Pokémon, le film - Mewtwo contre attaque : Quelques informations

Plus connu sous le titre de "Pokémon, le film", ou bien "Mewtwo contre Mew" (car les affiches et la jaquette du DVD ont en effet embrouillé les spectateurs sur ce point), le titre exact de ce film est en fait Pokémon, le film - Mewtwo contre attaque en France où il est sorti en salle le 5 avril 2000.

Au Québec, le film fut baptisé Pokémon, le premier film pour sa sortie en salle le 6 novembre 1999. Notons que contrairement à la série où ce sont les mêmes comédiens qu'en France qui jouent les personnages (à la seule exception que les noms des personnages et pokémons sont anglais), ce film bénéficie de comédiens exclusivement québécois.

Le film était précédé du moyen métrage Les vacances de Pikachu qui mettait en vedette les deux nouveaux pokémons Marill et Snubbull provenant de la seconde génération encore inédite au moment de la sortie du premier film. Ce moyen métrage d'ouverture introduisant de nouveaux pokémons restera d'ailleurs une tradition respectée par plusieurs des films qui ont suivi.

A ce jour, ce film est encore le plus gros succès mondial pour un film d'animation japonaise. Le film connut d'ailleurs une véritable suite sous la forme d'un téléfilm Le retour de Mewtwo proposé directement en DVD dans le reste du monde.

Insolite : si vous souhaitez voir Pikachu entrer dans une pokéball (hormis sa capture non vue peu avant les évènements du premier épisode de la série), c'est ce film qu'il faudra regarder. Il n'y est en effet plus jamais retourné depuis lors.

Résumé

Alors que Sacha et son ami Pikachu poursuivent leur périple à travers la région de Kanto, il reçoivent une étrange invitation les conviant à affronter les meilleurs dresseurs du monde. Mais derrière ce tournoi se cache le sinistre Mewtwo...

Analyse de l'oeuvre

L'aventure de Pokémon au cinéma est véritablement un tour de génie de la part de Nintendo. Car rien n'aurait pu laisser croire un tel engouement et une telle popularité pour une telle franchise. Tout commence en effet en 1996 quand un certain Satoshi Tajiri va imaginer un concept de jeux-vidéo tout aussi révolutionnaire qu'addictif : le principe de combat et d'échange entre plusieurs joueurs détenant une Game Boy. Il imagine des créatures étranges qu'il nomme les Pocket Monsters, et surtout force le joueur à collectionner ces créatures en imposant un même jeu de rôle sous deux déclinaisons : une verte et une autre rouge. Les deux jeux sont strictement les mêmes dans leur contenu, à ceci près que certaines de ces créatures ne sont disponibles que dans l'une et l'autre version, obligeant les joueurs à procéder à des échanges avec d'autres joueurs via un câble relié entre deux Game Boy pour compléter leur collection. Un concept tout aussi novateur qu'innovant à cette époque. Mais il crée aussi un véritable mythe en dévoilant une ultime créature, le désormais célèbre Mew, qui ne peut être obtenu que lors d'évènements dédiés. La rareté du personnage faisant dès lors de lui l'objet de toutes les convoitises, le concept de Pokémon fait immédiatement fureur car il n'y a jusqu'à ce moment là eu aucun équivalent. 10 millions d'exemplaires s'arrachent comme des petits pains au Japon, le succès est dès lors total !

Nintendo et Game Freaks décident alors conjointement de concevoir une campagne marketing inédite et ingénieuse dès 1997 en mettant en place deux éléments devenus aujourd'hui indissociables de l'univers Pokémon : le jeu de carte basé sur le modèle de Magic, l'assemblée sorti en 1993 qui est particulièrement apprécié des joueurs et des collectionneurs aujourd'hui encore, et bien évidemment, l'incontournable série télévisée. Parallèlement à cela, une équipe autonome va aussi être créée sous l'appellation Pikachu the Movie, elle sera chargée de réaliser le long métrage de conclusion de la série. Parce que la série est un formidable tremplin pour promouvoir la sortie des deux premiers jeux dans le reste du monde, 4Kids! s'octroie immédiatement l'exclusivité des droits de traduction et de la distribution mondiale au plus grand malheur de la série elle-même et des fans... Car le puritanisme des Etats-Unis va conduire au sacrifice sur l'autel public de la série Pokémon en lui donnant un caractère infantilisant qui lui est désormais entièrement associé dans l'esprit du grand public. 4Kids! n'hésitera devant aucun sacrilège vis à vis de la série en remaniant le contexte, redoublant ce qui était trop sensible à leurs oreilles, remixant les musiques sans aucune imagination, censurant à outrance certains épisodes, redessinant certain décors, inversant de nombreuses scènes sans aucune logique, et bien évidemment en occidentalisant la franchise...

Toute cette médisance de 4Kids! va frapper de plein fouet Mewtwo contre attaque, lui ôtant dès lors toute son intelligence et son audace. Parce qu'il faut le reconnaître, le premier film Pokémon est à l'opposé même de la série dont il s'inspire. Les scénaristes ont réellement travaillé leur film, et cherché à lui apporter un souffle épique couplé à beaucoup de noirceur. Le plus intéressant restant l'énigmatique Mewtwo, personnage extrêmement complexe qui n'a rien de foncièrement mauvais. Il cherche avant toute chose à assouvir la quête de son identité. La version internationale de Mewtwo contre attaque, distribuée par Warner Bros à l'époque, se permet de trahir toute l'essence même du scénario en le remodelant complètement sans aucune logique. La séquence d'introduction du film, de près de 12 minutes tout de même, y est totalement supprimée car jugée trop sombre pour le jeune public. Elle est pourtant cruciale à la bonne compréhension du récit. La version internationale remanie également complètement les pensées de Mewtwo mais aussi de Mew, rendant les propos du film complètement caduques. D'autant plus que plusieurs scènes ont été inversées ou déplacées d'un endroit à un autre sans véritable explication, ni la moindre ingéniosité.

Heureusement, tout n'est pas à jeter dans la version internationale du film, la seule disponible dans nos contrées malheureusement. Le film y est ainsi proposé dans une version légèrement plus aboutie par rapport à la version d'origine japonaise. De nombreux effets visuels, en 3D pour la majorité, ont été ajoutés ici et là, donnant un aspect plus saisissant à certaines scènes clefs du film. La version internationale propose également une partition musicale totalement inédite qui, bien que trahissant la volonté des artistes de la version japonaise, offre à Mewtwo contre attaque un aspect plus symphonique, dramatique ou palpitant. Mais hormis cela, il est fortement recommandé, même indispensable pour tout fan qui se respecte de n'apprécier ce film que dans sa seule version japonaise d'origine.

Je ne les ai pas du tout évoquées jusqu'à présent, car les versions francophones sont toutes deux basées sur la version internationale du film, mais je vais le faire dès à présent. Je n'émettrai aucun avis concernant la version québécoise puisque je n'ai jamais eu l'occasion de l'entendre (tout comme celle des deux films suivants d'ailleurs), mais je connais parfaitement bien les divers comédiens qui y participent puisqu'ils ont tous reprit leurs rôles jusqu'au 7e film en 2005. La version française se veut elle totalement fidèle à la série télévisée, on y retrouve donc l'ensemble des comédiens habituels qui offrent ainsi une cohérence à l'univers de Pokémon, et qui surtout se démènent avec un vrai plaisir à jouer avec justesse chacun de leurs rôles. Malgré le remaniement en profondeur de la version internationale, et quelques petites bévues lors de l'adaptation, reconnaissons que la version française de Mewtwo contre attaque reste d'une qualité rare pour un film d'animation à destination du jeune public.

En fin de compte, s'il s'adresse résolument aux seuls fans de la franchise Pokémon, Mewtwo contre attaque reste un premier film à la qualité indéniable pour peu que vous ayez le courage d'en connaître son montage japonais d'origine. Complexe et inquiétant, Mewtwo n'en reste pas moins un personnage fascinant et à la psychologie crédible parfaitement définie. Son passé troublé et ses origines tragiques font même de lui un véritable antihéros. Le message du film - le malaise de cloner un être vivant pour en faire sa "chose" - reste à la fois limpide et logique , confirmant de fait Mewtwo contre attaque comme un très bon film d'animation. Pensée à l'origine comme une conclusion à la série télévisée, son succès planétaire - tout comme le plébiscite de la série d'ailleurs - fera finalement de ce film le premier d'une série de longs métrages annuels à la qualité aléatoire, mais au succès incontournable.

25 janvier 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (1999)

Ash : Sébastien Reding 1

Misty : Kim Jalabert 1

Brock : Martin Watier 1

Lorenzo : Gérard Delmas 1

Jessie : Christine Séguin 1

James : Antoine Durand 1

Meowth : François Sasseville 1

Agent Jenny : Camille Cyr-Desmarais 1

Infirmière Joy : Julie Burroughs 1

Pikachu : Ikue Ohtani 1

Giovanni : Daniel Picard 1

Mewtwo : Benoît Marleau 1

Doublage français d'origine (2000)

Sacha : Aurélien Ringelheim 2

Ondine : Fanny Roy 2

Pierre : Antoni Lo Presti 2

Jessy : Catherine Conet 2

James : David Manet 2

Miaouss : Nessym Guetat 2

Mewtwo : Jean-Marc Delhausse 2

Agent Jenny : Guylaine Gibert 2

Infirmière Joëlle : Lydia Cherton 2

Giovanni : Patrick Deschamps 2

Dresseur Corey : Jean-Marc Delhausse 3

Dresseur Fergus : Olivier Korol 3

Dresseur Raymond : Alexandre Crepet 3

Dresseuse Neesha : Marie Van Renterghem 3

Docteur Fuji : Philippe Roullier 3

Miranda : Christine Paris 3

Pikachu : Ikue Ohtani 1

Narrateur : Daniel Nicodème 2