Animatrix - Le dernier vol de l'Osiris : Quelques informations

Le dernier vol de l'Osiris est le premier court métrage de la compilation Animatrix parue directement dans le commerce au Québec le 3 juin 2003 en version originale sous-titrée exclusivement, puis quelques jours plus tard en France le 12 juin 2003 accompagnée d'un doublage français.

A noter : il s'agit de la seconde et dernière production réalisée par Square Pictures. Le studio a été dissolu lors de la fusion des éditeurs de jeux-vidéos Squaresoft et Enix en 2003.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Alors que le captaine Thadeus et son lieutenant Jue s'entrainent dans un Dojo virtuel, le vaisseau Osiris est repéré par des Sentinelles. En tentant de fuir les créatures mécaniques, l'équipage se retrouve propulsé à la surface de la Terre. Ils y découvrent une armée de robots perçant la croute terrestre précisément au dessus de Zion, le dernier bastion de l'humanité. Une folle course contre la montre s'engage alors afin de prévenir au plus vite leurs alliers de cette effrayante menace qui plane au dessus de leur tête...

Analyse de l'oeuvre 4
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En 1999, Matrix sort sur les écrans et marque à jamais l'histoire du cinéma. Au delà de son scénario particulièrement tarabiscoté, mais suffisamment accessible pour satisfaire le plus grand nombre, c'est surtout du côté de sa technique, de sa photographie et, surtout, de sa réalisation que l'ensemble des professionnels du cinéma, des critiques et du grand public vont s'unir pour saluer l'exploit à la quasi-unanimité. Il faut reconnaître que les Wachowski mettent effectivement les petits plats dans les grands, tout en jouant astucieusement de techniques éculées, mais un peu passées de mode à ce moment là, pour réaliser des effets visuels particulièrement ingénieux. L'ensemble étant même rehaussé par un choix de comédiens très inspirés qui habitent littéralement les personnages qu'ils incarnent. Bref, Matrix est un succès inattendu qui déclenche les plus folles passions, tout autant qu'il présume d'une suite évidente à venir.

Succès aidant, la Warner alloue un budget nettement plus confortable aux Wachowski afin de réaliser non pas une, mais deux suites dont le tournage sera effectué en simultané pour une sortie prévue en 2003. Durant l'intervalle des cinq années qui séparent le premier film de ses deux suites, les Wachowski imaginent une stratégie de cross-média quelque peu inédite, voire même très audacieuse. L'intrigue du second film Matrix Reloaded se retrouve ainsi enchâssé autour de deux oeuvres en particuliers. D'un côté, la compilation Animatrix qui se charge de raconter la genèse des évènements ayant conduit à la création de la Matrice, mais qui sert également d'introduction clé à Matrix Reloaded. De l'autre, le jeu-vidéo Enter the Matrix qui se place à la fois en suite directe aux évènements racontés dans Animatrix et comme aventure parallèle à Matrix Reloaded, racontée du point de vue de l'équipage du Logos (Niobe, Ghost et Sparks).

Bref, pour saisir l'ensemble des faits narrés dans Matrix Reloaded, il faut en théorie connaître ces trois oeuvres pour en saisir toutes les subtilités. Si Enter the Matrix n'est absolument pas passé à la postérité depuis sa sortie sur consoles et PC en mai 2003, malgré les promesses de son scénario (dont on peut heureusement retrouver l'intégralité de scènes dans le Ultimate Matrix Collection 10 DVD), majoritairement en raison d'une jouabilité franchement calamiteuse (point sur lequel je peux témoigner moi-même pour y avoir joué), un level design à des années lumières d'un jeu de cette époque (typique des jeux franchisés, réalisés à la va-vite par pure contrainte commerciale). A contrario, c'est un tout autre accueil qui est réservé à Animatrix qui lui succède seulement quelques jours plus tard. Plus particulièrement à Le dernier vol de l'Osiris qui nous intéresse ici (j'aurais sans doute l'occasion de revenir sur le reste de la compilation un de ces jours peut-être) et le seul et unique court métrage a avoir eu droit à une sortie en salle, en tant qu'avant programme de Dreamcatcher, l'attrape-rêves en mars 2003.

Dès le premier Matrix en 1999, les Wachowski n'ont pas caché leur amour pour le cinéma oriental (japonais, coréen, mais surtout chinois), notamment pour ses pratiques d'art martiaux dont de nombreuses scènes du film s'inspirent sans retenue. Warner et les Wachowski s'associent donc avec des grands studios d'animation japonais et coréen pour réaliser à bien leur idée de compilation animée. Mais c'est un certain Square Pictures, dont la technicité et le savoir faire pour produire Final Fantasy - Les créatures de l'esprit, malgré le flop monumental du film en salle, tapent dans l'oeil des Wachowski. Avec eux, ils vont ainsi concevoir Le dernier vol de l'Osiris, unique aventure animée en 3D réaliste de la compilation, qui va servir de pierre angulaire à l'ensemble de l'intrigue autour de la Matrice. Le court métrage sert à la fois de transition naturelle entre Matrix et Matrix Reloaded, tout en étant l'élément déclencheur de tout ce qui se passe dans Enter the Matrix, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions.

Le dernier vol de l'Osiris reste aujourd'hui encore, comme Final Fantasy - Les créatures de l'esprit, un petit bijou esthétique et à l'animation soignée. Mais à la différence de son grand frère, l'effet de la nouveauté s'est particulièrement éventé et, malgré une technicité très largement améliorée, l'animation du court métrage fait preuve d'un peu de trop flagrante paresse ! S'il l'on ne peut absolument rien trouver à redire sur les décors, les objets et les éprouvantes créatures robotiques tentaculaires, qui sont des répliques parfaitement exactes des sentinelles montrées dans Matrix en 1999, c'est surtout du côté des personnages que cela cloche. Sans nul doute pour raison de coût de production, tous les personnages présent à l'écran sont basés sur les modèles à peine déguisés de ceux aperçus dans Final Fantasy - Les créatures de l'esprit, à la seule exception de notable de Jue qui s'émancipe de la coquille Aki Ross dont les espérances démesurées de Square Pictures pour elle se sont finalement limitées à un seul film.

Bien que le court métrage soit très court, Le dernier vol de l'Osiris se décompose en deux temps. La première partie du récit se déroule dans l'univers fictif de la Matrice où l'on assiste à une confrontation à forte connotation sexuelle entre Thadeus, le capitaine de l'Osiris, et de son lieutenant Jue, voire même limite sexiste (Si l'on déshabille entièrement le personnage féminin tout en faisant preuve de très gros plans sur ses formes, il n'en est pas de même du personnage masculin où son effeuillage est systématiquement proposé hors champ). Très inspiré dans sa mise en scène, cette première partie du récit anticipe les scènes d'actions limites irréalistes que propose Matrix Reloaded, dont les artifices numériques sont trop flagrant aujourd'hui et nettement moins bien inspirés que dans Matrix, plus artisanal à la base. Dans la seconde partie, Le dernier vol de l'Osiris se recentre sur une mise en scène plus classique, sans pour autant renier l'action qui reste omniprésente. Car il faut reconnaître qu'il se passe énormément de chose à l'écran en seulement dix minutes !

Plus d'une décennie après sa réalisation, Le dernier vol de l'Osiris reste encore aujourd'hui une belle surprise animée, comme le reste de la compilation Animatrix par ailleurs. En soit, cette conception hyper réaliste de la 3D imaginée par Square Pictures autrefois, qui pouvait sembler absolument folle avec les outils de cette époque, prouve finalement que le studio avait fait preuve d'un vrai travail d'anticipation. C'est même d'autant plus flagrant si l'on compare sa qualité avec Shrek ou L'âge de glace parus à la même période mais qui accusent sérieusement leur âge actuellement. Bref, cette seconde et ultime réalisation de Square Pictures avant sa dissolution reste encore du pain béni pour tous les fans de Matrix !

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04 mai 2018 par Olikos