VHS dans mon magnétoscope encore fonctionnel. J'ai finalement été choqué par l'expérience ! Comment Disney a-t-il pu proposer un concept aussi abrutissant ? Pire, comment Disney a-t-il pu saccager autant ses propres courts métrages ainsi que La belle et la bête par la même occasion ? Terminer Belle - L'amitié avant tout en ne retenant qu'une seule bonne chose, en l'occurrence la partie animée qui était pourtant qualifiée d'exécrable dans Le monde magique de la belle et la bête, c'est à s'en donner des sueurs froides ! Rien ne va dans ce long métrage qui, par extension, donne une idée très précise de l'horreur télévisée qu'avait pu être Sing Me A Story with Belle entre 1995 et 1999 !

Dès les premières minutes, Belle - L'amitié avant tout commence mal avec une incrustation totalement ratée des deux insectes Lewis et Carroll. Le détourage est si grossier qu'on a du mal à saisir comment un effet peut être aussi raté de la part de Disney qui, rappelons-le, faisait déjà ça un siècle auparavant avec Alice. Le second problème arrive quelques instant après, Lynsey McLeod n'est définitivement pas convaincante en Belle. Malgré toute sa bonne humeur, on ne retrouve vraiment aucune caractéristique de Belle dans la jeune femme qui semble bien égarée dans ce grand décors en toc. Troisième problème, Disney nous ment sur l'emballage de la VHS, prétendant que c'est Belle qui raconte les histoires, alors qu'en réalité c'est le gros livre moustachu qui s'y colle la majorité du temps. Enfin, n'étant évidemment pas du tout le public cible du programme, je trouve la qualité des petits scénarios et des dialogues avec les enfants particulièrement abêtissants. Ne parlons pas non plus de la morale consternante des épisodes ("faire le ménage à deux c'est mieux que de le faire tout seul" mais sur le mode "en fait, j'ai la flemme, j'en ferai moins si on est plusieurs"), ni de leur caractère éducatif parfois douteux (tu ne mets pas la table alors tu seras privé de manger du Red Hot Chili Pepper). Mais dans le lot, ce qui constitue le summum du plus mauvais goût, c'est le traitement infligé aux courts métrages Disney qui y sont proposés.

Ce n'est pas une nouveauté, je n'ai jamais été friand des courts métrages Disney que je trouve trop souvent dégoulinants de mièvrerie. Parmi leurs contemporains, j'ai toujours une préférence pour un déjanté Tex Avery, un croustillant Hanna-Barbera ou un succulent Merrie Melodies. Pour autant, sans en être amateur, je n'ai jusqu'ici jamais été choqué par un court métrage Disney, préférant simplement passer mon chemin. Mais Belle - L'amitié avant tout  est passé par là et toutes mes considérations se sont littéralement envolées. Disney était devenu capable de faire encore pire jusqu'à provoquer un complet court circuit dans mon cerveau ! Dans cette exclusivité vidéo, quatre courts métrages vont subir un reformatage absolument invraisemblable : Morris, le petit élan (1950), Les enfants des bois (1932), Une petite poule avisée (1934) et Les trois petits cochons (1933). Des quatres courts métrages, Disney ne conserve qu'une partie de leur animation (les courts métrages n'étant pas conservés en intégralité selon les besoins du contexte de l'épisode), tandis que leur narration est complètement revue pour coller à la morale de l'intrigue des petites scénettes de Belle - L'amitié avant tout.

Considérant que cela ne suffisait visiblement pas, Disney choisit également de complètement réorchestrer les bandes originales pour y mettre à la place des chansons sous forme de comptines enfantines. Le résultat, absolument ignoble, a été à deux doigts de me faire saigner des oreilles ! Morris, le petit élan se voit ainsi attribuer une chansonnette vaguement inspirée par Toy Story, tandis que la première apparition de Donald Duck dans Une petite poule avisée se fait désormais sur un air de Gospel, visiblement inspiré par Hercule. De leur côté, Hansel et Gretel se mettent à faire la farandole dans les bois, chantant à tue-tête que la force de l'amitié résout tout, c'en est à s'évanouir de douleur. Quand arrive le tour de Les trois petits cochons, oeuvre remarquable qui a quand même été à l'origine d'un tube planétaire (Qui a peur du Grand Méchant Loup ?), on ne sait absolument plus comment échapper à une telle infâmie auditive ! "On a pas peur des gros loups, on s'amuse comme des p'tits fous, tralala et you hou hou..." Qui voudra bien m'achever un bon coup !?

En fin de compte, l'expérience Belle - L'amitié avant tout a été extrêmement traumatisante, me réjouissant d'ailleurs que Disney ait choisi de faire totalement l'impasse sur lui en France. Et de constater à quel point l'héritage du chef d'oeuvre La belle et la bête a été bien malmené depuis 1991 ! Entre un La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté déjà bien difficile à défendre, même si je reconnais porter des oeillères quand il s'agit de parler de lui, puis Le monde magique de la belle et la bête nettement plus insipide, Belle - L'amitié avant tout est incontestablement une ignominie débilitante, dont le seul truc "potable" est la partie animée autour de Madame Samovar (un comble...). J'aurai finalement préféré ne jamais connaître cette chose...

Olivier J.H. Kosinski - 03 novembre 2022

Bande annonce

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19 août 1999
VHS

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Voxographie Francophone

Doublage (Québec - 1999)

Belle : Violette Chauveau

Lewis : Pierre Verville

Carroll : Johanne Garneau

Harmonie : Joël Legendre

Grand-Livre : Vincent Davy

Lumière : Pascal Rollin

Big Ben : Alain Gélinas

Mme Samovar : Béatrice Picard

Enfants :

- Geneviève Dery

- Stéphanie Dolan

- Julie-Alexandra Dubé

- Maxime Durand

- Anthony Jasmin-Vézina

- Sandrine Chauveau-Sauvé

Voix additionnelles :

- Luc Durand

- Louis-Philippe Dandenault

- Camille Desmarais

- Émile Mailhot

Sources :
Carton Générique

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