The wild / La vie sauvage : Quelques informations

Le film sort le 12 avril 2006 en France, puis le 14 avril 2006 au Québec sous le titre La vie sauvage.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Dans un zoo de New York, après la fermeture, une fois que le public est parti et les employés rentrés chez eux, les animaux font la fête... Lors d'une partie endiablée, le petit Ryan, un lionceau, est malencontreusement propulsé hors du zoo dans une caisse. Pour le récupérer, il va falloir envoyer à l'extérieur, dans l'inconnu, une équipe de secours... Celle-ci sera constituée de Samson, le père de Ryan et roi du zoo, Larry, l'anaconda plus bête que dangereux, Benny, l'écureuil qui en connaît un rayon sur le monde de l'extérieur, Brigitte, une petite girafe futée avec une passion pour les jeux, et d'un koala nommé Nigel, qui ne supporte plus qu'on le trouve "mignon"... Leur odyssée va les conduire dans la jungle urbaine de New York, puis jusque dans la jungle sauvage d'Afrique...

Analyse de l'oeuvre 3
35

Au milieu des années 2000, la stupeur frappe le milieu des amateurs d'animation américaine : Disney et Pixar se font la gueule. Michael Eisner et Steve Jobs sont désormais en froid, un éventuel divorce douloureux entre les deux sociétés anime désormais toutes les conversations. Il s'agit là de l'apothéose d'une crise qui traverse l'empire Disney depuis plusieurs années. Ainsi la société a complètement raté le coche du passage à l'animation 3D, elle s'est également discréditée en lançant sur le marché une collection de films spécialement conçus pour le marché vidéo à la qualité plus que discutable. La gestion de la société par Michael Eisner est d'ailleurs remise en cause par Roy Disney, neveu de Walt Disney, qui démissionne avec fracas en 2003 et lance dans la foulée le site SaveDisney.com. Devant ces remous, même Comcast profite de la situation pour tenter une offre publique d'achat en 2004, qui échoue toutefois. Pendant ce temps, Pixar, qui a considérablement pris du galon, se sent désormais pousser des ailes et souhaite revoir complètement son accord de distribution bi-partie très avantageusement appropriée par Disney jusque là, d'où les tensions entre les deux sociétés. Dans le cas, douloureux, où la séparation deviennent réellement effective, Michael Eisner prend les devants et tente de lui trouver un remplaçant. Il fonde ainsi Circle 7 Animation dès 2004, un studio d'animation entièrement dédiée à la réalisation de suites aux films Pixar (dont Disney détient l'intégralité des droits sans que le premier n'ait son mot à dire), chargé dans un premier temps de concevoir une première ébauche de Toy Story 3. Mais celui-ci est trop jeune pour proposer quoi que ce soit avant au moins trois années. L'empire Disney s'en va donc en guerre pour chercher la nouvelle perle rare qui acceptera ses conditions à la Balthazar Picsou.

Une première piste, plutôt timide, conduit au studio anglais Vanguard Animation qui produit le film d'animation Vaillant - Pigeon de Combat ! que Disney soutient financièrement tout en assurant la distribution américaine. Le résultat est loin d'être concluant, le film se ramasse auprès du public et des critiques. Mais l'occasion est belle de croiser le chemin du canadien C.O.R.E. Digital Pictures à qui Disney confie le soin d'effectuer quelques corrections de couleurs et le rendu final du film pour les Etats-Unis. Finalement, Disney porte son choix pour ce studio et lui confie la rude mission de réaliser The Wild, une histoire d'animaux africains enfermés dans un Zoo que Disney a dans les cartons depuis plusieurs années sans réussir à le concrétiser à l'écran jusque là. A l'origine, il était question de confier ce projet à l'équipe d'animateurs du film Dinosaures, avec la même combinaison de décors réels et personnages numériques, mais la contre-performance du film au box office en 2000 avait finalement remisé au placard ce projet. Disney lui confiant alors le plus gros budget alloué pour un film réalisé au Canada, à Toronto pour être plus précis, C.O.R.E. Digital Pictures est obligé d'agrandir ses équipes de près de 290 personnes et fonde alors la division C.O.R.E. Feature Animation dont The Wild allait devenir leur toute première réalisation d'envergure qui porterait, en plus, le prestigieux label Disney.

Evidemment, les choses vont inévitablement se compliquer car un grain de sable va se glisser dans l'engrenage. Son nom? Jeffrey Katzenberg ! En 1994, à la mort accidentelle de Frank Wells, le producteur américain pense qu'il va hériter du poste de président directeur exécutif, ce que ni Michael Eisner, ni Roy Disney, ni le conseil d'administration de Disney n'ont jamais souhaité lui accorder. Lui qui avait été l'un des artisans de la renaissance de l'animation Disney et se voyait déjà tout en haut de l'affiche, il dégringole de haut ! Ni une, ni deux, Jeffrey Katzenberg claque la porte et fonde dans la foulée la société Dreamworks SKG avec Steven Spielberg et David Geffen. Mais étant extrêmement aigri par ce qu'il considère comme un sale tour de Mickey, il n'hésite pas à emmener avec lui de nombreuses idées de scénarios dont il avait connaissance avant son départ, en les retravaillant suffisamment pour éviter tout procès pour plagiat. Pendant quelques années Dreamworks et Disney vont alors sortir des films partageant quasiment les mêmes racines narratives, notamment 1001 Pattes et Fourmiz, Armageddon et Deep Impact ainsi que Le monde de Nemo et Gang de Requins. The Wild n'y échappe pas non plus, devant faire face à un certain Madagascar qui, non seulement sortira en salle le premier, mais gagnera une telle popularité à travers le monde qu'il fera inexorablement de l'ombre, et beaucoup de mal, à The Wild, considéré par tous comme le plagiat du pauvre ! Le malheureux long métrage se prenant donc dans la face la redoutable vengeance de Jeffrey Katzenberg qui applique méticuleusement la politique de l'arroseur arrosé...

Et pourtant, The Wild n'est foncièrement pas un si mauvais film. Sans nul doute est-il mal né dans cette période de tumulte où Disney et Pixar se la jouait guerre froide, car le long métrage s'avère finalement plutôt sympathique à découvrir, plus particulièrement la seconde partie du long métrage bien plus délirante que la première. Le scénario du film tient pourtant quasiment sur un mouchoir de poche, puisque le pitch de base se résume à "Il faut sauver le lionceau Ryan", ni plus, ni moins. Tout du moins, c'est ce que laisse à penser la première partie du long métrage où les personnages sont propulsés du Zoo aux égouts de New York, puis dans un terminal conteneur, avant de finir sur un bateau à la dérive dans l'océan. Par la suite, par contre, l'histoire prend la forme d'un gros délire comme si tous les personnages avaient fumé une substance psychotrope douteuse, surtout le gnou Kazar. Mais, si l'on se laisse prendre au jeu du délirium général de l'intrigue à ce stade, on passe finalement un beau petit moment de rigolade, The Wild ne se prenant vraiment pas la tête de construire quelque chose de cohérent ou de réaliste. C'est d'ailleurs là où ça cafouille un peu, car le long métrage choisi au contraire de présenter ses personnages dans une optique plus réaliste, dans le même esprit du plus récent remake de Le roi lion, mais avec bien moins de talent évidemment, il ne faut pas exagérer. Du coup, la dichotomie entre ce que le film raconte et la façon dont les animaux sont animés semble furieusement incongrue. Paradoxalement, en caricaturant volontairement à l'excès certaines des attitudes des animaux du film, The Wild se montre bien moins froid à regarder que le récent remake de Le roi lion.

Bien évidemment, C.O.R.E. Feature Animation n'a pas le même talent que l'illustre Pixar, ni le savoir faire de Disney non plus d'ailleurs, rappelons à nouveau que The Wild était alors le tout premier long métrage animé d'un studio jusque là uniquement chargé de réaliser des effets spéciaux pour des films. Le tour de force est finalement plutôt réussi quand on y pense, même si The Wild souffre inexorablement de grosses carences, aussi bien visuelles que narratives. Aujourd'hui, avec tout le recul nécessaire depuis sa sortie en salle, j'admets être devenu encore plus conciliant que je ne l'étais avec lui en 2006, même si je n'ai jamais réellement pesté à son encontre. Mais il est indéniable qu'au moment de sa diffusion, la qualité d'animation, moins bariolée que le concurrent Madagascar, mais surtout la dégringolade qualitative attendue pour un film à Disney (dont le film arbore le logo et fait partie de la collection numérotée française) et, surtout face au mastodonte du secteur Pixar, il y avait effectivement de quoi être choqué. C'est d'ailleurs probablement toujours le cas pour ceux qui viendraient tout juste à le découvrir aujourd'hui, mais en relativisant sa période de sortie, je pense qu'une grande majorité des spectateurs considèrent désormais The Wild au même titre que ceux produits par DisneyToons Studios, une production secondaire très mineure du studio Disney.

Né dans la douleur, conspué de tous à sa sortie, notamment vis à vis de Madagascar, la première production animée de C.O.R.E. Feature Animation rembourse tout juste son budget et finit par être oublié de tous. L'éviction de Michael Eisner au profit de Robert Iger signant également un apaisement, puis un rachat surprise de Pixar en 2006, finissent par enterrer définitivement l'expérience qui ne sera pas renouvelée. C.O.R.E. Feature Animation est contraint de fermer sa division animation, The Wild devenant à la fois sa première et sa dernière production dans le domaine. Quand à la quête désespérée de Michael Eisner, celle-ci est finalement tuée dans l'oeuf, The Wild étant resté depuis lors comme unique témoin d'une tentative complètement ratée de trouver un remplaçant à un brillant studio qui avait réussit à porter l'animation 3D vers l'infini et au delà.

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14 février 2020 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2006)

Benny l'écureuil : Daniel Lesourd 1

MC pingouin : Stéphane Rivard 1

Rock Hyrax : Gilbert Lachance 1

Camo : Pierre Auger 1

Bridget : Anne Dorval 1

Nigel : Patrice Dubois 1

Cloak : Jacques Lavallée 1

Kazar : Mario Desmarais 1

Samson : Patrick Chouinard 1

Doublage français d'origine (2006)

Samson : Emmanuel Jacomy 2

Ryan : Kelyan Blanc 2

Ben : Jean-Claude Donda 2

Nigel : Didier Gustin 2

Bridget : Emmanuelle Bondeville 2

Larry : Roland Timsit 2

Kazar : Richard Darbois 2

Blag : Emmanuel Curtil 2

Fergus, le flamant rose : Stephane Fourreau 2

Duke : Donald Reignoux 2

Eze : Emmanuel Garijo 2

Pingouin Commentateur : Herve Jolly 2

Stan : Jean-Jacques Nervest 2

Carmine : Francois Siener 2

Daman Des Rochers : Guillaume Lebon 2

Scab : Gerard Surugue 2

Maman Hippo : Valerie Nosree 2

Père de Samson : Michel Vigne 2

Samson (jeune) : Gwenvin Sommier 2

Hamir : Mark Lesser 2

Boursier 1 : Marie Martine 2

Boursier 2 : Amelie Morin 2

Monsieur Loyal : Yann Pichon 2

Cache et Cache : Gerard Hernandez 2 et Pierre Baton 2

Voix additionnnelles : Ariane Aggiage 2 , Jean-Claude Briodin 2 , Philippe Celo-Bayard 2 , Jean-Christophe Clement 2 , Olivier Constantin 2 , Georges Costa 2 , Michel Costa 2 , Bruno Ejenguele 2 , Guillaume Eyango 2 , Eric Filet 2 , Stephane Filet 2 , Bruno Forget 2 , Marie-Eugenie Marechal 2 , Kelly Marot 2 , Jean-Marie Marrier 2 , Pascal Massix 2 , Celine Monsarrat 2 , Gilles Morvan 2 , Joseph Moussio Wounja 2 , Dorothee Pousseo 2