Ferdinand : Quelques informations

Ferdinand sort en salle le 15 décembre 2017 au Québec, puis le 20 décembre 2017 en France. Il bénéficie de deux doublages francophones.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Ferdinand est un taureau au grand coeur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d'origine. Bien déterminé à retrouver sa famille et ses racines, il se lance alors dans une incroyable aventure à travers l'Espagne, accompagné de la plus déjantée des équipes !

Analyse de l'oeuvre 2.5
2.55

Le studio BlueSky nous avait jusqu'ici beaucoup mieux habitué lorsqu'il s'agissait de nous proposer une aventure originale éloignée de leur increvable, bien que sympathique, saga L'âge de glace. Mais cette fois, Ferdinand ne semble à aucun moment savoir sur quel pied danser. Tantôt il semble être anti-corrida, tantôt il semble être pro-corrida, tantôt il est émotif, tantôt il est soporifique, tantôt il s'adresse aux adultes, tantôt il s'adresse aux bambins. Bref, Ferdinand ressemble à une grosse baudruche qui se gonfle et se dégonfle, emplissant quelques petites scènes intéressantes par énormément de vide. Walt Disney l'avait compris à l'époque, un court-métrage suffisait largement pour adapter ce conte pour enfant écrit en 1936 par Munro Leaf. BlueSky tente d'étoffer un récit qui n'en avait pas besoin, en parsemant le long métrage de séquences inutiles, de personnages peu charismatiques, voire débiles, et de chansons pop pratiquement toutes hors de propos. En réalité, si ce n'est son bel aspect graphique, Ferdinand ne parvient à être sympathique que grace à quelques gags réussit. Une bien maigre consolation, et certainement pas le meilleur représentant du genre, pour ce premier film d'animation paru juste au moment du rachat des actifs de 20th Century Fox par Disney.

Ferdinand le taureau est probablement l'un des courts métrages les plus connus par le grand public, quand bien même une grande majorité ne sache même pas qu'il ai été produit par Disney en 1938. Un peu comme la célèbre chanson Qui a peur du grand méchant loup ? passé à la postérité et dans l'inconscient collectif depuis une éternité. La majorité d'entre vous doit probablement déjà connaître la teneur de l'histoire proposée par Ferdinand sans même avoir regardé la bande annonce. Car au-delà de ce court métrage, le personnage de Ferdinand est également plus ou moins apparu sous de nombreuses formes et variantes, notamment en bande-dessinée, y compris chez Disney où une espèce un peu plus belliqueuse est opposé à Donald Duck, avant que ces derniers finissent par s'allier et... renifler des fleurs ensemble ! Pour ceux qui ne le connaîtrait pas, il s'agit simplement d'un récit mettant en scène un taureau dont la seule préoccupation dans la vie est de humer le parfum des fleurs. Suite à un malheureux hasard, il est envoyé dans une arène pour y affronter un matador, qu'il finit par humilier par son profond désintérêt pour la corrida, avant d'être relâché dans la nature. Ferdinand propose exactement la même histoire, mais en l'étirant à l'excès, par d'innombrables scènes inutiles. Le long métrage perd donc irrémédiablement ses spectateurs, jeunes comme moins jeunes, à un rythme plus élevé que son récit qui ne progresse pas.

S'il n'y avait pas de-ci de-là quelques scènes amusantes pour réveiller les spectateurs apathiques, Ferdinand se révèle pratiquement ennuyeux d'un bout à l'autre, à tel point qu'on regarde régulièrement sa montre en se demandant depuis combien de temps on espère voir le récit décoller. Inutile d'ailleurs d'espérer que vos bambins soient captivés par l'intrigue, tant celle-ci s'avère mollassonne au possible, ils vont très vite ne plus tenir en place dans leur siège et le moment de détente en famille risque de trop vite tourner court. C'est d'autant plus regrettable que Ferdinand est un film visuellement agréable à regarder, même si, là encore, BlueSky est dans un malheureux entre-deux. Parfois le film s'avère très léché puis, soudain, il propose des personnages complètement ratés tout droits sortis d'une mauvaise série animée destinés aux tous-petits. Par exemple, si certains personnages humains sont globalement réussit, comme certains taureaux, d'autres, comme les hérissons ou le matador sont de purs appels aux jouets en plastiques car ils ne dégagent absolument aucune âme. On retrouve également ce même déséquilibre du côté de la bande originale, qui mèle musiques d'ambiances et tubes pop sans grand intérêt.

Ferdinand déçoit donc énormément car on ne sait vraiment pas à quelle cible il s'adresse. En voulant être convenable pour tout le monde dans son approche de la corrida, ni pour, ni contre, afin d'éviter les polémiques, le long métrage se perd dans des conjectures sans queue ni tête et ne laisse aucun souvenir périssable. En voulant être énergique pour les adultes et calme pour le jeune public, le long métrage se vautre complètement par son déséquilibre flagrant d'une scène à l'autre. En voulant étoffer un minuscule récit qui n'en nécessitait pas temps, le long métrage meuble son histoire d'une multitude de vides narratifs. Entre deux scènes drôles ou palpitantes, il faut ainsi en passer par de longues minutes de remplissage vraiment pénibles. Bref, comme déjà énoncé depuis le début, BlueSky nous avait vraiment habituer à bien mieux. Ferdinand est, au mieux, oubliable, au pire, dispensable.

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29 décembre 2017 par Olikos