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Pixar Animation Studios
Les indestructibles 2

Les Incroyable 2

Les Incroyable 2 sort le 15 juin 2018 au Québec et en avant-première le même jour au Festival d'Annecy. Les indestructibles 2 est ensuite proposé sur le territoire français le 04 juillet 2018. Le long métrage dispose de deux versions francophones.

L'intrigue

La famille de super-héros est de retour ! Mais cette fois c'est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s'occuper de Violette, Flèche et Jack-Jack. C'est un changement de rythme difficile pour la famille d'autant que personne ne mesure réellement l'étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier. Lorsqu'un nouvel ennemi fait surface, la famille et Frozone vont devoir s'allier comme jamais pour déjouer son plan machiavélique...

Analyse de l'oeuvre

A partir d'un certain âge, les artistes du milieu du cinéma devraient vraiment décider de passer à autre chose, particulièrement lorsqu'ils ont autrefois brillé au firmament en proposant des oeuvres intimes parfaites en tout point. Ou alors, ils devraient simplement se remettre en question, mais surtout pas s'obstiner à ressasser le passé. Il y a un avant, il y a un après, mais il faut toujours garder à l'esprit que n'importe quel instant de la vie est fugace. Tenter de le rappeler, de le faire revivre, c'est obligatoirement le trahir. La vision du passé, qu'elle soit bonne ou mauvaise, est obligatoirement altérée, que ce soit par le temps qui passe ou à travers les émotions qu'on y associe. Les indestructibles 2 est précisément cela, une sorte de testament cinématographique d'un Brad Bird qui semble regretter une époque dans laquelle il ne se retrouve plus. Un sentiment de malaise, et une nostalgie exacerbée, que l'on retrouvaient déjà dans son précédent long métrage À la poursuite de demain où il tentait, maladroitement, de faire revivre des idées très "sixties" complètement désuètes. Peut-être essayait-il d'y raviver son passé d'enfant émerveillé qu'il a visiblement perdu en cours de route ? En 2004, Les indestructibles premier du nom m'avait laissé froid. C'était à mes yeux un banal film de super-héros, certes efficace, mais sans réelle imagination. Les indestructibles 2 fait quasiment la même chose, à deux ou trois détails près.

Qu'on se le dise, Les indestructibles 2 a une approche résolument plus adulte que son aîné, le long métrage est même plus noir et beaucoup plus violent dans ses scènes d'actions (jeunes spectateurs impressionnables s'abstenir). Malheureusement, il se livre aussi à une telle introspection qu'on ne peut échapper à de trop longues séances de bavardages parfois insupportables et sans réelle consistance pour les besoins du scénario. Brad Bird fait continuellement des sortes d'arrêts sur image, des focus sur telle ou telle action, sur tel ou tel personnage, ralentissant de fait complètement le récit qui tient sur un timbre poste. Au contraire de Les indestructibles, qui était somme toute très équilibré entre les phases narratives et visuelles, sa suite propose un cheminement en dent de scie. Pour caricaturer, cela se résume à du blabla suivi d'une scène d'action, suivi d'encore plus de blablas et d'une scène d'action plus impressionnante que la précédente. Et entre les deux, Les indestructibles 2 passe le temps dans des scènes de la vie quotidienne, mais du point de vue d'un Bob Paar complètement dépassé par sa plus jeune progéniture. En soit, ces séquences auraient pu être intéressantes s'il ne fallait pas pour cela oublier le court métrage Baby-Sitting Jack-Jack qui faisait exactement la même chose en bien mieux dans un temps plus court !

Les indestructibles 2 s'inscrit dans la suite directe au premier volet, dans la mesure où la toute dernière scène du premier film sert de prologue au second. Quand bien même, alors que cela faisait douze années que nous autres spectateurs avions été laissés dans l'expectative d'une confrontation avec cet étrange ennemi venu des profondeurs, l'introduction du film se borne à une immense scène expéditive de défouloir visuel et auditif. Brad Bird préférant finalement parler d'autre chose, délaissant complètement l'ennemi du précédent film qui fait donc juste un petit coucou et puis s'en va. Au lieu de cela, le long métrage suit la mode actuelle en prônant le féminisme et en mettant en avant Helen Parr. Sur le moment, le choix semble pertinent, particulièrement pour le studio Pixar qui s'est fait une spécialité pour porter à l'écran tout un tas de personnages féminins relégués dans l'ombre de héros bien masculins, de potiches délurées ou névrotiques, sans oublier les éternelles mamans poules, ou mieux encore, la femme qui disparait avant le début du film et dont le fantôme n'a pas sa place dans le reste du film. Bref, des héroïnes fortes, contemporaines, intègres et ne dépendant pas des autres (particulièrement des hommes), on les compte sur les doigts d'une main chez Pixar : Jessy, Dory, Merida et, dans une moindre mesure, Bouh.

Si Helen Parr est effectivement le personnage de premier plan pour Les indestructibles 2, le scénario s'échine à torpiller son premier rôle en proposant, en parallèle de ses brillants exploits, des scènes ou des dialogues rétrogrades, misogynes voire carrément sexistes. Dès lors, il y a un énorme raté entre ce que Les indestructibles 2 souhaite proposer à ses spectateurs et ce qui est réellement montré dans le film. Effectivement, par rapport au premier film, le rapport de force entre les hommes et les femmes s'est complètement inversé. Sans imagination cela dit, puisque qu'on reprend presque la même histoire avec Helen, au lieu de Bob (ici réduit à une figure parentale ratée qui ne s'est visiblement jamais occupé de ses enfants de toute sa vie, vive les clichés) et ce même mélange entre infiltration, espionnage et action. Mais quand on y regarde de plus près, Les indestructibles 2 véhiculent du sexisme ordinaire propres aux films américains, du début jusqu'à la confrontation finale hyper-prévisible face à un personnage antipathique extrêmement mal écrit vis-à-vis de ses sous-entendus malheureux. D'ailleurs, le final du film va jusqu'à trahir son propos initial en prônant la réussite d'un homme obstiné face à une femme frustrée, non la victoire d'une héroïne sur le machisme et qui n'aura finalement été que le catalyseur de faux évènements manipulés par d'autres.

Concernant l'aspect visuel, Les indestructibles 2 est à la fois une superbe découverte et une cruelle déception. Commençons pas ce qui dérange en prenant exemple sur la saga Toy Story. En trois longs métrages, la saga mettant en scène Woody et Buzz a fait, entre chaque épisode, preuve d'un bond technologique que l'on peut qualifier de faramineux. Il est inapproprié de mettre face à face Toy Story et Toy Story 3 par exemple, rien qu'en terme de décors, d'environnement ou de technicité, le troisième volet surpasse en tout point le premier. Pour autant, quel que soit les films vus, que ce soit dans l'ordre ou le désordre, on ne ressent jamais la moindre trahison sur les personnages. Les indestructibles 2 ne peut pas se vanter de la même chose. La connection directe du second film à la suite de la dernière scène du premier devait normalement obliger les animateurs à respecter strictement la physionomie des personnages. Au contraire, passé les quelques premières minutes, tous les personnages sont rapidement métamorphosés, dans un design les rendant étrangement beaucoup plus vieux, comme s'ils avaient subis les dégâts de ses douze dernières années. En contrepartie, Les indestructibles 2 offrent un habillage particulièrement léché avec un niveau de détail jamais atteint dans le premier film. Malgré ses innombrables scènes d'actions, le film reste également relativement lisible, même s'il lui arrive d'être quelquefois névrotique.

S'il y a quelque chose qui manque cruellement à Les indestructibles 2, tout comme c'était déjà le cas du premier, c'est son manque d'émotion et d'empathie. Bien sûr, il est difficilement concevable d'arriver ne serait-ce qu'à chatouiller le déferlement d'émotions que propose le formidable Coco dans un film d'action mettant en scène des super-héros. Je m'attendais quand même à y trouver quelque chose de plus touchant, de plus sincère, voire de complètement différent de son aîné. Les indestructibles 2 est avant tout un film d'animation frénétique, qui ne se lasse pas de tout démolir à grande échelle et de proposer une mise en scène furieuse. En soit, le long métrage suit le cheminement d'à peu près tous les gros blockbusters américains de ces dernières années, de grands films pop-corn qui servent à déconnecter le cerveau au détriment de toute logique narrative. Alors oui, le plateau repas est plus consistant qu'un Jurassic World - Fallen Kingdom par exemple, avec un léger contrôle au niveau du dosage et du contenu. Mais en fin de compte, Les indestructibles 2 n'a rien apporté de particulier une fois celui-ci terminé. Il n'a pas enrichi l'univers et il n'a pas fait évoluer ses personnages. On en est toujours au même point, les supers héros, c'est génial, ils méritent d'être réhabilité... bref ce que proposait déjà Les indestructibles.

Les indestructibles 2 n'est sincèrement ni réellement bon, ni vraiment mauvais. Par contre, entre ses propos douteux à l'égard des femmes et sa surcouche nostalgique beaucoup trop appuyée, je ne peux considérer sa qualité artistique au même niveau que son aîné envers qui il est irrémédiablement inférieur en tout point. Même si je n'ai jamais apprécié Les indestructibles, j'étais venu découvrir sa suite sans réel a priori, ne sachant même pas quel était le contenu du scénario. Mais il faut reconnaître que ce second long métrage ne m'a définitivement pas réconcilié avec la famille Parr. Les indestructibles 2 restera un de ses films qui prendra la poussière sur l'étagère par pur esprit de collection mais sans que je ne le sorte plus jamais de son emballage.

Olivier J.H. Kosinski - 21 septembre 2018

Bande annonce

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Voxographie Francophone

Doublage (Québec - 2018)

Robert Parr / M.Incroyable : Benoît Rousseau

Hélène Parr / Élasto-fille : Camille Cyr-Desmarais

Lucius Meilleur / Frigozone : François L'Écuyer

Violet Parr : Catherine Brunet

Rush Parr : Adam Moussahim

Evelyn Deavor : Laurence Dauphinais

Winston Deavor : François-Simon Poirier

Jack-Jack Parr : Ezra Langelier

Edna Mode : Denys Paris

Tony Rydinger : Nicolas Poulin

Voyd : Stéfanie Dolan

Rick Dicker : Guy Nadon

Krushauer : Paul Sarrasin

l'Ambassadrice : Claudine Chatel

Chad Brentley : Yves Soutière

L'Inframineur : Pierre Auger

L'Hypnotiseur : Marc-André Bélanger

Le livreur de pizza : Marc-André Bélanger

Reflux : Charles Préfontaine

Le Maire : Christian Perrault

Hélectrix : Joakim Lamoureux

Victor Cachet : Joakim Lamoureux

Détective 1 : Joakim Lamoureux

Détective 2 : Stéphane Brulotte

Chérie : Nadia Paradis

Doublage (France - 2018)

Robert Parr / M. Indestructible : Gérard Lanvin

Helen Parr / Elastigirl : Déborah Perret

Violet Parr : Louane

Dashiell Parr / Flèche : Timothé Vom Dorp

Jack-Jack Parr : Mila Pointet

Lucius Best / Frozone : Thierry Desroses

Honey Best : Annie Millon

Edna Mode : Amanda Lear

Rick Dicker : Jean-Bernard Guillard

Winston Deavor : Laurent Maurel

Evelyn Deavor : Caroline Maillard

Vortex : Youna Noiret

Ambassadrice Henrietta Selick : Emmanuèle Bondeville

Le Démolisseur : Serge Biavan

Krushauer : Namakan Koné

Helectrix : Anatole de Bodinat

L'Hypnotiseur : François Raison

Tony Rydinger : Julien Crampon

Reflux : Achille Orsoni

Petit-Duc : Gabriel Le Doze

Le Maire : Michel Dodane

Chad Brentley : François Raison

Le livreur de pizza : Augustin Bonhomme

Policier 1 : Daniel Lobé

Policier 2 : Pierre Tessier

Victor Cachet : Nicolas Hardy

Tommy : Philippe Valmont

Voix additionnelles :

- Camille Timmerman

- Saïd Amadis

- Michaël Aragones

- Guillaume Bourboulon

- Virginie Cagliari

- Pierre Carbonnier

- Agnès Cirasse

- François Delaive

- Caroline Espargilière

- Antoine Ferey

- Franck Gourlat

- Charlotte Juniere

- Gaspard Laurent

- Colette Marie

- François Santucci

- Valérie Siclay

- Pénélope Siclay-Couvreur

- Cindy Tempez

- Jean-Louis Tilburg

- Fanny Vambacas

Sources :
Carton Générique

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