The Snow Queen - La Reine des neiges : Quelques informations

The Snow Queen - La Reine des neiges est un film d'animation russe commercialisé directement en vidéo le 23 novembre 2013 en France, en version Blu-ray 3D et DVD et le même jour au Québec en version anglaise exclusivement. Il a été diffusé pour la première fois sur Gulli le 9 décembre 2013, profitant ainsi de la sortie de la version Disney quelques jours plus tôt.

Le saviez-vous ? Pour éviter toute confusion possible avec le film d'animation Disney, ce long métrage russe arbore son titre en deux langues, ce qui a donc été respecté dans cette fiche.

Résumé

Une malédiction jetée par la Reine des neiges a plongé un royaume lointain dans un long et rigoureux hiver. L'unique menace pour cette reine maléfique est un miroir magique. Un troll, sous les ordres de la reine, va traquer ce miroir durant plusieurs années. C'est ainsi qu'il le retrouvera, et enlèvera son propriétaire, Kai. Mais c'est sans compter le courage de Gerda, sa soeur, qui se lance alors dans un incroyable voyage pour le retrouver...

Analyse de l'oeuvre

Il n'y a pas si longtemps, j'évoquais avec une cousine le conte de La Reine des neiges. Elle faillit avaler de travers quand je lui indiquais que c'était une oeuvre écrite par Hans Christian Andersen. Elle qui connaissait jusque là l'unique version Disney de l'histoire, sans aucun rapport direct avec l'intrigue originale, je lui apprenais que non, Disney n'avait pas inventé de toute pièce son film d'animation de 2013, et qu'il existait une autre version un peu plus proche du conte d'origine réalisée en Russie sorti un an auparavant. Cette version connaîtra au passage elle aussi un grand succès critique pour une grande nation qui fut, un temps, l'une des plus grandes productrices de films d'animation. Pour rappel, le 20 juin 1936, Joseph Staline ordonna la création du plus grand studio d'animation de la Russie, Soyuzmultfilm, destiné à concurrencer les américains dont leurs courts métrages avaient fait sensation. Pendant 45 ans, Soyuzmultfilm va produire plus de 1500 longs métrages d'animation, dont une première version de La Reine des neiges en 1957, avant que le bloc communiste n'éclate durant les années 1980. Le studio, intégralement financé par le gouvernement, ne reçu plus aucun crédit et fit faillite. Son catalogue fut revendu, bradé, dilapidé même aux quatre coins du monde, conduisant à des aberrations éditoriales à l'image du pauvre Le petit cheval bossu. La Russie va alors disparaître petit à petit des radars des amoureux des films d'animation. Jusqu'à ce que Maxime Sveshnikov et Vladlen Barbe décident de réaliser le premier long métrage russe intégralement en 3D !

C'est en 2007 qu'est fondé le studio Wizart Animation, spécialement dans le but de réaliser The Snow Queen - La Reine des neiges. Il est possible, même très probable, que le choix du studio pour ce conte fut inspiré par Disney en tant que belle opportunité. Mais au lieu d'en faire quelque chose de radicalement différent comme le fait le concurrent américain, Wizart Animation va piocher toute sa matière première dans les sept récits indépendants de Hans Christian Andersen afin d'en dégager une histoire de fratrie cohérente et astucieuse. La mythologie du récit est ainsi basée sur une combinaison heureuse entre les deux premiers chapitres Qui traite d'un miroir et de ses morceaux et Un petit garçon et une petite fille. Du premier récit, on retrouve ainsi le puissant magicien ayant créé un miroir magique. Mais au lieu d'être maléfique, ce dernier a conçu un miroir capable de refléter l'âme véritable de la personne qui le regarde. La Reine ayant peur du pouvoir de ce miroir décide d'éliminer le magicien et de détruire tous les miroirs du royaume. Une sombre prédiction est cependant rajouté au récit, prédisant que la descendance du magicien pourrait un jour briser ses pouvoirs. Du second récit, on retrouve les personnages de Gerda et Kai, qui sont cependant devenus les deux enfants du magicien, mais séparés et confiés à un orphelinat dès leur plus jeune âge. L'histoire diverge ensuite par le kidnapping de Kai par un malicieux troll nommé Orm.

La seconde moitié du récit met principalement en scène Gerda, Orm et une fouine, qui traversent diverses épreuves inspirées par les troisième (Le Jardin de la magicienne), quatrième (Prince et Princesse), cinquième (La Petite Fille des brigands) et sixième (La Femme laponne et la Finnoise) récits écrits par Hans Christian Andersen. L'occasion est propice de traverser des environnements différents, destinés à ralentir la quête de Gerda et justifier au passage le format long métrage. Ingénieusement, chaque étape du voyage de Gerda est ponctué d'univers variés et très colorés, permettant de découvrir des lieux plus ou moins exotiques, loin du seul froid hivernal. Gerda réussit à affronter chacun de ses opposants en restant naturelle. Elle va même, d'une certaine manière, leur donner une bonne leçon. Toute la deuxième moitié du film permet d'affiner la relation entre Gerda et Orm, dont la duperie initiale se transforme petit à petit en quelque chose de plus solide tout au long de l'histoire. Indéniablement, le duo fonctionne à merveille, à tel point que le final du récit, qui ne garde que quelques idées du septième et dernier récit (Ce qui s'était passé au château de la Reine des neiges et ce qui eut lieu par la suite), surprend le spectateur embarqué dans une confrontation finale vraiment éblouissante !

Wizart Animation n'a pas les épaules aussi solides que les Walt Disney Animation Studios, la qualité artistique générale s'en ressent donc sans surprise à l'écran. Cependant, avec le peu de moyens dont il dispose, le studio offre un rendu superbement cohérent. Le film propose aussi quelques moments de pure animation 2D, ainsi que de très bonnes idées de mise en scène. The Snow Queen - La Reine des neiges donne d'ailleurs le ton dès l'ouverture du film, où l'on rentre directement dans l'action d'une endiablée course-poursuite en calèche. Les personnages principaux bénéficient d'un soin manifeste, tandis que leur animation reste globalement de bonne qualité. Le long métrage regorge également d'effets spéciaux d'excellente facture, plus particulièrement les effets de flammes, de brouillard (dont l'impressionnant vent glacé) et de fumée. On relèvera aussi le très bon rendu de la neige, qui réussit à être meilleur que la granuleuse version Disney ! Enfin, The Snow Queen - La Reine des neiges propose une bande originale soignée, dépourvue de la moindre chanson, à l'exception de son énergique générique de fin.

Très loin d'être une parodie ou un pastiche éhonté de la version Disney, Wizart Animation surprend avec son premier long métrage d'animation qui réussit à être à la fois palpitant et épique d'un bout à l'autre. Car, tout en voulant rester fidèle au conte Hans Christian Andersen, The Snow Queen - La Reine des neiges parvient à brosser une toute nouvelle histoire palpitante d'excellente facture, aussi surprenante qu'agréable à découvrir. Cette version de l'histoire se révèle également un excellent contrepoint à la version Disney qui officie dans un tout autre registre, tout aussi agréable, mais foncièrement différent. Plébiscité par le public, Wizart Animation n'a donc bien entendu pas tardé à surfer sur la vague en produisant deux suites à son film : une première en 2014, commercialisée le 3 novembre 2015 en France sous le titre de The Snow Queen 2 - Le miroir sacré et qui promulgue l'excellent Orm comme personnage principal, ainsi qu'une seconde, The Snow Queen 3 - Feu et glace, prévue en 2016 !

25 septembre 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2013)

Gerda : Isabelle Volpe 1

Orm : Patrick Noérie 1

La Reine des neiges : Claudine Gremy 1

Kai : Jean Adrien Espiasse 1

La fleuriste : Anne Plumet 1

Le Prince : Jean Marco Montalto 1

La shamane : Susan Sindberg 1

Le Roi : Olivier Angèle 1

La femme pirate : Pauline de Meurville 1

La fille pirate : Gabrielle Jeru 1

Le directeur de l'école : Loïc Houdre 1

Le serviteur du Palais : Jacques Albaret 1

Sources : 1Carton TV Gulli