Dinosaure / Le dinosaure : Quelques informations

Le long métrage sort le 13 mai 2000 au Québec, sous le titre Le dinosaure, puis six mois plus tard, le 29 novembre 2000 en France, sous le titre Dinosaure. Le film dispose d'une version française et québécoise.

Bien qu'il a été attendu comme une nouvelle production des Walt Disney Animation Studios par le public et la presse, il sort en réalité sous le label de The Secret Lab, le nouveau studio d'effets numériques créé en 1999 par Disney. Ce n'est qu'en 2010 que, pour raisons purement publicitaires, il intègre officiellement le classement des films d'animation du studio, en se positionnant comme 39e grand classique, afin de permettre à Raiponce d'être annoncé comme le 50e film d'animation Disney !

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

La Terre, il y a soixante-cinq millions d'années. Une colonie de lémuriens menant une existence paisible sur une île paradisiaque découvre par hasard un oeuf de dinosaure. Lorsque la coquille se fissure, c'est un petit iguanodon qui en sort... Les lémuriens le recueillent et le baptisent Aladar. Celui-ci grandit parmi eux, jusqu'au jour où une météorite détruit l'île et contraint tout le monde à l'exil. Ils trouvent refuge auprès d'un groupe de dinosaures voyageant à la recherche de la terre des Nids. Très vite, Aladar se heurte à Kron, leur impitoyable chef...

Analyse de l'oeuvre 4.5
4.55

Au tout début des années 2000, le studio Disney est inexorablement sur le déclin, notamment par la mauvaise presse qu'engendre les suites conçues spécialement en vidéo. Plus gênant, alors que le studio a toujours eu la réputation d'être à la pointe de l'animation, il n'a pas du tout réussi à franchir le cap de l'animation 3D où il se fait distancer par Pixar et Dreamworks Animation. Dinosaure constituait alors pour Disney un premier pas majeur dans la réalisation d'un premier film d'animation mélangeant prises de vues réelles et animation assistée par ordinateur. Probablement conscient du risque pris, car il s'avère plus sombre et plus violent que les films produits jusqu'à lui, Dinosaure ne sort pourtant pas sous le label des Walt Disney Animation Studios. Ce n'est que par un habile tour de passe-passe que le film va finalement intégrer la grande famille, en adoptant le numéro 39, ceci afin d'offrir le compte rond de 50 à une certaine Raiponce ! Malheureusement, le long métrage précurseur va se faire griller la politesse par une série de documentaires produite par la BBC, diffusée à peine six mois plus tôt, qui va entraîner une contre-performance inattendue au mastodonte de près de 130 millions de dollars ! Ce qui avait été conçu et imaginé comme une grande première au cinéma fut ainsi torpillé par Sur la terre des dinosaures qui offrait au final presque la même chose, pourtant réalisé avec un budget dix fois moindre, par une équipe non américaine qui plus est ! Mais revenons-en au film.

Dinosaure est produit par une toute nouvelle entité créée en 1999 et baptisée The Secret Lab, qui résulte de la fusion de trois studios. Le premier, Dream Quest Images qui était un studio d'effet spéciaux indépendant fondé en 1982 afin de travailler sur le film Blade Runner pour le compte de The Ladd Company. Il est ensuite racheté en 1996 par Disney qui en fait à son tour une filiale destiné à travailler sur les effets spéciaux de ses propres films, à commencer par Georges de la Jungle en 1997. Le second, c'est Buena Vista Visual Effects, derrière lequel se cache en réalité les mêmes équipes que Dream Quest Images durant la période 1996 à 1999. Le troisième enfin, c'est tout simplement la partie de l'équipe des Walt Disney Animation Studios chargée de développer et expérimenter l'animation assistée par ordinateur qui est mise à profit pour The Secret Lab. Ce qui explique ainsi la légitimité de la réintégration de Dinosaure à la collection des grands classiques Disney, ce qui lui avait pourtant été refusé à l'époque. Malheureusement, la contre-performance du film a finalement raison du jeune studio qui ne survit que trois années après la sortie du film, puisque Michael Eisner le ferme en 2002, en même temps que toutes les filiales internationales des Walt Disney Animation Studios, dont le français.

Aujourd'hui encore, Dinosaure reste incontestablement une brillante production cinématographique. En premier lieu dans le choix des décors naturels du film effectué lors des repérages, particulièrement dans les trente premières minutes du film. Accompagnée par une bande originale magnifiquement orchestrée par James Newton Howard, la première partie du film reste encore aujourd'hui une véritable prouesse artistique. C'est simple, en dehors de l'animation 3D, Dinosaure reprend plus ou moins la même technique de trucage que Qui veut la peau de Roger Rabbit et Casper auparavant. Les artistes de Disney s'ingénient à habilement combiner des techniques et mécanismes réels superbement camouflés par des effets spéciaux de premier ordre. Pour sa première partie de l'intrigue, Dinosaure offre ainsi des visuels à couper le souffle, on en regretterait même que la 3-D stéréoscopique n'ai pas été envisagée, tant cela aurait offert une immersion encore plus totale au film. Le long métrage commence par ailleurs par l'une des plus magnifiques séquences d'ouverture que Disney a porté à l'écran, dans l'incontournable séquence du voyage de l'oeuf, qui combine paysages époustouflants, mise en scène prodigieuse et musique majestueuse ! Le film enchaîne ensuite des images puissantes sans la moindre anicroche jusqu'à l'impressionnante chute du météore, après laquelle Dinosaure change ensuite quelque peu de style visuel.

Durant sa première demi-heure, Dinosaure en met vraiment plein la vue. Au sortir de ce que l'on peut considérer comme une longue, mais indispensable, mise en place de l'intrigue, le long métrage devient inévitablement oppressant. L'univers chatoyant du début laisse la place à des environnements secs et arides. Du coup, le film perd immédiatement son côté homérique. Il compense alors cette immanquable faiblesse en combinant une fois encore une mise en scène énergique, voire théâtrale, à une bande originale tout aussi soignée. Un avantage indéniable pour le spectateur, particulièrement si celui-ci est resté sceptique sur le fait que les personnages du film soient capables de s'exprimer. Plus encore si le spectateur fait le rapprochement avec Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, dont les propos sont globalement similaires, puisque les deux films sont inspirés par le même scénario source. Pour autant, il s'agit ici d'une véritable prouesse technique puisque le studio Disney parvient à repousser le photoréalisme qu'on connaissait déjà dans la saga Jurassic Park et sa suite Le monde perdu, tout en apportant une crédibilité aux personnages avec lesquels on arrive à ressentir de l'empathie sans qu'ils ne soient caricaturés ou trop fortement anthropomorphes.

La suite du film retombe ensuite dans une aventure très classique, une fois encore très similaire à Le petit dinosaure et la vallée des merveilles : une horde de dinosaures cherche désespérément une nouvelle terre d'accueil à la suite du cataclysme qu'ils ont vécu. Tout comme dans le film de Don Bluth, le rôle de chaque dinosaure est effectivement identique, Baylene et Eema jouent les sages comme les grands-parents de Petit-Pied ainsi que Plocus, Aladar est l'éternel optimiste comme Petit-Pied, Bruton un rebelle comme Cera, Zini le rigolo de la bande comme Becky, Yar est le froussard de la bande comme Petrie, etc. A sa décharge, Dinosaure apporte un couche supplémentaire au récit en faisant affronter deux façon de penser différente lié à la notion de survie : celle de la survie du plus petit nombre à celle de la survie du plus grand nombre. Il est d'ailleurs dommage que Dinosaure brosse un portrait très négatif des choix opérés par Kron, qui disparaît méprisé par tous, alors qu'il avait jusque là réussi à les conduire aussi loin à travers des terres dévastées, aussi douloureux et choquants que ses choix puissent paraître à Aladar qui, lui, a vécu une vie de pacha sur son île paradisiaque avant de les rencontrer.

Contrairement à la plupart des films d'animation Disney, Taram et le chaudron magique excepté, Dinosaure offre des scènes vraiment brutes, voire choquantes, parsemées tout au long des 1h40 de sa projection. Les sentiments d'oppression, d'urgence à fuir, de pénibilité de la marche des dinosaures, de la traque inlassable des carnivores à leur trousses, sont particulièrement nombreux dans le scénario qui n'y va pas par quatre chemin quand il doit se montrer cruel. Un paradoxe pour un film d'animation vanté comme familial, encore que Jurassic Park était lui-aussi jugé tout public en allant bien plus loin dans le macabre. De fait, cela accentue la tension autour des personnages, on se laisse vite prendre dans l'intrigue qui ne souffre pas de perte de rythme. On parvient cependant à échapper à la morosité générale de l'histoire grâce à la superbe bande originale de James Newton Howard qui réussit à dédramatiser ce qui est vu à l'écran, tout en offrant aux spectateurs un moyen de souffler entre deux grandes scènes d'action. D'un bout à l'autre du film, cette bande originale est un véritable tour de force qui reste épique à chaque minute, me permettant de clamer sans honte qu'il s'agit, avec celle de Atlantide, l'empire perdu, des deux plus magnifiques partitions produites par l'artiste pour Walt Disney Animation Studios !

Avec ses dix-sept ans au compteur, Dinosaure accuse effectivement aujourd'hui un peu son âge, plus encore en format Blu-ray où les effets numériques rendent un peu moins bien que sur DVD. Mais il est inconcevable de renier l'exploit artistique du film qui a réussi à réunir décors réels, trucages et animation numérique à un degré de réalisme jamais atteint à son époque de sortie, bien au delà de Sur la terre des dinosaures alors qu'il lui ai ravi la première place en sortant avant lui. La première partie du récit n'a d'ailleurs rien perdu de sa superbe après toutes ses années, l'enchaînement des séquences de prises de vues tournées sur des lieux différents sont parfaitement accordés dans le film, offrant un spectacle éblouissant. Une fois que la catastrophe a eu lieu, Dinosaure perd son côté charmeur mais se rattrape grâce à une panoplie de personnages attachants, une mise en scène soignée et, surtout, une bande originale vraiment fantastique. Pas loin d'un chef d'oeuvre, mais un grand classique du cinéma d'animation, assurément !

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10 décembre 2017 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2000)

Aladar : Patrice Dubois  1

Zini : Michel Charette  1

Plio : Nathalie Coupal  1

Yar : Hubert Fielden  1

Suri : Sandrine Sauvé-Chauveau  1

Kron : Yves Corbeil  1

Neera : Hélène Mondoux  1

Bruton : Raymond Cloutier  1

Baylene : Béatrice Picard  1

Eema : Madeleine Arsenault  1

Acolyte de Kron : Joël Legendre  1

Doublage français d'origine (2000)

Aladar : Bruno Choël  2

Zini : Jamel Debbouze  2

Plio : Micky Sébastian  2

Yar : Med Hondo  2

Suri : Marie Sambourg  2

Kron : Richard Darbois  2

Neera : Ninou Fratellini  2

Bruton : Marc Alfos  2

Baylene : Lily Baron  2

Eema : Perrette Pradier  2