La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or : Quelques informations

Le trésor des soleils d'or est le téléfilm spécial, combinant les cinq premiers épisodes de la série télévisée de La bande à Picsou, diffusée aux Etats-Unis le soir du 18 septembre 1987. Il n'a jamais été proposé sous ce format en version française, les cinq épisodes ayant d'ailleurs été diffusés séparément dans un pur désordre en tant que 25e, 26e, 27e, 29e et 30e épisode durant la diffusion française en 1988, puis en 1990 au Québec.

Comme il n'existe aujourd'hui aucune traduction officielle du titre original, The Treasure of the Golden Suns, on le reconnait sous diverses appellations sur la toile mondiale : Le trésor des soleils d'or, Le trésor du soleil d'or, Le trésor de la vallée du soleil d'or ou encore À la recherche du trésor de la vallée du soleil d'or. J'ai personnellement préféré la première pour cette analyse, parce que les "soleils d'or" font référence aux pièces en or découvertes par Picsou, mais également à la présence de plusieurs soleils en or à la fin du téléfilm.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Qui ne connaît pas Picsou, le canard multimilliardaire le plus près de ses sous ? Et bien, malgré le fait que son immense coffre-fort soit plein à craquer, cela ne lui suffit pas ! Aussi, accompagné du pilote casse-cou Flagada Jones et de ses neveux Riri, Fifi et Loulou, l'intrépide milliardaire décide de parcourir le monde à la recherche des trésors perdus...

Analyse de l'oeuvre 4
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Lorsque Michael Eisner décide que la compagnie Disney doit désormais envahir aussi les écrans de télévision au début des années 1980, je doute qu'il pense à ce moment là qu'une de ces toutes premières séries télévisées originales allait faire un carton planétaire dès sa première diffusion. La bande à Picsou avait pourtant tous les atouts déjà cachés dans sa manche pour s'assurer d'être un succès instantané. Déjà, alors qu'il a quasiment toujours été snobé en animation, parce que le personnage de Balthazar Picsou était déjà immensément populaire dans le milieu des comics américains, principalement porté par les histoires du tout aussi célèbre Carl Barks ! Or, quand on se penche sur sa fulgurante carrière en bande dessinée, tous les germes du succès s'y trouvent déjà : de l'exotisme, du mystère, des chasses au trésor autour du monde, de la fantaisie, une opiniâtreté sans faille, l'invitation aux voyages, des poursuites endiablés contre les Rapetou, Miss Tick ou même Gripsou ! Les folles aventures de l'archi-multi-milliardaire acariâtre au grand coeur ont conquis de nombreux adeptes, moi-même inclus puisqu'il s'agit vraiment de l'unique personnage issu de comics Disney pour lequel j'ai toujours énormément d'affection. Ironie du sort, je n'ai quasiment vu aucun épisode de La bande à Picsou (c'est toujours le cas aujourd'hui), n'étant pas un grand adepte du Disney Club à l'époque de sa diffusion, et ne suit tombé dedans qu'à travers le seul long métrage ! Il était donc tentant de revenir aux sources trois décennies plus tard en redécouvrant les tous premiers épisodes.

La bande à Picsou est incontestablement ce genre de séries universelles dont le succès repose généralement sur bien peu de choses. On en comptabilise au moins une par décennie, tous studios et origines confondues, et elles partagent toutes à peu près les mêmes bases qui en font leur succès. Généralement, chacune d'entre elles est dès le départ conçue spécifiquement à l'attention d'un jeune public, mais les propos, les personnages ou bien la qualité générale des intrigues parviennent à s'affranchir de ce carcan et toucher n'importe qui. Alors que chaque programme télévisé comporte souvent son lot de clivage au niveau des tranches d'âges, La bande à Picsou a été de celles qui ont réussies, en un tour de main, à réunir ensemble parents et enfants devant le poste de télévision, le bouche à oreille ayant ensuite fait le reste. Une chose est certaine cependant, Disney pense avoir sous la main une future série de qualité puisque la compagnie déploie le tapis rouge pour son lancement. Le soir du 18 september 1987, Disney consacre deux longues heures à la série (en réalité 1h40 de programme pour 20 minutes de publicités) en combinant ses cinq premiers épisodes pour former un téléfilm de lancement La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or .

Nous n'avons malheureusement jamais eu la chance de découvrir cette version long métrage en France, puisque ces épisodes ont été séparés et diffusés dans un total désordre à l'époque alors qu'ils introduisent l'univers de la série. Cependant, le téléfilm fut édité en VHS dans plusieurs pays, dont l'Argentine et le Brésil, ce qui permet de se rendre compte qu'assez peu de choses ont finalement été modifiées entre la version téléfilm et les épisodes autonomes. En gros, hormis deux trois nouvelles scènes de clôture avant le générique de fin (notamment celle fermant N'abandonnez pas le navire, créant un assez bizarre faux-raccord avec l'épisode suivant pourtant inexistant à l'origine), tout a été parfaitement conservé à l'identique. Pour autant, qu'on se le dise, contrairement à Super Baloo, Bonkers, de star à agent ou Le retour de Jafar qui sont nées de la même manière, La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or n'est pas vraiment un long métrage qui se présente sous la forme d'une grande intrigue unique. Tout au plus, un fil rouge relie bel et bien l'ensemble, mais l'intrigue a clairement été pensée dès le départ en cinq parties distinctes.

Canards en gelée est particulièrement représentatif de ce déséquilibre dans la mesure où son intrigue, qui propulse Picsou dans des terres du Grand Nord, semble totalement dissonante des quatre autres épisodes (N'abandonnez pas le navire, Fausse route vers fausse route, Les trois Canards du condor et La cupidité ne paie pas). Chacune des cinq "aventures" est surtout l'occasion de présenter l'univers progressivement. N'abandonnez pas le navire s'efforce de mettre en place le contexte, notamment le moment où Donald confie ses neveux à son Oncle Picsou. A ce sujet d'ailleurs, je n'ai jamais réellement compris pourquoi le célèbre canard colérique a été réduit à un personnage secondaire à l'époque, alors qu'il a toujours été un fidèle acolyte de Picsou dans les comics. L'intrigue de cet épisode prend le temps de présenter les motivations de chaque personnage, dont la toute nouvelle bande des Rapetou, avant qu'un indice menant à un trésor ne soit découvert. Fausse route vers fausse route met en place la rivalité légendaire de Picsou et Gripsou, l'antagoniste "miroir" en plus machiavélique de Picsou. Très similaire à l'approche narrative qui est en faite par Carl Barks dans les comics, l'affrontement finit évidemment par un gros revers de fortune pour chacun d'eux, même si Picsou réussit quand même à damer le pion à Gripsou d'une courte tête, disons plutôt d'un galion en or.

Episode "du milieu" Les trois Canards du condor mêle deux intrigues. D'abord la folle course aux galions d'or où Picsou et Donald doivent faire face à un étrange tribue d'Amérique Latine gouvernée par un étrange grand prêtre. L'autre partie introduit tous les personnages secondaires de La bande à Picsou. Le déjà connu Géo Trouvetou d'abord, inventeur excentrique à ses heures perdues, le tout nouveau pilote casse-cou qui se crashe plus vite que son ombre Flagada Jones, la nounou Mamie Baba qui ne se laisse pas démonter par Riri, Fifi et Loulou, ainsi que la jeune Zaza qui l'accompagne. Spécialement créée pour La bande à Picsou, Zaza a été intégrée dans la série pour que les jeunes spectatrices aient un personnage féminin à qui se raccrocher à l'époque, au sein d'un univers de canards finalement majoritairement masculin. Plus faire valoir qu'autre chose, Zaza reste un personnage assez anecdotique dans l'ensemble. Mais sa sensibilité et sa naïveté permettent souvent aux autres personnages de se dépatouiller de situations délicates, c'est d'ailleurs notamment le cas dans Canards en gelée, un épisode quelque peu hors sujet dans La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or , mais qui permet de mieux saisir la faculté de Zaza à se faire facilement des amis, rendant ce personnage finalement attachant malgré son côté très puéril.

La cupidité ne paie pas enfin, est le point final de l'aventure et probablement la meilleure partie de La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or . Tout y est réuni pour en faire une fiction télévisée palpitante et asseoir définitivement la légende de La bande à Picsou : un antagoniste sans foi ni loi, une course pour arriver en premier dans un temple prétendument recouvert intégralement d'or, les difficultés pour rejoindre sa localisation au milieu des dangers de la nature, la démesure du trésor découvert conduisant à une fièvre de l'or, les nombreux pièges diaboliques à déjouer pour espérer survivre à la découverte et l'ingénieux retournement de situation final, dans le pur esprit des aventures dessinées par Carl Barks ! C'est d'ailleurs probablement ce qui a fait le succès de la série au delà de La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or, une certaine forme de familiarité et un grand respect pour le personnage issu des comics américains que l'ont retrouve pratiquement inchangés dans cette première grande aventure animée.

Alors que déjà plus de trente années se sont écoulées depuis sa diffusion originale, il est presque étonnant de se rendre compte à quel point La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or fonctionne encore parfaitement aujourd'hui. Evidemment, l'ensemble a particulièrement vieilli, mais pas forcément dans le mauvais sens du terme. Si l'animation souffre de gros problèmes de fluidité et de cohérence visuelle, c'était malheureusement déjà le cas en 1987 et assez commun dans la plupart des séries télévisée animés de Disney de la période. A l'époque, Disney ne consacrait pas vraiment un gros budget à ses séries animées, le groupe préférait d'ailleurs généralement délocaliser la production de ses épisodes en Asie, moins cher et plus rentable. C'est justement le cas de La bande à Picsou, en tout cas pour ces cinq premiers épisodes, qui furent animés par le studio Wang Film Productions à Taiwan.

Pour autant, on se rend compte très vite que La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or n'a jamais été prévu pour former un long métrage. La qualité visuelle, comme narrative, de chacune des cinq parties manquent cruellement de cohérence. Il y a des hauts et de bas entre chaque épisode, principalement parce qu'ils n'ont pas tous été réalisés par les mêmes équipes. L'épisode d'ouverture, du milieu et de clôture ont ainsi été réalisés par Alan Zaslove, on remarque d'ailleurs une certaine uniformité de ces trois épisodes. La deuxième partie a, elle, été réalisée par Steve Clark, quand à la quatrième partie, elle a été réalisée par Terence Harrison. Seule celle de Steve Clark parvient à peu près à "rentrer dans le moule" narratif des trois autres, contrairement à l'aventure en terres gelées proposée par Terence Harrison, clairement hors de propos dans cette grande chasse au trésor qui se déroule principalement en Amérique Latine.

A défaut d'être une oeuvre d'introduction irréprochable, La bande à Picsou - Le trésor des soleils d'or compense cependant entièrement ses défauts par une incroyable énergie, c'est fun, c'est drôle et, ceci, dès que le générique commence via son énergique et indémodable chanson culte. C'est d'ailleurs ça qui fait toute la différence, même si l'on ne peut nier les défauts parsemés dans chaque épisode, on est tellement happé par ce qu'il se passe à l'écran qu'on pardonne absolument tout à La bande à Picsou. On saluera également l'excellente qualité du doublage français (qui fait d'ailleurs régulièrement allusion à Donaldville et non Canardville contrairement au générique), malgré le nombre réduit de comédiens, notamment le regretté Philippe Dumat sur Picsou. Il était donc tout naturel que cette série devienne un succès mondial et un vrai phénomène de société, à tel point que, même trente ans plus tard et un reboot passé par là depuis, personne n'a jamais réussi à l'oublier.

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20 septembre 2019 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1988)

Balthazar Picsou : Philippe Dumat 1

Donald : Michel Elias 1

Riri, Fifi et Loulou : Martine Reigner 1

Arsène : Roger Carel 1

Femme scout : Claude Chantal 2

Femme aux fromages : Séverine Morisot 2

Chauffeur de taxi : Laurent Hilling 2

Employé sifflant en travaillant : Jean-Claude Donda 2

Rapetou 761-176 : René Bériard 2

Rapetou 167-671 : Jean-Claude Donda 2

Rapetou 716-167 : Michel Elias 2

Gardien de prison : Laurent Hilling 2

Collecteur de fond pour milliardaires ruinés d'Amérique : Jean-Claude Donda 2

Canard collecteur : Laurent Hilling 2

Castor Senior : Laurent Hilling 2

Captain L : Michel Elias 2 (Partie 1 et 5)

Captain L : Laurent Hilling 2 (Partie 2)

Journaliste TV : Roger Carel 2

Cameraman : Laurent Hilling 2

Gripsou : Roger Carel 1

Gripsou : Philippe Dumat 3 (Dernière scène avec le personnage uniquement)

Assistant de Gripsou : Laurent Hilling 2

Pilote automatique : Roger Carel 2

Vendeur mexicain : Laurent Hilling 2

Mademoiselle Patrouilla Base : Claude Chantal 2

Nounou qui s'enfuit : Séverine Morisot 2

L'antiquaire : Laurent Hilling 2

Mamie Baba : Claude Chantal 2

Zaza : Séverine Morisot 2

Géo Trouvetou : René Bériard 1

Flagada Jones : Jean-Claude Donda 2

Lieutenant de la Marine : Laurent Hilling 2

Joaquín, arrière grand prête du soleil : René Bériard 2

Grand Chef : Michel Elias 2

Skitty : Claude Chantal 2

Maman de Skitty : Séverine Morisot 2

Maire Pingouin : Michel Elias 2