Ralph 2.0 / Ralph brise l'Internet : Quelques informations

Ralph brise l'Internet sort en salle le 21 novembre 2018 au Québec. Sans doute échaudé par le peu de succès rencontré par le premier film, la sortie française de Ralph 2.0 est repoussée au 13 février 2019 en France. Il est proposé en deux versions francophones.

A noter : beaucoup de personnages Disney font une apparition dans ce long métrage. Cependant, que ce soit en version française ou québécoise, tous les comédiens attitrés ne reprennent pas les rôles qu'ils jouaient jusque là. Si, dans la majorité des cas cela n'est pas perturbant, il en va autrement des princesses Disney (dont certaines n'en sont pas officiellement une soit dit en passant) qui ne manqueront pas de destabiliser les fans. Par exemple, si Elsa retrouve bien sa voix parlée canadienne, ce n'est pas le cas en France où Elsa s'exprime avec une nouvelle voix. A contrario, Anna retrouve bien ses deux voix francophones, ainsi que Vaiana/Moana (car il s'agit de la même comédienne dans les deux versions dans ce cas). Au contraire, Jasmine, ainsi que Belle n'ont plus la même voix sur les deux versions. L'explication la plus logique à ce micmac vocal résulte sans nul doute d'un problème de planning des divers comédiens et, surtout, du peu d'importance de certaines lignes de dialogues des divers personnages. Il n'empêche, cela constitue un véritable acte manqué de la part de Disney Character Voices France qui n'a pas visiblement pas voulu suivre la même volonté de continuité vocale que sa maison mère américaine.

Résumé


UN EXTRAIT À DÉCOUVRIR SUR

Quand le volant du jeu d'arcade Sugar Rush se brise, Ralph suggère à Vanellope de se rendre sur Internet et d'acheter un exemplaire de celui-ci sur eBay. Les deux amis considèrent ce nouveau monde de façon très différente : Vanellope est emballée par toutes ses possibilités alors que Ralph angoisse. Afin de les aider à s'orienter dans cet univers nouveau, Ralph et Vanellope demanderont l'aide des habitants de l'Internet, incluant Yesss, la maîtresse du site "BuzzzTube", ainsi que Monsieur Je-Sais-Tout, la tête pensante d'un puissant moteur de recherche.

Analyse de l'oeuvre 1.5
1.55

Je ne sais pas, mais vraiment pas, par quel bout prendre Ralph 2.0. S'agit-il d'une suite exécrable beaucoup mieux fignolée que son prédécesseur ? Ou bien une suite intelligente qui s'échine à trahir purement et simplement les propos de son aîné ? Ajoutons à cela que j'ai rarement vu un film aussi long dans lequel il ne se passe strictement rien, puisqu'on n'y rentre comme on en sort sans avoir assisté à rien de particulier, qu'on se demande bien à quoi ce long métrage sert exactement. Non, sincèrement, je ne parviens même pas à savoir si les réalisateurs Rich Moore et Phil Johnston ont souhaité jouer la carte de la caricature ou si, au contraire, ils souhaitent que l'on prenne le tout au pied de la lettre vis à vis de l'Internet et de l'addiction au jeu en ligne. Car, d'un cas comme dans l'autre, Ralph 2.0 produit exactement l'effet inverse.

En dehors de l'immense défouloir que peut éventuellement représenter le pur placement gratuit de marques dans tous les recoins de l'écran, Ralph 2.0 s'amuse désormais à insulter les internautes, accusés d'être débilitants, comme il insultait les joueurs, accusés d'être des pré-adolescents sans cervelle, il y a sept ans. Les mondes de Ralph et Ralph 2.0 partagent ainsi cette similarité dans la facilité, la superficialité et tous les clichés possibles et inimaginables perçus par les vieux parents totalement dépassés par la révolution numérique portée par leurs enfants tous connectés. Ralph 2.0 ne sait absolument pas à qui il doit s'adresser. Alors oui, c'est beau, vraiment très beau à regarder, mais qu'est-ce que c'est creux, creux comme la futilité des réseaux sociaux que le film tente maladroitement de critiquer... ou de glorifier ? On ne sait pas en fin de compte.

Je ne savais vraiment pas de quoi Ralph 2.0 allait parler. N'ayant absolument pas du tout apprécié le premier volet, je ne m'attendais à rien du tout avec sa suite, mais en rester bouche bée, je ne m'y attendais pas. Les bras m'en tombent ! Dès que le long métrage a démarré, j'ai constamment eu l'impression d'être placé à bord d'un train lancé à toute vitesse mais qui était dépourvu de frein, mieux encore, sur un siège éjectable dépourvu du moindre parachute. Il était donc absolument évident que le choc final ne pouvait qu'être fracassant et allait faire vraiment très très mal. De ce point de vue, il ne fait aucun doute que Ralph 2.0 retourne l'estomac, dans tous les sens du terme, que ce soit dans la démesure de son emballage visuel virtuose, comme dans sa narration d'une crétinerie sans borne. Nous passons du coq à l'âne sans aucune ligne directive, si ce n'est que Vanellope a un énorme coup de déprime ce qui constitue, avouons-le, un horrible recyclage de l'intrigue du premier film.

Or, s'il y avait bien une chose, parmi tant d'autres, qui m'insupportait au plus haut point dans Les mondes de Ralph, c'était bel et bien Vanellope. N'ayant absolument aucune affinité avec cette tête à claque courte sur pattes, son semblant de dépression et de doute m'ont laissé totalement de marbre. Ajoutons à cela que Ralph lui-même est devenu, du jour au lendemain, un meilleur ami toxique (ce qu'elle-même était dans le film précédent rappelons-le) que l'on a énormément de mal à reconnaître, Ralph 2.0 parvient en un rien de temps à détruire le peu d'empathie que l'on aurait pu avoir pour ce faux couple d'amis décidément très peu crédible. Certes, pour la première fois, on échappe à l'écueil du sentiment romantique entre les deux protagonistes, mais tout ce déferlement frénétique était-il nécessaire pour se retrouver finalement à la case départ ? La déconstruction psychologique de Ralph est telle, par rapport au premier film, que la seule chose qu'on finit par se dire à son sujet c'est que Vanellope s'est bien servi de Ralph pour atteindre son but pour mieux le jeter aux ordures comme un mouchoir usagé une fois qu'elle a obtenu tout ce qu'elle avait pu exploiter de lui et qu'elle n'hésite pas à abandonner à son sort. Dur.

Ralph 2.0 est-il une succulente satire ou une bête caricature faite avec un prisme déformant ? Je crois bien que Rich Moore et Phil Johnston ne le savent pas eux-mêmes. Le long métrage est juste un fourre-tout, de luxe certes, mais fourre-tout quand même. C'est une énorme boîte à gags incompréhensibles pour le profane et un défilé de clichés inconvenant pour l'auguste. Ralph 2.0 s'approprie les plus gros succès de l'Internet et des jeux en ligne, mais en n'accentuant constamment que ses côtés négatifs. Sincèrement, lequel d'entre vous n'a pas fait la relation entre le monde de Shrank (vous savez la nouvelle héroïne badass qui aurait eu tout aussi bien sa place dans Les nouveaux héros), Grand Theft Auto et Carmaggeddon ? Comment ce jeu nous-est il représenté dans Ralph 2.0 ? Réfléchissez-y une petite seconde. A par un univers glauque, le goût immodéré pour la destruction, un système où tous les coups bas sont permis, qu'est-ce qu'on n'y trouve de réellement positif là-dedans ? Le défoulement peut-être, mais ensuite ?

Maintenant, est-ce que vous voyez apparaître le prisme de la presse alarmiste qui accuse les jeux-vidéo d'être la cause de tous les mots de la jeunesse ? Alors oui, il ne faut pas l'oublier, Grand Theft Auto tout comme Carmaggeddon ont construit leurs réputations sulfureuses en offrant notamment la possibilité d'écraser les piétons au point de faire la Une de nombreux médias il y a vingt ans, mais ça n'en fait pas non plus un jeu débilitant sans foi ni loi exclusivement joué par des ados boutonneux, alors qu'ils n'ont pas l'âge légal pour y jouer, comme affirmé par le film. Au passage, s'agit-il ici d'une critique des réalisateurs à l'encontre des parents qui achètent n'importe quoi à leurs gosses ? J'ai un gros doute. Grand Theft Auto offre pourtant toute une palette de possibilités de jeu résolument positives que pas une seule fois Ralph 2.0 ne met en avant, préférant au contraire les occulter pour mieux servir son propos comme quoi la destruction, c'est le pied.

Dans son titre original, mais aussi son adaptation québécoise, on nous dit que Ralph est a priori amené à briser l'Internet. En réalité, hormis l'importance toute relative de la marque eBay, qui fut un géant autrefois mais largement concurrencé d'alternatives aujourd'hui, et de certains géants du web exclusivement américains, Ralph 2.0 est surtout amené à ridiculiser les réseaux sociaux et exclusivement eux. Pour autant, le long métrage renverse la vapeur par rapport aux dangers de l'Internet qu'il présente, d'un bout à l'autre, comme des valeurs étonnamment positives abordées à des fins purement humoristiques. Quand Google... euh pardon... Monsieur Je-Sais-Tout tente de deviner vos désirs, on trouve ça effectivement drôle, même si l'on passe sous silence comment sont générées ces propositions.

Quand on rencontre une difficulté à trouver de l'argent, la meilleure manière est d'exploiter sans le moindre remord le piège à clic et le spam envahissant. Quand il s'agit d'empêcher une amie de s'éloigner de vous, on n'hésite pas à arpenter le Dark Web pour y dénicher un virus. Sans oublier bien évidemment qu'on accepte sans rechigner de suivre un total inconnu qui cultive le goût douteux pour l'extorsion de fonds, car il est plutôt geek et sympathique après tout. D'un côté, Ralph 2.0 nous dit que l'addiction aux jeux-vidéo est une tare, de l'autre, Ralph 2.0 nous affirme que les sites douteux sont sans le moindre danger. Et puis l'argent se gagne très facilement du moment qu'on est futile. Euh... oui... OK... C'est quand même très bizarre comme idées de base véhiculées par le film. Tout ça sans oublier que le genre humain de Ralph 2.0 semble prompt à la crétinerie de masse, faut-il en rire ? Je n'en ai pas la moindre idée.

Ralph 2.0 passe ainsi à côté de tout ce qui aurait pu rendre son propos pertinent, voire drôle. Du coup, on a constamment l'impression qu'il a été réalisé par des vieillards avec des oeillères qui ne comprennent absolument rien à ce qu'ils veulent critiquer, à la manière d'un irrespectueux Le ciel lui tombe sur la tête, 33e tome tant décrié d'une série de bandes dessinées mettant en scène un village d'irréductibles gaulois, dans lequel on est consterné de voir l'affrontement entre les diaboliques mangas face aux angéliques personnages disneyens. Rich Moore et Phil Johnston font ici exactement la même chose, exploiter tous les clichés sans les enrober du moindre soupçon d'ironie et prouver à tout le monde qu'ils n'ont absolument rien compris, tout ça dans le seul but de rendre ça fun, tant pis pour ceux qui trouveraient ce portrait acerbe insultant.

Il ne manquait pourtant pas grand chose à Ralph 2.0 pour être une expérience agréable, juste ce second degré qui aurait fait toute la différence. Par exemple, ça n'a clairement pas la même subtilité qu'un tout aussi grandiloquent que volontairement nanardesque nouvel opus de Fast and Furious. Rien de tout cela n'existe dans ce long métrage qui se contente de tout prendre au pied de la lettre. Je n'ai pas vu le moindre making-of, ni lu la moindre interview, mais j'imagine déjà les propos qui ont certainement été tenus par les réalisateurs, dans le genre "En fait, vous voyez, pour faire ce film, j'ai simplement regardé comment se comportent mes enfants". Oui, donc, vous avez interprété à votre manière sans chercher vous-même à y comprendre quelque chose. A mon avis, de nombreux parents perdus par leurs progénitures et ayant vu le long métrage vont certainement se reconnaître dans Ralph 2.0, ça doit être à eux que le film s'adresse finalement.

En vérité, la seule et unique chose qui vaut vraiment le coup d'oeil dans Ralph 2.0 reste inévitablement sa qualité technique. Quoi que je puisse penser du long métrage dans son entier, je ne peux décemment pas le prendre en défaut sur ce point. Le long métrage fait pourtant un immense grand écart entre les divers mondes et personnages croisés ici et là, alors que leur design général n'est pourtant pas assortis entre eux. Pour autant, Ralph 2.0 rend l'ensemble visuellement cohérent, voire même totalement pertinent au point de ne jamais se sentir gêné en croisant un petit être pixellisé par-ci et un humain vachement réaliste par-là. Même si la bande originale est globalement en retrait ou, au contraire selon les scènes, trop bruyante, il faut aussi admettre qu'elle reste très efficace. De ce point de vue, le long métrage est nécessairement un festival sensoriel, à défaut d'être intellectuel. Ce qui me fait dire, à l'heure où le public plébiscite un cinéma hollywoodien qui privilégie à fond la forme, tout en rechignant toute forme de fond, que Ralph 2.0 devrait, sans le moindre doute, rencontrer un grand succès et faire de nombreux heureux sur le long terme. Dans mon cas, je trouve franchement dommage qu'il passe à côté de toutes ses prétendues intentions, en privilégiant le fun au détriment de la moindre crédibilité. Ralph 2.0 n'est rien de plus qu'un défouloir sans âme, qu'une vaste blague pas drôle, qu'un récit complètement à côté de la plaque et qui ne réussit même pas à faire naître la moindre empathie pour lui. ERROR : YOU HAVE BEEN DISCONNECTED.

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