Xilam : le studio français incontournable

18 septembre 2009 à 17 h 06 par Olikos

Imaginons ensemble un grand rassemblement de fans de Disney regroupés dans une salle participant à un meeting sur leur thème favoris. A un moment donné, un des participants demande à l’assemblée quel est pour eux le studio de série télévisée animée qu’il préfère. Dans le brouhaha presque unanime, on entend une chose qui fausse la note et contredit le reste. A tous les coups, ce doit être moi qui ai hurlé « Xilam » ! Devant la stupéfaction des autres, je persisterai même et je signerai, c’est effectivement mon vrai coup de cœur et depuis de nombreuses années déjà.

Mon histoire avec le studio Xilam remonte assez curieusement au même moment que naissait TPS. Car c’est là, comme des milliers de personnes que je croisais pour la première fois le chemin de Oggy, Jack, Joey, Dee-Dee, Marky, Ehtno, Bud, Stereo, Gorgious et Candy. Bien qu’ayant été diffusé sur France 3, c’est sur les chaines cinémas de TPS que je découvrais en effet les deux séries phares que sont Oggy et les Cafards et Les Zinzin de l’Espace. Devenu accro dès le début, je n’ai depuis jamais manqué de visionner et revisionner de nombreux épisodes de ces séries, même si à choisir, je ne pourrais absolument pas me passer de la première. J’y consacrerai d’ailleurs un article rien qu’à elle prochainement sur ce blog.

A l’origine simple filiale de Gaumont, le studio Xilam s’est complètement émancipé pour devenir à mon sens l’un des meilleurs studios français dans l’animation télévisée. Un aspect qu’il partage notamment avec le studio Marathon Media (également un de mes préférés). Incontestablement, chacune des séries de Xilam ont un style unique inimitable mais parfaitement identifiable. On retrouve ainsi le même esprit, la même tradition, la même narration dynamique et le même humour ravageur dans l’ensemble de leurs productions. Si l’on devait émettre une seule critique à propos de Xilam, ce serait dans le fait que chacune de leurs séries ont une dominance foncièrement masculine. En exceptant Sky Dancers (qui de toute façon était produite par Gaumont et non véritablement Xilam), seule l’espiègle Toupou peut se révéler une digne représentante de la gente féminine. Aucun autre rôle féminin ne ressort véritablement de leur catalogue. Peut-être Eizan réussit elle à s’imposer naturellement dans Shuriken Scool aux côtés d’Okuni et Jimmy, et dans une moindre mesure on peut aussi citer Monica dans Oggy et les cafards, demoiselle espiègle et sportive mais totalement autonome. Les plupart des autres rôles sont souvent des clichés. Mais la gente masculine n’est pas du tout épargné, et nombres de caricatures désopilantes vont et viennent dans chaque série.

Je ne ferai ici pas le tour de chacune d’entre elles, il y aurait tant de chose à dire que cela alourdirai inutilement cet article (seule ma chouchou favorite aura droit à son article). J’évoquerai donc dans les grandes lignes les programmes cultes qui m’ont véritablement marqués. Pour rendre à César ce qui appartient à César, il est impossible de faire l’impasse sur Les Zinzins de l’Espace et Oggy et les Cafards. Nées l’une à la suite de l’autre, ces deux séries sœurs partagent un point en commun absolument unique : elles évoluent dans le même univers. Ayant vécues toutes les deux en parallèle, on ne s’étonne à aucun moment à retrouver nombre de personnages secondaires, parfois même d’infimes détails, quand on passe de l’une à l’autre. Du chasseur bigleux au livreur de Pizza, en passant par les enseignes commerciales, y compris dans l’architecture même de la ville. Si l’action de Les Zinzins de l’Espace se déroule en ville, Oggy et les Cafards se trouve incontestablement dans sa périphérie dans un lotissement récemment aménagé. Les deux sœurs se renvoient d’ailleurs la balle en faisant de courtes apparitions ici et là, confortant cette idée dominante que leurs deux univers n’en sont finalement qu’un seul. Un autre point en commun est décelable : leur corrélation graphique. Le design parfois immonde de certains personnages se marrie parfaitement avec cet univers décalé absolument unique. De fait, on s’attache immédiatement aux héros qui se démarquent automatiquement de l’ensemble. Une seule chose les différencie en fin de compte. Si Oggy et les Cafards reste exclusivement muette en dialogues (exception faite de quelques onomatopées et une hilarante chanson de scoot), Les Zinzins de l’Espace est foncièrement bavarde. Chacune réussit dans son domaine à faire rire le public, des gags majoritairement visuels dans la première, de croustillants et désopilants jeux de mots foireux dans la seconde. A elles deux, elles ont forgé la réputation du studio Xilam et donné le style que le studio respectera toujours ensuite.

La suite est comme un rêve. Après l’excellente participation de Iggy Pop dans Les Zinzins de l’Espace avec le générique Monster Men parfaitement à l’esprit de la série, Xilam s’offre le duo comique Eric et Ramzy. Que l’ont soit fan ou pas des deux compères, il est aujourd’hui évident que l’idée d’origine de Ratz fut fortement influencée par leur présence. On note en effet que les deux héros adoptent assez vite et parfaitement les mimiques des humoristes. Leur participation vaut à elle seule le détour. Malgré des scénarii au final relativement similaires avec Les Zinzin de l’Espace (L’intrus à déloger à chaque épisode) et Oggy et les Cafards (Les poursuites endiablées), le duo comique fait mouche à tous les coups. Xilam s’offre également un avancement spectaculaire en modélisation 3D. Jusqu’ici, seule la maison d’Oggy y avait eu droit. Ratz enfonce le clou en mariant à merveille la 2D et la 3D. Le résultat est chaleureux et offre un agréable divertissement. On notera par ailleurs que Razmo et Rapido feront une petite apparition dans la saison 2 de Les Zinzins de l’Espace. Dans Ratz on remarque également parfois de nombreux clins d’œil à la production cinématographique française et internationale.

Évoquons ensuite Toupou, ce conte populaire de l’enfant sauvage est ici revisité et transporté dans l’univers de New York. Probablement la série la plus sage et la moins saugrenue de l’univers de Xilam. Toupou est une jeune fille vivant dans Central Park et ayant une étroite relation avec les animaux qui y vivent (surtout avec un écureuil). Elle fait la connaissance de Norton, fils du maire de New York. Dès lors, l’ensemble des épisodes vont confronter les deux enfants à ce qui oppose la nature et la civilisation. Bien que relativement sage, la série impose un personnage comique avec Shubert et son fidèle bouledogue à collerette. Ces derniers tentent continuellement de capturer par tous les moyens la jeune fille. A ce titre, ce duo comique rappelle immanquablement le duo Gargamel / Azraël poursuivant sans relâche les schtroumpfs. Agréable et amusante, la série bien que très courte (à peine 26 épisodes) est suffisamment sympathique pour toucher son public cible.

Pour enchainer, parlons Ouest Sauvage avec l’intrépide Lucky Luke. Avant que n’intervienne Xilam dans Les nouvelles aventures de Lucky Luke, je n’ai jamais été particulièrement fan du personnage et de l’univers de Moris et Goscinny. A l’exception notable de l’indétrônable Rantanplan et du quatuor excentrique que sont les Dalton, j’ai toujours trouvé le personnage de Lucky Luke particulièrement fade. Sa personnalité, certes bien moins lisse que Mickey, ne m’a quand même jamais attiré. Durant une nouvelle brochette de programmes insipides, je décidais pour une fois de regarder le programme Midi les Zouzous sur France 5. Je connaissais déjà plus ou moins cette dernière depuis pas mal d’années, mais le hasard voulu que je tombe sur Les nouvelles aventures de Lucky Luke. En à peine quelques minutes, je reconnu la touche Xilam. Impossible me suis-je demandé. Et pourtant, le générique de fin le confirmait clairement. Dès lors, je ne ratais plus aucun épisode. L’adaptation est de mon point de vue formidable. Sans vraiment trop trahir l’esprit de la bande dessinée (le style graphique est réellement excellent), Xilam dépoussière la franchise de façon magistrale. Le succès est alors incontournable. La série est tellement plébiscitée que trois productions dérivées lui seront accordées : le truculent film Tous à l’Ouest, la série Rantanplan et la petite dernière en cours de production actuellement Les Daltons. Une valeur sûre de Xilam.

Pour en terminer sur mes séries favorites du studio, faisons une dernière halte à la Shuriken School. La principale particularité de cette série animée franco-espagnole est qu’elle a entièrement été réalisée en flash. Le résultat – spectaculaire à plus d’un titre – permet à Xilam de s’installer confortablement dans l’univers du Web. Le site Web qui est consacrée à la série est à l’image même de l’ambiance et de l’empreinte propre à la série. Un complément indispensable pour apprécier pleinement la série. Dans toutes ses créations, le studio Xilam a toujours su réunir les styles et les humours en animation de chaque région du monde. Si Oggy et le Cafards bénéficie d’une ambiance franco-américaine, si Ratz a un humour bien français, si Toupou un style newyorkais, Shuriken School s’inspire majoritairement de l’Asie (la Chine et surtout le Japon). Les personnages sont tous des clichés de ce que l’on retrouve souvent en manga, mais à l’humour typiquement français. La série offre ainsi une brochette de personnages internationaux sans qu’aucun d’entre eux ne volent la vedette aux autres. Car rien ne permet de véritablement localiser l’emplacement véritable de l’école Shuriken. Chaque élève évoque un pays ou un continent différent. Volontairement mis en avant, Eizan (représentant le Japon), Jimmy (évoquant l’amérique) et Okuni (La française), les trois héros évoquent à eux seuls la volonté de Xilam de réunir le talent des trois pays incontournables en matière d’animation. La série Shuriken School est d’ailleurs parfaitement à cette image, car elle est un excellent amalgame de chacune de ses trois cultures.

Je vais m’arrêter ici sur l’univers de Xilam, bien que je n’ai évoqué qu’à peine la moitié des séries du studio. Pourtant, rien que ce petit panel permet d’apprécier tout le talent de leurs équipes et de faire de Xilam l’une des valeurs sûres de l’animation télévisuelle. Je ne remercierai jamais TPS, France 3, France 5 et tout particulièrement Gulli de proposer régulièrement nombre de leurs séries. On peut ainsi échapper le temps de quelques minutes aux programmes insipides pour des séries de qualité. Merci Xilam.

18 septembre 2009 à 17 h 06 par Olikos

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