La Reine des neiges - Une fête givrée

C'est l'anniversaire d'Anna, Elsa et Kristoff sont décidés à lui offrir la plus belle fête dont on puisse rêver, mais les pouvoirs givrés d'Elsa pourraient bien provoquer une catastrophe...

Analyse et comparatif doublage (français et québécois)

En fin d'année 2013, le succès fulgurant de La Reine des neiges prend à peu près tout le monde de court, tout autant le public, les critiques que... les réalisateurs du film ! L'histoire d'Elsa provoque un raz-de-marée comme n'avait plus connu Disney depuis longtemps. Les fans se précipitent sur le marchandisage autour du long métrage, vidant les stocks de produits dérivés plus vite qu'ils ne sont produits, créant un impressionnant effet de manque ! Tous les pronostics s'accordent sans équivoque, Disney va forcément produire une suite à son film à succès. Sauf qu'absolument rien ne va laisser entendre une telle idée chez Disney durant une année entière. Jusqu'à ce que les premières rumeurs s'emparent du web : Idina Menzel aurait été rappelée pour enregistrer de nouveaux dialogues inédits. Tout le monde attend dès lors la confirmation de la suite, qui attendra le 12 mars 2015 pour être confirmée. Sauf qu'à cette même occasion, Chris Buck, Jennifer Lee et John Lasseter annoncèrent aussi qu'un court métrage inédit, réalisé par les Walt Disney Animation Studios, allait être diffusé en avant première de l'adaptation live de Cendrillon : La Reine des neiges - Une fête givrée ! Le procédé n'a rien de nouveau, Pixar avait lancée l'initiative dès Monstres & Cie, notamment par son bêtisier prolongé d'une séquence inédite se déroulant après le film et surtout avec le désopilant La nouvelle voiture de Bob ! Plusieurs studios d'animation lui ont ensuite emboîté le pas, notamment Dreamworks qui aura préféré le format moyen métrage spécialement télévisé. Même Disney s'est frotté à l'exercice avec Super Rhino par exemple, ou encore avec Le mariage de Raiponce lui aussi diffusé en salle !

Si Super Rhino et Le mariage de Raiponce avaient certes été appréciés des fans, il n'existait aucune réelle attente autour de leurs films d'origine, tout du moins pas autant que La Reine des neiges. Toute la différence du court métrage La Reine des neiges - Une fête givrée réside dans l'aura de ses personnages. Celui-ci est au contraire une opportunité sans commune mesure pour Disney qui y voit désormais sa nouvelle poule aux oeufs d'or ! Avec ce court métrage, Disney trouve donc une belle aubaine pour rassasier ses fans en attendant la future suite, tout en profitant de l'occasion pour produire dans la foulée une nouvelle gamme de produits dérivés. La démarche première est certes totalement pécuniaire, toutefois La Reine des neiges - Une fête givrée n'en est pas moins un court métrage produit au rabais. Disney est conscient qu'un ratage sur la franchise causerait de gros problèmes de communication, tout en compromettant l'avenir de la saga. La compagnie décide donc de confier la réalisation de ce court métrage aux mêmes personnes que pour le film de 2013. Chris Buck et Jennifer Lee s'attellent donc, d'abord, à comprendre la recette magique qui a conquit le public puis, ensuite, crée une histoire originale renversant le pitch du premier film. A savoir, que se passerait-il lorsqu'Elsa n'aurait plus aucun contrôle sur ses pouvoirs ? Le succès du film résidant également sur sa bande originale, Christophe Beck, Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez sont également rappelés afin de concevoir une nouvelle chanson inédite. Ils créent ensemble le titre « Making Today a Perfect Day » (« Un grand jour » dans les versions francophones) dont les paroles servent l'histoire du court métrage. Et quitte à devenir un court métrage chantant, La Reine des neiges - Une fête givrée va finalement l'être dans sa quasi-totalité !

Pour ses versions francophones, Disney jouera également le jeu en rappelant également les mêmes adaptateurs et les mêmes comédiens, Dany Boon excepté, ce que regrettera le public français. On retrouve donc à nouveau Anaïs Delva sur les deux versions francophones, respectant ainsi la même cohérence auditive que dans le film de 2013 où elle interprétait déjà le rôle chanté d'Elsa dans les deux versions. De son côté, Véronique Claveau forme à nouveau un joli duo pour la version québécoise, ainsi qu'Emmylou Homs pour la version française. Chacune d'elles reprend le rôle d'Anna comme s'il elles ne l'avaient pas quitté depuis près de deux ans. Même chose concernant Kristoff où Gabriel Lessard et Donald Reignoux qui se réapproprient le personnage comme auparavant. Pour Olaf, Marc Labrèche pousse à nouveau la chansonnette avec succès dans la version québécoise, mais c'est donc Emmanuel Curtil qui reprend ce rôle dans la version française. Cette incohérence n'est en pas totalement une, puisqu'à l'origine c'était lui qui devait interpréter les chansons d'Olaf dans La Reine des neiges, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est présent dans la bande originale vendue dans le commerce. C'est sur l'insistance et l'essai concluant du doublage des chansons par Dany Boon aux Etats-Unis que le rôle lui a finalement été intégralement attribué en 2013. Certes, on regrettera de ne pouvoir le réentendre dans La Reine des neiges - Une fête givrée, mais Emmanuel Curtil s'en sort très bien avec Olaf. Enfin, on relèvera une second regret sur la version française, Frédéric Desager ne retrouve son rôle d'Oaken que dans la version québécoise. Autrefois, on l'entendait aussi dans la version française du long métrage, il est ici remplacé par Olivier Constantin.

Concernant l'adaptation francophone en elle-même, La Reine des neiges - Une fête givrée ne varie pas beaucoup d'une version à l'autre. Deux éléments sont à prendre en compte sur ce fait : d'une part, le format court métrage ne se prête guère à des variations importantes et d'autre part, il est quasiment monopolisé par la chanson « Un grand jour » qui, par cohérence vocale franco-canadienne, est identique des deux côtés de l'Atlantique. Malgré tout, les deux versions francophones vont choisir d'effectuer une pique humoristique très différente après qu'Olaf a réorganisé la banderole dans la cour du château. Au contraire de ce qui est visible à l'écran, où l'inscription est entièrement inscrite en anglais, les deux versions choisissent de mélanger les lettres à partir du bon français « Joyeux Anniversaire Anna ». Pour la version française Donald Reignoux lance donc à la cantonade un succulent « Noyeux Jarni Servaire Nana », tandis que Gabriel Lessard s'exclamera d'un « Joyaux Ananas Reine Venir ». Le compte est bon !

Au final, que retenir de La Reine des neiges - Une fête givrée ? Qu'il s'agit simplement d'une synthèse de sept minutes du film de 2013, reprenant plus ou moins la même formule, enchaînant exactement les même lieux, quasiment dans le même ordre, que dans le scénario de La Reine des neiges (plus particulièrement, le court métrage fait écho à « Je voudrais un bonhomme de neige ») sans en dénaturer ni les personnages ni le contexte. Cela reste donc d'amusantes retrouvailles avec Elsa, Anna, Kristoff, Olaf et tous les autres, en attendant quelque chose de plus consistant dans le véritable La Reine des neiges 2, prévu pour une prochaine année !

21 décembre 2015 par Olikos