Tous en scène 2 / Chantez ! 2 : Quelques informations

Tous en scène 2 sort en France le 22 décembre 2021 au cinéma, tandis que le film, intitulé Chantez ! 2, sort le 7 février 2022 au Québec. Il dispose de deux doublages francophones.

Comme c'était déjà le cas dans le premier film, l'intégralité des numéros musicaux du film ont été conservés en version originale, aussi bien au Québec qu'en France dans le respect des langues originelles des chansons utilisées dans le film. Aucune d'entre elle n'est sous-titrée, mais cela ne gêne en rien la compréhension du film.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Une célèbre découvreuse de talent, qui assiste à la dernière super-production musicale du Nouveau Théâtre Moon, décrète qu'aucun membre de la distribution n'a le talent nécessaire pour devenir des icones mondialement connues. Buster Moon étant persuadé que sa troupe a pourtant le talent nécessaire, il décide de participer au célèbre casting musical organisé à la Crystal Tower de Redshore City. Toutefois, son célèbre propriétaire n'est pas du tout intéressé par ce projet. A la suite d'un quiproquo, le nom de Clay Calloway, ancienne vedette du rock vivant désormais à l'écart de la société, est prononcé. Bien qu'il ne le connaisse pas, Buster Moon promet alors que ce dernier fera parti du spectacle. Encore faut-il réussir à le convaincre...

Analyse de l'oeuvre 2
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En 2017, Illumination Entertainment produisait un long métrage animé relativement inédit dans son contenu dont le principe reposait, plus ou moins, sur la même idée ingénieuse que la comédie musicale populaire Mamma Mia!. Cette dernière détournait les chansons les plus populaires du groupe suedois ABBA en les organisant de manière très cohérente autour d'une grande intrigue qui faisait parfaitement le lien entre toutes les paroles des chansons. Tous en scène faisait un peu la même chose, mais cette fois en réunissant d'innombrables tubes, anglophones pour la grande majorité, issues de tous les grands artistes musicaux des cinquante dernières années, ce qui rapprochait son concept de la série télévisée Glee. Illumination Entertainment avait d'ailleurs frappé fort en annonçant à l'origine du projet pas moins de 85 chansons même si, au final, un tiers d'entre elles fut finalement remisé au placard. Malgré cela, cela n'en restait pas moins un exploit, totalement inédit dans le monde de l'animation à la vue des importants frais de droits d'auteur que cela représentait. Et comme le succès de Tous en scène fut à la hauteur des espérances du studio, il a quasiment immédiatement été décrété qu'une suite allait bientôt pointer le bout de son nez. Nous sommes dans une ère où il est capital pour les studios d'animation de rentabiliser au maximum tout long métrage qui a du succès, ce qui les transforme en franchise. Quatre ans plus tard, Tous en scène 2 est arrivé sans surprise.

Tous en scène était un film extrêmement brouillon, je m'étais littéralement ennuyé pendant les deux tiers de l'intrigue. L'enchaînement des divers tubes était très maladroit et, à moins d'en être fans, ils n'apportaient pas vraiment grand chose au récit. Cependant, le long métrage se rattrapait à la balustrade lors de son sprint final en réussissant enfin à concilier des personnages forts, des chansons bien choisies, une mise en scène brillante et, surtout, une bonne grosse dose d'émotions. Durant les trente dernières minutes, on en oubliait totalement tout ce qui avait précédé et on se laissait enfin happer par l'univers. On ressortait inévitablement de la séance le coeur en fête. Un détail, de très grande importance, qui fait malheureusement défaut à Tous en scène 2. Si le long métrage reprend, dans les grandes lignes, à peu près la même intrigue que le premier film, Tous en scène 2 rate complètement le coche en oubliant complètement l'aspect émotionnel en lâchant dans la nature, presque sans filet de sécurité,  ses personnages autrefois si forts. Certes, on retrouve la plupart de ceux qu'on avait aimé découvrir sur la scène finale au théâtre, mais ils sont ici lâchés dans une intrigue qui ne les inclut pas vraiment. Chacun d'entre eux en est réduit à de la figuration de luxe, dans un improbable bricolage de scénettes éparses qui n'apportent aucune consistance au récit global. Que ces scènes n'aient pas été présentes que cela n'aura au final rien changé. Pire, là où chaque personnage avait évolué, pris du galon et de la maturité à la fin de Tous en scène, tous ont désormais regressé à un stade inférieur dans Tous en scène 2. Même le seul personnage le plus intéressant de l'oeuvre, à savoir Clay Calloway, change de mentalité avec une telle désinvolture que ça en gâche tout son potentiel initial.

Comble de l'ironie, alors que Tous en scène 2 ne peut exister sans elles, la majorité des chansons du film sont affreusement mal exploitées à l'écran. Si Tous en scène avait une approche très brouillonne quand il s'agissait de les inclure au récit, même s'il y avait ce côté irrémédiablement festif, Tous en scène 2 c'est de la mélasse en comparaison. Aucun titre n'apporte quoi que ce soit aux scènes dans lesquelles elles apparaissent. Pire, plusieurs moments du film sont inutilement étirés en longueur (la séquence du casting par exemple) au point de rendre leurs apparitions particulièrement épuisantes et lassantes. Un comble pour un long métrage animé censé faire danser et chanter son auditoire à l'unisson. De fait, on a beau tenter de s'accrocher aux branches, on ne parvient pas à trouver la moindre raison valable de ne pas lâcher prise. Tous en scène 2 s'avère d'un ennui mortel, dont les enjeux scriptés sont tellement prévisibles qu'on en souffle d'exaspération à chaque seconde en espérant que le film arrivera, peut-être, à réitérer l'exploit que représentait le final du premier opus. Malheureusement, cela n'arrive jamais. Ne lui reste alors que son dernier et unique atout : ses graphismes. Tous en scène 2 est très beau, c'est une certitude. Mais n'ayant ni une dimension foffole, comme le faisait le deux opus des Trolls, ni un récit qui justifie la présence d'autant de chansons, qui arrivent toutes comme un cheveux sur la soupe, Tous en scène 2 accumule tous les mauvais points. Et si jamais on est fans de la plupart des tubes entendus dans le film, écouter la bande originale toute seule sera autrement plus gratifiant que de devoir se farcir à nouveau le long métrage. C'est vraiment regrettable.

Vous le savez sans nul doute déjà, je n'ai jamais vraiment porté Illumination Entertainment dans mon coeur car je le place en successeur malheureux de la mauvaise période potache de Dreamworks Animation. Pour autant, à quelques rares occasions, il m'est arrivé d'être quand même agréablement surpris. Tous en scène était une exception à la règle, exclusivement par l'ingéniosité de son grandiose final qui me permettait d'occulter totalement tout ce qui précédait. Tous en scène 2 ne contient aucune grande scène aussi puissante, et cela, à aucun moment du film. Le long métrage semble vouloir caser le même déroulé et les mêmes scènes par rapport au premier film, mais en le faisant sans imagination, sans émotion, ni chercher à transfigurer l'expérience précédente. Tous en scène 2 se contente juste de cocher ce qui fait le succès de son aîné, mais oublie totalement de se renouveler et, surtout, de faire mieux. Malheureusement, c'est tout le contraire qui se produit, en voulant se contenter de faire au moins pareil, il donne surtout l'impression d'être bien pire.

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25 février 2022 par Olikos