Star Trek (Partie 1) : De mon premier contact à Enterprise

3 mars 2015 à 17 h 29 par Olikos

Cela faisait un petit moment que j’avais envie d’écrire plusieurs articles dans le blog sur l’immense univers Star Trek créé par Gene Roddenberry, d’autant que j’ai passé quasiment deux ans aux frontières de l’infini à la découverte de ses 725 épisodes répartis en six séries télévisées ainsi que douze longs métrages. Il y a tant de choses à dire et à écrire, que par manque de temps, je n’ai pu m’y consacrer pleinement. Star Trek, c’est un univers qui va bientôt fêter son 50e anniversaire. Il dépeint un futur ambivalent, mais dans le fonds foncièrement optimiste. Je suis tombé dedans un peu par hasard, mais aussi par envie de découverte. Le déclic se produisit précisément le 06 juin 2013, lorsque NT1 diffusa le reboot de 2009 réalisé par J.J. Abrams que j’ai… totalement détesté !

A quelques jours du décès de Leonard Nimoy (qui a notamment participé à deux oeuvres majeures de Disney, Atlantide, l’empire perdu et Kingdom Hearts) , je me suis dit qu’il était temps de prendre le temps de commencer à rédiger quelque chose qui sera peut-être plus décousu que d’ordinaire, d’autant que son célèbre personnage de Spock est l’unique personnage de l’univers présent à la fois dans le tout premier Pilote de la série originale diffusé durant les années 1960 mais également dans le tout dernier long métrage Star Trek – Into Darkness de 2013, donnant ce sentiment que la bouclée était bouclée lorsque l’on décidait de visionner toute la saga dans l’ordre chronologique de création. Il a également eu l’occasion de faire également une apparition remarquée dans Star Trek – La nouvelle génération, tout comme la plupart de ses anciens camarades de la série d’origine, entérinant sa participation à l’ensemble de la saga.

Pour commencer, remettons un peu ma situation dans le contexte. Alors que je ne suis jusqu’en 2013 pas du tout familiarisé avec l’univers de Star Trek (je ne connaissais réellement que Star Trek IV – Retour sur Terre), la découverte du reboot de 2009 me fait l’effet d’une douche froide. Je m’attends en effet à tout sauf à être choqué par le spectacle décérébré proposé par J. J. Abrams. Je n’arrive d’ailleurs absolument pas à comprendre comment un si mauvais film peut être acclamé par l’ensemble des spectateurs français. Dès lors, un constat s’impose : je ne dois pas être normal. Impossible de me retrouver dans ce film que tout le monde semble adorer. J’en viens donc à une idée saugrenue : essayer de comprendre d’où pouvait bien venir cette mésestime que j’ai du film de Abrams. Ne connaissant pas du tout l’univers Star Trek, je me dis alors qu’il me manquait probablement quelque chose pour apprécier ce long métrage. Il faut donc absolument que je prenne connaissance de l’univers créé par Gene Roddenberry. Je me lance donc dans la plus vaste et la plus longue découverte d’une production audiovisuelle, en visionnant l’ensemble de toutes les productions Star Trek ! Il me faut pratiquement deux années entière pour en venir à bout !! Et le constat est là, j’ai adoré vivre ce long périple dans l’espace et… je déteste désormais d’autant plus le gag vidéoludique produit par J.J. Abrams en 2009 ainsi que sa séquelle de 2013 !!! Que l’on soit ou non familier de Star Trek rien ne permet d’excuser un film aussi mal construit d’un bout à l’autre. J’aurais sans doute l’occasion de m’attarder plus en détail sur ce sentiment prochainement. Pour l’heure, je préfère parler du Star Trek que j’ai aimé dans l’ordre chronologique des évènements vécus par leurs personnages. En d’autres termes, je vais donc commencer par la fin !

La trame temporelle de Star Trek est assez immense, car elle fait le grand écart entre la création de la vie sur Terre il y a près de 1,3 milliard d’années au très éloigné 29e siècle. A la différence de Star Wars qui se déroule dans une galaxie lointaine, très lointaine, Star Trek se situe dans notre propre univers. La majorité des épisodes sont cependant concentrés entre le 22e et le 24e siècle. Star Trek – Enterprise est ainsi chronologiquement la série des origines des évènements, alors qu’elle ne fut diffusée en 2001 après la fin de toutes les autres séries. Sans aller jusqu’à dire que les scénarios sont mauvais, le concept de Star Trek est à ce moment là en bout de souffle. J.J. Abrams n’a donc rien inventé pour son film de 2009, puisque Brannon Braga et Rick Berman décidèrent eux aussi d’adopter un point de vue différent pour leur nouvelle création en remontant le temps. A la seule différence qu’ils ne créent pas une réalité alternative, bien au contraire, les évènements de Star Trek – Enterprise sont censés être canonique en se connectant le plus naturellement du monde aux autres intrigues des séries du 23e et 24e siècle.

De toutes les séries, Star Trek – Enterprise est peut-être celle que j’ai trouvé la moins passionnante au premier visionnage. Son défaut ? Être annoncée comme série se déroulant avant toutes les autres, et au final ne rien réellement proposer sur les origines de la saga. J’avoue avoir eu beaucoup, beaucoup de mal à suivre Star Trek – Enterprise car il m’a manqué cette intimité et cette relation avec les personnages de la série. L’affinité avec les comédiens, tout comme leurs relations entre eux, ne fonctionnent pratiquement pas pendant près de deux ans et demi. Une durée record affolante à mes yeux ! Mais pour comprendre cette situation, commençons par le commencement, à savoir le Pilote de la série.

La mise en bouche est plutôt bonne dans le double épisode « En avant toute » qui nous propose le premier voyage intersidéral des humains dans le cadran Alpha (une portion de la Voie Lactée) ainsi que l’introduction des Klingons. Pour les connaisseurs, on y retrouve même un formidable raccord avec le film « Star Trek VIII – Premier Contact ». Dès lors, naturellement, je me suis mis à espérer en savoir plus sur les Klingons au fur et à mesure des épisodes, puisqu’ils deviendront l’ennemi récurant de la série originale. Malheureusement, cette trame scénaristique n’est jamais utilisée dans le reste de la série. Ce sera mon premier regret, car je ne comprends toujours pas ce qui a déclenché la guerre Fédération/Klingon au sortir des 4 saisons… Le mystère du conflit entre la Fédération des Planètes Unis et les Kinglons restent donc à mon goût inexpliquée. L’autre élément passionnant du Pilote de Star Trek – Enterprise est le retour de la culture Vulcaine, qui était soit manquante, soit mal exploitée par les autres séries (Leonard Nemoy fut inégalable dans le rôle d’un vulcain).

Le design de l’Enterprise NX-01 est une bonne surprise visuelle et reste agréable à l’oeil. Ceci même si les décors intérieurs semblent étrangement chip, accentué par le format panoramique adopté par la série qui révèle bien plus que détails que les séries précédentes. Tout au contraire, l’introduction des personnages est par contre très maladroite. J’ignore si c’est un manque de charisme, si leurs rôles ne sont pas parfaitement défini ou si les acteurs ne sont pas encore à l’aise dans leurs personnages, mais le courant ne passe vraiment pas. A la tête du vaisseau, le Capitaine Jonathan Archer est joué par Scott Bakula, que vous connaissez sans doute pour son célèbre rôle de Sam Becket dans Code Quantum ou plus récemment dans la dernière saison de Desperete Housewives en tant qu’avocat. Dans un premier temps, ce choix m’a particulièrement dérouté. Même si j’apprécie Scott Bakula, il n’avait au premier abord ni le prestige de Patrick Stewart (Jean Luc Picard, La nouvelle génération), ni la fermeté de Avery Brooks (Benjamin Sisko, Deep Space Nince), ni la douceur de Kate Mulgrew (Catherine Janeway, Voyager) et bien sûr encore moins de le charisme de William Shatner (James Kirk, Série originale). Mais en fin de compte, il a réussit assez tardivement à s’imposer en restant tout simplement humain. Jolene Blalock interprête T’Pool, première vulcaine réussissant à survivre aussi longtemps en compagnie des êtres humains. Son personnage, amené à évoluer dans Star Trek – Enterprise, est dans un premier temps froid et distant. De fait, la plupart de ses actions semblent être robotiques. Enfin, le troisième personnage majeur de la série, le commander Charles Tucker, est attribué à Connor Trinneer. Ce comédien m’a beaucoup dérangé dans un premier temps, car je le connaissais bien dans le rôle de Michael pour la série Stargate – Atlantis. Autour de ce trio principal, gravite ensuite une panoplie de personnages secondaires creux au possible et qui n’apportent rien à l’ensemble. Mention spéciale à Dominic Keating, définitivement non crédible dans le rôle du tacticien Malcolm Reed, l’insipide Anthony Montgomery totalement inexploité dans son rôle du pilote Travis Mayweather, sans oublier l’oubliable Linda Park qui tente de nous faire avaler que l’enseigne Hoshi Sato est capable de comprendre tous les langages de l’univers en seulement deux secondes ! Dans ce bazar, seul John Billingsley réussit à mettre en valeur le Docteur Phlox, un étrange Dénobulien aux mœurs étonnantes, marié à trois femmes qui elles-mêmes sont aussi mariées à trois hommes !

Comme je n’ai aucune affinité avec les personnages, mais comme j’ai quand même acheté un coffret intégrale qu’il serait dommage de ne pas visionner au prix où il valait, je poursuis ma découverte de la saison 1 plutôt avec une attitude cahin-caha. J’ai ainsi la désagréable sensation que la série tourne à vide. Je m’attendais à explorer le passé de toute la franchise, mais je ne m’y retrouve pas vraiment. Même les petits clins d’oeils fait aux fans me laissent froid. Les quelques petites références à des épisodes « futurs » de Star Trek me font au mieux sourire (le retour des indémodables Tribules) au pire, je ne les remarque pas du tout, si tant est que je leur trouve un intérêt (Les borgs ? Oui, bof). Le problème majeur que je rencontre avec Star Trek – Enterprise reste cette absence totale de cohésion entre les membres d’équipage. Ils n’ont à ce stade aucune affinité entre eux, mais aussi avec moi. Et malheureusement, cela handicape ma découverte de la série, d’autant que les scénarios sont moins réfléchis, moins prenants, ils donnent un air de déjà vu maintes fois ailleurs.

La saison 1 continue, on a l’impression d’avoir droit au monstre de la semaine à chaque nouvel épisode, dont la structure narrative semble aussi classique que prévisible. On a quand même droit à un huit clos qui se veut marrant dans l’esprit (1×16 « Compagnons d’arme »), mais une fois encore la relation Trip / Reed ne passe pas, décrédibilisant tout l’épisode. Tout juste après lui, l’épisode 1×17 « Fusion » offre enfin quelque chose à me mettre sous la dent, on nous explique d’où vient le pouvoir de fusion mentale des vulcains. A cette époque, cette pratique est d’ailleurs considérée comme blasphématoire. Mais sorti de cet épisode, on repart alors sur du classique et n’en retiens pas vraiment grand chose. Mon intérêt pour la série s’émousse donc un peu plus au fur et à mesure des épisodes qui passent. Sans crier gare arrive alors cette étrange histoire de guerre temporelle. Qu’est-ce que c’est donc que cela ? N’en ayant jamais entendu parler dans aucune série Star Trek jusqu’à présent, me voici complètement perdu par cette orientation scénaristique proposée par Star Trek – Enterprise. Est-on en train d’aborder des évènements qui n’existaient tout simplement pas dans les autres séries ? De nouveau, me voici en train de penser que Star Trek – Enterprise devait normalement explorer le passé de l’univers Star Trek, non inventer une nouvelle trame narrative !!

La saison 2 arrive, et mon ressenti autour de Star Trek – Enterprise ne change pas vraiment. Rien à faire, tous ces personnages semblent trop nombreux et superflus. Beaucoup ne servent vraiment à rien du tout. On aperçoit les premiers Romuliens, mais tout comme les Klingons, mais on ne va là non plus rien apprendre de nouveau sur eux. Décidément, je ne sais pas du tout où veut me mener la série. Avec cette saison 2, j’ai l’impression que la série tâtonne. Soit elle en dit trop peu tout en éveillant mon intérêt mais ensuite n’en dit pas assez au point de rendre la situation frustrante… Les Klingons reviennent, et repartent comme ils sont venus (2×06 « Les maraudeurs »), ils sont méchants, il grognent, ils intimident… Rien de neuf à se mettre sous la dent. Star Trek – Enterprise se penche ensuite sur les accidents de téléportation dans un intéressant épisode mettant enfin Hoshi au premier plan (2×10 « Une peur invisible »), il était temps même si cela fut bref. Malgré tout, le reste de la saison peine une fois de plus à me convaincre. J’ai l’impression de revoir un remake de Stargate SG-1 que je ne parviens pas à défaire de mon esprit, alors que Stargate SG-1 est elle même un plagiait éhonté de la majorité des intrigues de Star Trek. Vient alors un nouvel intéressant épisode mettant en avant le système judiciaire Klingon (2×19 « Le procès »). Ah tiens, tous les Klingons ne sont finalement pas aussi méchants et sournois qu’on le pensait jusqu’à présent ? J’aurais bien aimé voir ça un peu plus tôt dans la série. Après encore quelques épisodes sans aucun saveur, la saison 2 se termine enfin. Et là, soudain, c’est le choc : Star Trek – Enterprise chamboule tous mes repères durant sa saison 3 !

A suivre…

3 mars 2015 à 17 h 29 par Olikos

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