Détective Conan - Le gratte-ciel infernal / Compte à rebours dans un gratte-ciel /

Le gratte-ciel à retardement : Quelques informations

Détective Conan - Le gratte ciel infernal, également connu sous les titres Compte à rebours dans un gratte-ciel, ainsi que Le gratte-ciel à retardement, est le premier long métrage inspiré du manga créé par Gosho Aoyama. Il sort au Japon le 19 avril 1997 au Japon. Il faut attendre le 19 septembre 2007 pour que le film soit commercialisé en DVD par Kazé pour la première fois, accompagné d'une version française, puis le film ressort exclusivement en version originale sous-titrée le 31 janvier 2020, en même temps que les 16 premiers films, en Blu-ray et DVD via l'éditeur Black Box. A l'heure actuelle, le film reste inédit au Québec.

N.B. : Si l'envie vous en prend d'alterner la lecture du manga avec les films, sans tenir compte de la série télévisée, j'ai établi une Chronologie Films / Mangas à laquelle vous pouvez vous référer afin d'y placer ce film de manière optimale.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Ayant évité de peu la mort à la suite de l'ingestion d'un poison expérimental, Shinichi Kudo est retourné à l'âge de son enfance. Pour éviter de mettre en danger ses proches, il s'est inventé l'identité secrète de Conan Edogawa. Lorsque sa version adulte reçoit une invitation pour participer à une grande fête organisée par un célèbre architecte de Tokyo, il est obligé de demander à Ran de s'y rendre à sa place, en compagnie de son père, le célèbre détective Kogoro Mouri. Mais il n'imagine pas que sa décision d'y participer aussi, sous les traits de Conan, le place sur la route d'un mystérieux poseur de bombe qui menace l'intégralité de la ville...

Analyse de l'oeuvre 4.5
4.55

Shinichi Kudo est un brillant élève de Première au lycée Teitan de Beika au Japon. Fils d'un brillant écrivain de romans policiers et d'une célèbre actrice de cinéma, il a deux passions dans la vie : le football et, surtout, la résolution des affaires de meurtres, car c'est un brillant détective. Un jour, alors qu'il s'amuse dans le parc d'attraction Tropical Land avec son amie d'enfance Ran Mouri, il est témoin d'une transaction douteuse. Trop absorbé par cet échange, Shinichi est frappé par derrière par un mystérieux homme habillé en noir. Afin de se débarrasser du témoin gênant, celui-ci lui fait avaler un poison expérimental. Mais au lieu de le tuer, la substance déforme son ADN et lui fait retrouver l'âge de son enfance. N'ayant plus aucun repère, ni personne à qui avouer la vérité, il va finir par se confier au voisin de sa famille, le professeur Hiroshi Agasa. Génial inventeur, quoi qu'un peu farfelu, celui-ci va conseiller à Shinichi de se forger une nouvelle identité. Suite à l'apparition impromptue de Ran, il improvise le pseudonyme de Conan Edogawa, en hommage aux auteurs Arthur Conan Doyle et Edogawa Ranpo dont il se passionne pour leurs ouvrages policiers. Désormais, il est aux yeux de tous un jeune garçon de six ans qui va tout faire pour démasquer dans l'ombre cette mystérieuse organisation qui l'a fait rétrécir. Et pour cela, quoi de mieux que de s'installer chez Kogoro Mouri, le père de Ran, un ancien inspecteur de police reconverti en minable détective privé ?

C'est ainsi que commence l'intrigue de Détective Conan, un manga écrit par Gosho Aoyama dont la publication a commencé en 1994 et se poursuit encore aujourd'hui, plus de 26 ans plus tard ! Une longévité forcément exceptionnelle - le manga a déjà largement dépassé son millième chapitre (soit plus de 15'000 pages !), il s'agit d'ailleurs du 5e manga japonais le plus lu au monde - qui s'explique en grande partie par une qualité d'écriture extrêmement soignée, des histoires accessibles aussi bien aux enfants et aux adultes, des jeux de mots ou des situations cocasses qui font rire, des personnages particulièrement savoureux et, plus particulièrement, un aspect extrêmement réaliste dans les enquêtes. Car, hormis le rétrécissement un peu « magique » du héros du récit, Gosho Aoyama a toujours su réaliser des histoires extrêmement cohérentes, crédibles et réalistes car il prend le temps de se documenter très méticuleusement. Cela lui permet de construire des mises en scène de crimes absolument imprévisibles, le plus souvent en chambre close, un peu comme celle que propose Agatha Cristie dans Le Noël d'Hercule Poirot. Le succès immédiat de Détective Conan conduit naturellement TMS Entertainment Ltd a mettre en chantier une série télévisée dès le 8 janvier 1996, dont le succès ne fera qu'accroître la renommée de Shinichi/Conan. Si la série s'avère plus ou moins dispensable en terme de contenu narratif pour ceux ayant en possession le manga (la série adapte toutes les enquêtes majeures du manga, en y ajoutant des fillers inédits pour combler les manque), ce n'est pas totalement le cas pour les longs métrages dont la lignée cinématographique débute le 19 avril 1997 par Le gratte ciel infernal.

Ma relation avec Détective Conan n'est finalement que très récente. Je n'ai réellement fait l'intime connaissance de Shinichi Kudo que très tardivement. Certes, la première fois a eu lieu il y a douze ans, en août 2008, lorsque France 3 avait diffusé la série télévisée en version censurée. Elle m'avait particulièrement marquée, mais je l'avais plus ou moins oubliée... jusqu'en 2015 ! Me posant la question sur ce qu'était devenue cette série, dont seul un misérable coffret de 40 épisodes avait été commercialisé, je découvrais qu'il existait une série de longs métrages dont les cinq premiers avait été édités par Kazé en France. Je me suis alors empressé de les découvrir, quasiment les uns à la suite des autres. Ressortant totalement enchanté, j'ai alors poursuivi avec les 14 volets supplémentaires traduits par des fans, toujours avec le même enthousiasme malgré les innombrables fautes d'orthographe. Car chaque nouveau volet cinématographique surpasse presque systématiquement son aîné. Totalement subjugué par l'expérience, je décidais alors de me procurer le manga. L'investissement était considérable : à ce moment là, pas moins de 86 volumes étaient déjà parus en France dans le commerce. Sauf que j'avais malheureusement mis les pieds dans l'engrenage, happés par les premiers volumes achetés à prix cassés au format numérique, je n'arrivais plus jamais à lui échapper ensuite. Il faut dire que le confort de Détective Conan au format XXL était tel (sur une tablette de 12 pouces c'est 2,5 fois plus grand que le manga, le gain du détail est indéniable !) et l'habileté des divers meurtriers à tenter de dissimuler leurs crimes tellement fascinantes à suivre dans leur résolution, que je n'ai plus jamais réussit à échapper au petit détective.

Si la découverte du manga fut longue (près de 2 ans pour en voir le bout), la découverte du manga avait cependant attisé ma curiosité à revoir les films sous un nouvel angle. Tous les longs métrages de Détective Conan peuvent, dans leurs grandes majorités, se comprendre sans rien connaître de l'univers du personnage, Le gratte ciel infernal n'y échappe évidemment pas. Chaque long métrage a cela de pratique de présenter, systématiquement en ouverture, un bref résumé du contexte dans lequel va se dérouler le film. On y présente de manière brève, mais efficace (sur un remix chaque fois différent de "Kimi Ga Ireba", le thème musical principal de Détective Conan), les personnages et autres gadgets que Conan sera amené à utiliser durant son enquête. Une fois ce rapide segment visionné, n'importe qui est normalement capable de comprendre tous les aboutissements de l'intrigue. Par contre, ceux qui connaissent les affaires dessinées par Gosho Aoyama ont un avantage certains sur les autres, découvrant des éléments inédits ou passés sous silence par l'auteur. Depuis les origines, et de plus en plus fréquemment ces dernières années, manga, série télévisée et films sont en effet subtilement interconnectés entre eux. Même si les longs métrages sont, de base, déjà très agréables à regarder en simple spectateur, la connaissance du manga est incontestablement une grosse valeur ajoutée.

Pour en revenir à Le gratte ciel infernal qui nous intéresse particulièrement ici, ne pas connaître ni le manga, ni la série télévisée, n'est absolument pas préjudiciable pour le néophyte. Bien au contraire, ce premier long métrage d'une longue lignée cinématographique est une grande porte d'entrée ouverte pour tous les néophytes. J'en sais quelque chose puisque j'en suis moi-même passé par là. Si rien n'est évidemment meilleur à voir que les tous premiers volumes du manga ou les tous premiers épisodes de la série télévisée pour bien cerner le mystérieux "rajeunissement" de Shinichi Kudo, Le gratte ciel infernal a quand même la très bonne idée de réintroduire, disons plutôt de présenter à nouveau les différents protagonistes de l'univers de Détective Conan d'une manière vraiment très convaincante. Pour y parvenir, Le gratte ciel infernal a la riche idée de mettre Shinichi au coeur même du scénario, alors que celui-ci ne peut évidemment pas être "physiquement" présent à l'écran. C'est en effet au détour d'un banal courrier où il est invité par un éminent architecte que tout le reste du scénario va découler. Sa décision d'envoyer Kororo Mouri à sa place, anodine mais assouvie d'une trop forte curiosité, au lieu de poliment la décliner, va d'ailleurs précipiter les évènements jusqu'à placer involontairement Ran en pleine ligne de mire. Shinichi va ainsi devoir affronter son propre passé, ironiquement sous les jeunes traits de son visage d'enfant sous le pseudonyme de Conan. Car même si son cerveau a rétréci, ses capacités intellectuelles restent toujours les mêmes !

Quel que soit la média par lequel on l'aborde, Détective Conan est avant tout le reste une saga policière, dans la droite lignée de Sherlock Holmes (d'ailleurs porté aux nues par Shinichi), de Hercule Poirot ou même de l'inspecteur Colombo. Pour autant, Gosho Aoyama offre aussi une comédie légère, souvent enjouée, qui détonne avec la brutalité des divers scènes de meurtres (un peu plus édulcorée aujourd'hui qu'au tout début). Il livre également une panoplie de personnages emblématiques, aux comportements souvent réalistes, que l'on prend plaisir à retrouver d'une affaire à l'autre. C'est quelque chose d'assez inexplicable qui pousse à continuer à suivre ses aventures alors que, finalement, c'est quasiment toujours la même formule qui est pourtant appliquée. On pourrait ainsi citer comme parallèle la série américaine NCIS Enquêtes Spéciales qui partage finalement le même style d'ambiance, avec des intrigues reposant presque systématiquement des meurtres à chaque épisode, mais un fin dosage entre humour, personnages attachants et évolution constante de leurs relations, faisant en sorte qu'on continue de regarder, quitte à totalement décrocher quelques années et y revenir ensuite sans se retrouver complètement perdu. Détective Conan, c'est à peu près la même chose. Un adorable personnage qu'on peut perdre de vue mais qu'on est heureux de revoir même après une longue séparation. De fait, avec Le gratte ciel infernal on se retrouve en terrain connu, alors même que le film prend le temps de renverser la vapeur habituelle puisque, hormis la scène d'introduction, il n'est ici pas du tout question d'un crime à résoudre. L'ennemi est cette fois plus sournois, dissimulé dans l'ombre, car il ne rêve que d'assouvir une vengeance liée à un évènement passé où il a perdu tous ses rêves de gloire. Et il est prêt à tous les extrêmes pour assouvir sa sinistre besogne, quitte à prendre les habitant de la ville en otage !

Au niveau graphique, Le gratte ciel infernal est évidemment un brusque retour en arrière. Avec 23 ans dans le compteur, on est aujourd'hui tellement habitué aux traits plus vifs, plus rectilignes, parfois plus anguleux des dessins récents de Gosho Aoyama qu'on en oublie presque qu'à ses débuts, Détective Conan était surtout un manga dessiné tout en rondeur avec une caractéristique particulière très flagrante : les étonnantes "oreilles Dumbo" des personnages. Une caractérisque pas vraiment gênante dans le manga, mais qui avait été très largement amplifiée dans la série télévisée au point de se dire que leurs visages en étaient devenus bizarres. Même si l'équipe d'animation n'était pas totalement la même pour Le gratte ciel infernal et la série télévisée, synergie entre les deux médias oblige, les graphismes des deux oeuvres sont évidemment très semblables. Toutefois, comme il est de tradition dans toute production animée portée sur la grand écran, Le gratte ciel infernal se place quand même un cran au dessus de la série télévisée. L'ambiance et le format ne sont pas vraiment identiques, tout est évidemment démesuré dans un film afin que les spectateurs soient contents d'avoir payé leur place. Paradoxalement, Le gratte ciel infernal est un long métrage qui prend le temps de créer une vrai atmosphère de mystère. Certaines scènes peuvent paraître lentes alors qu'elles contribuent au contraire à donner des indices aux spectateurs, même si Conan réussit évidemment à comprendre bien avant tout le monde. L'une des caractéristiques récurrentes des longs métrages de la saga est de toujours proposer un rythme souvent posé, mais non dénué d'intérêt car il s'agit de résoudre une énigme, puis un soudain emballement, entrecoupé de très grosses scènes d'action jusqu'à la conclusion.

Au niveau de l'ambiance sonore, on retrouve le même compositeur que pour la série télévisée Katsuo Ono. Toujours en activité aujourd'hui, du haut de ses 80 ans, il est en effet associé à la saga depuis aussi longtemps que Gosho Aoyama. Il n'est donc pas très étonnant de retrouver de grandes similarités dans les compositions, à commencer par la toute première musique ouvrant le film qui est directement piochée dans la série et dont Katsuo Ono se sert pour effectuer la transition vers le cinéma avant de proposer des compositions originales spécialement composées pour le film. Tout du long, la bande originale sait soit se faire discrète soit se faire entendre, mais accompagne avec brio tout ce qui se passe à l'écran. Mention spéciale à l'apparition surprise de l'excellent morceau "Kimi Ga Ireba" aux deux-tiers du film, pile au moment charnière de l'intrigue quand celle-ci bascule vers sa dernière ligne droite. Concernant les voix françaises, la question fait débat, encore plus aujourd'hui puisque la récente réédition Blu-ray de Le gratte ciel infernal par l'éditeur Black-Box l'a fait passer à la trappe pour question de droits. Il y a d'abord ceux qui ne jurent que par la version originale, ceux qui ne jurent que pour les voix de la série télévisée, ceux qui auraient espéré que l'occasion était belle de faire un redoublage avec ces mêmes voix et enfin ceux qui regrettent la disparition pure et simple de toute version française. Une chose est vraie, les choix de doublages par AB pour la série et Kazé pour les cinq premiers films sont très différents. S'il est également vrai que la voix de Emmanuel Liénart collait parfaitement au dépravé Kogoro Mouri pour la série, ou que Marie-Line Landerwijn collait plutôt bien au personnage de Ran Mouri, la version française de Kazé reste quand même de qualité. Par exemple Claudine Gremy colle très bien à Conan, j'ai même une grande préférence pour Philippe Valmont pour Shinichi, plutôt que Bruno Mullenaerts. Le seul regret de la version Kazé est le peu de comédiens impliqués, certains devant se charger de plusieurs personnages à la fois.

Aujourd'hui, Le gratte ciel infernal semble au premier abord un peu vieilli, surtout vis à vis de ses grands frères plus récents devenus nettement plus énergiques que lui. Globalement, c'est faux car il reste encore très agréable à suivre, d'autant qu'il est encore un film d'animation conçu de manière traditionnelle, avec du papier, des crayons et des dessins, ce qui lui donne un cachet agréable et qu'il s'avère moins lisse, voire visuellement moins formaté que ses lointains successeurs. Pour ceux qui ne connaissent rien de l'univers, Le gratte ciel infernal est également une excellente première introduction à ce détective Conan inventé par Gosho Aoyama en 1994. Il faut dire aussi que le directeur du film, Kenji Kodama, est un habitué puisqu'il officie également sur la série et connait bien son sujet. Les personnages sont très bien caractérisés, l'intrigue immédiatement compréhensive et l'affaire captivante dès son amorce. En fin de compte, cet épisode introductif est un premier pas convainquant où sont distillés avec parcimonie les prémisses d'une riche saga cinématographique qui respectera ensuite ces premiers codes pour chacune de ses itérations suivantes, avec une montée en puissance rarement égalée dans le monde des sagas animées japonaises.

Social eXpérience

06 mars 2020 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2007)

N.B. : Ce doublage n'est actuellement plus commercialisé, ni exploité sur aucun support récent.

Conan Edogawa : Claudine Gremy 1

Shinichi Kudo : Philippe Valmont 1

Ran Môri : Nayéli Forest 1

Kogoro Môri : Gérard Malabat 1

Kohei Okamoto : Gérard Malabat 1

Juzo Megure : Cyrille Monge 1

Hiroshi Agasa : Cyrille Monge 1

Ninzaburo Shiratori : Jean-Yves Brignon 1

Sakaguchi : Jean-Yves Brignon 1

Sonoko Suzuki : Céline Rotard 1

Ayumi Yoshida : Constance Lecavelle 1

Mitsuhiko Tsuburaya : Cécile Berger 1

Genta Kojima, Teiji Moriya : Olivier Korol 1

Genta Kojima : Olivier Korol 1

Maire Okamoto : Jean-Marco Montalto 1

Kusunoki : Jean-Marco Montalto 1

Sources : 1 planete-jeunesse.com