Dinotopia - À la recherche de la pierre solaire : Quelques informations

Dinotopia - À la recherche de la pierre solaire est un téléfilm animé, qui fait suite à la saga Dinotopia produite par Hallmark Entertainement, paru aux Etats-Unis en 2005, mais commercialisé seulement quatre ans plus tard en France, directement en DVD par Universal, le 03 février 2009. Sa sortie au Québec est inconnue, tout comme son éventuel doublage localisé. De fait, il n'existe a priori qu'un unique doublage français pour ce téléfilm. A noter que, dans le doublage original, c'est Alissa Milano qui prête sa voix à 26.

Il est important de relever une erreur manifeste dans le choix du titre français du film. La pierre solaire et la pierre rubis sont deux choses totalement différentes, la première est une pierre magique bénéfique d'où est tirée l'énergie à Dinotopia, tandis que l'autre est un objet très dangereux qui anihile les pouvoirs de la première, c'est d'elle qu'il est question dans ce téléfilm. De fait, pour être logique avec l'histoire proposée par ce téléfilm, la traduction du titre aurait plutôt du être Dinotopia - À la recherche de la pierre rubis.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Un jeune garçon en mal d'aventure quitte un soir sa chambre d'orphelinat pour découvrir le monde. Se rendant au port, il se glisse discrètement dans un canneau de sauvetage. Mais une terrible tempète le précipite à la mer et il finit par échouer sur une étrange île peuplée de dinosaures qui parlent...

Analyse de l'oeuvre 2
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Le nom de Dinotopia est resté, aux yeux du grand public, une production Disney alors qu'elle n'en a jamais été une. Une confusion qui est d'abord née de l'association de la chaîne américaine ABC, appartenant au groupe Disney, qui diffusa aux Etats-Unis la mini-série de 2002, constituée de trois épisodes d'une heure et demi, dans le cadre de son émission The Wonderful World of Disney et, ensuite, par la présence de nombreux éléments de décors et accessoires de tournage dans le parcours scénique de Studio Tram Tour, l'attraction qui vient de fermer définitivement ses portes tout récemment à Disneyland Paris. Dès son ouverture, on avait ainsi le plaisir d'y voir quelques modèles d'animatroniques ainsi que la devanture, grandeur nature, de la salle du conseil de Waterfall City. A sa grande époque, et avant que son parcours ne soit entièrement revu par la nécessaire extension du parc Walt Disney Studios, on avait aussi le plaisir de traverser le département des costumes de Disneyland, où étaient exposés de belles pièces provenant de Dinotopia mais aussi de Le monde de Narnia, notamment le beau costume vert émeraude de Lucy, quand j'avais fait l'attraction à cette époque. Toujours est-il que dans l'inconscience collective, Dinotopia est resté inconsciemment associé à Disney depuis tout ce temps.

A l'origine pourtant, Dinotopia est avant toute chose une grande saga littéraire, d'abord née sous la plume de l'illustrateur américain James Gurney dans quatre livres illustrés pour la jeunesse publiés dès 1992, confortée ensuite par la publication de seize nouvelles et deux romans en collaboration avec divers auteurs, qui ont considérablement étoffé la mythologie du paradis utopique où hommes et dinosaures vivent en harmonie dans un coin reculé, et normalement inaccessible, de la Terre, un peu à la manière de la légende de Shambhala. Au début des années 2000, c'est Hallmark Entertainement qui récupère finalement les droits d'adapter l'intrigue pour produire une mini-série mettant en scène entre autres, Wentworth Miller (Prison Break), Tyron Leitso (Les vies rêvées d'Erica Strange), Alice Krige (Silent Hill) ou encore Jim Carter (Le désormais célèbre majordome Carson dans Downton Abbey). Grand succès critique et public à l'époque, je ne l'avais personnellement pas du tout apprécié car la mini-série ne décrivait pas réellement une utopie paradisiaque mais bien plus un endoctrinement sectaire puisque les divers protagonistes de Dinotopia faisait tout leur possible pour broyer psychologiquement David et surtout Karl en l'obligeant, de force, à étouffer toute forme de rébellion et son libre arbitre. Cette fameuse scène où Rosemary impose à tous une longue méditation spirituelle, où les dinosaures prenaient part à un étrange rituel mystique brisant toutes les barrières psychologiques de Karl, m'avait particulièrement choqué et me choque toujours autant aujourd'hui.

Succès public aidant, Hallmark Entertainement décide dès 2002 de lancer la production d'une série télévisée mais avec un budget nettement moins confortable et sans la distribution originale. Bien que celle-ci a été, souvent à raison, conspuée par le plus grand nombre, ma préférence pour la saga a toujours penché pour celle-ci, notamment parce que la série remettait complètement en cause l'idée de la philosophie dinotopienne si "parfaite" grâce à la présence de renégats vivant à l'écart des autres. Bien que la plupart des épisodes soient de qualité très inégale, avec des scripts ne volant jamais bien haut, la série télévisée avait l'avantage de mieux explorer Dinotopia et remettre en cause de nombreux acquis de la mini-série. Ce coin reculé dans l'espace-temps n'était donc pas un paradis aussi idyllique que ce que la famille Waldo tentait de nous forcer à croire auparavant. Cependant, entre le changement de tous les acteurs, le budget dérisoire, la qualité des dialogues parfois discutable, les décors en carton pâte, et les audiences en chute libre, le couperet finit par tomber et la série est déprogrammée au bout de six épisodes seulement, sur les treize tournés. Plus grave encore, hormis pour son unique diffusion anglaise, les trois derniers épisodes de 45 minutes vont être entièrement remaniés pour former un unique téléfilm de 1h30 distribué comme tel dans le reste du monde, à la télévision comme en DVD. J'ignore d'ailleurs toujours aujourd'hui ce que contiennaient toutes les scènes supprimées des trois épisodes originels.

Malgré l'écroulement des audiences et la déprogrammation précipitée, Hallmark Entertainement croit pourtant toujours au potentiel de la saga littéraire. La société de production américaine décide donc, tout bêtement, d'attaquer la licence par le biais de la jeunesse, historiquement le public initial de la saga Dinotopia. Ainsi naît le téléfilm animé Dinotopia - À la recherche de la pierre solaire. Prenant la forme d'un soft reboot, c'est à dire une production qui ne renie pas totalement les productions antérieures, mais se déroulant dans une continuité en partie différente, le téléfilm prend place environ une quinzaine d'années après les évènements de la série télévisée. Pour une raison assez mystérieuse, le gentil dinosaure 26 est propulsé en tête d'affiche de l'intrigue mais en passant totalement sous silence les familles Scott et Waldo, peut-être s'agit-il là tout simplement d'une question de droits (car tout laisse à penser que le nouveau personnage de John est en réalité Karl, mais sous une autre identité). Pour former une équipe du tonnerre qui déboite, 26 se voit adjoindre un jeune orphelin, Max, échoué tout récemment sur l'île de Dinotopia avec son skateboard (ce qui le rend "cool"), ainsi que la jeune écologiste en herbe Mara (Vive les clichés). En face d'eux, deux dinosaures imbéciles, Rhoga et Thudd vont, par la force de leur incommensurable bêtise, libérer le puissant Ogthar qui, grâce à la magie d'une mystérieuse pierre rubis et une armée de mecha-dinosaures très perfectionnés, va tenter de détruire Dinotopia. Oui, oui, c'est aussi tarabiscoté que vous le supposez !

En mettant de côté toute la mythologie de la saga, Dinotopia - À la recherche de la pierre solaire ressemble à un improbable mélange entre les aventures vidéos nanardesques du Petit Dinosaure, croisées avec l'improbabilité technologique et magique de Les quatre dinosaures et le cirque magique, le tout saupoudré de la cool attitude ringarde de Denver, le dernier dinosaure. Bref, le rendu global du téléfilm est déjà très très très bizarre sans y accoler la mythologie de Dinotopia. Si on en tient compte cependant, telle qu'elle fut abordée dans la mini-série et la série télévisée (je ne connais pas la saga littéraire), on se retrouve vite devant une oeuvre vraiment boiteuse dans son approche, même si la technologie moitié-magique, moitié-mécanique n'est pas totalement incohérente, puisqu'il est bien spécifié dans la série télévisée que Dinotopia avait bien connu une ère industrielle, durant la période supposée où Ogthar avait débarqué sur l'île, mais qui s'est cependant révélée désastreuse au point que tout le monde a décidé d'abandonner les technologies avancées et l'électricité. Il n'empêche, entre une mini-série et une série télévisée fantastiques puis une version animée mettant en scène des robots préhistoriques, la pillule a quand même beaucoup de mal à passer.

Visuellement, Dinotopia - À la recherche de la pierre solaire n'est pas moche à regarder, mais le téléfilm souffre franchement d'une animation parfois douteuse, à commencer par Max lui-même. A se demander comment une telle hérésie a pu passer toutes les étapes de validations d'animation, le jeune garçon a notamment reçu la physionomie d'un orang-outan ! Pour être plus clair, le jeune adolescent semble définitivement court sur pattes, à la manière d'un Teckel, puisque le rapport entre le haut de son corps (de la ceinture jusqu'à la tête) est deux fois plus importante que ses jambes ! Du coup, il n'est pas rare de rester interloqué devant sa manière de bouger tant cela paraît incongru, même aux yeux d'un profane. Pour le reste, le téléfilm se rapproche énormément de ce que propose les diverses suites de la saga vidéo du petit dinosaure parue à la même époque, mais avec des humains en supplément. On se trouve donc devant des arrières plans plutôt potables devant lesquels s'animent des personnages nettement plus douteux.

Lorsque Dinotopia - À la recherche de la pierre solaire se termine, on est forcément soulagé, sans pour autant aller jusqu'à dire que c'était un supplice. Cela reste globalement bien moins idiot que de nombreuses productions de Crest Animation. Par contre, un constat s'impose immédiatement dès que le générique se lance, le téléfilm a surtout été conçu pour former une sorte de pilote test à une série animée qui a finalement avortée, car il est parfaitement évident que le sort final de Ogthar est volontairement laissé dans le vague. Contrairement à la majorité des grands méchants de films animés qui hurlent tous leurs poumons quand survient le moment de leur trépas, celui-ci est équipée d'une grande armure protectrice qu'il active avec un sourire en coin explicite rendant sa possible survit tout à fait plausible. Dans les faits cependant, face à l'indignation du public, l'aventure animée Dinotopia s'est finalement achevée à cette unique, et à ce jour ultime, aventure. Ce qui n'est vraiment pas plus mal.

Social eXpérience

24 janvier 2020 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2005 ou 2009 ?)

La liste des comédiens francophones n'est pas spécifiée, cependant, comme on reconnait très facilement Aurélien Ringelheim1 (Max), Guylaine Gibert1 (Rhoga) et Jean-Marc Delhausse1 (Ogthar), tout laisse à penser que le doublage a été réalisé par la même équipe belge qui s'occupe de la série animée Pokémon.