Kung fu panda 2 : Quelques informations

Kung fu panda 2 est sorti en salle le 26 mai 2011 au Québec et le 15 juin 2011 en France. Le long métrage dispose d'une version québécoise ainsi qu'une version française.

Résumé

Le rêve de Pô s'est réalisé. Il est devenu le Guerrier Dragon, qui protège la Vallée de la Paix avec ses amis les Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère et Singe. Mais cette vie topissime est menacée par un nouvel ennemi, décidé à conquérir la Chine et anéantir le kung-fu à l'aide d'une arme secrète et indestructible. Comment Po pourra-t-il triompher d'une arme plus forte que le kung-fu ? Il devra se tourner vers son passé et découvrir le secret de ses mystérieuses origines. Alors seulement, il pourra libérer la force nécessaire pour vaincre...

Analyse de l'oeuvre

Je vous avoue que j'éprouve un immense plaisir d'achever la seconde période du site en analysant Kung Fu Panda 2. Plus encore que la saga Dragons, que je considère déjà comme une pépite du cinéma d'animation, je suis littéralement passionné par les aventures de Pô, Tigresse, Singe, Vipère, Mante, Grue, Maître Shifu et tous les autres. Plus particulièrement ce second long métrage que je trouve parfait à tous les points de vue ! A mon humble avis, Dreamworks Animation SKG nous livre ici un véritable chef d'oeuvre. Voilà, c'est dit ! Circulez, je n'ai plus rien à dire. Quoi, vous insistez ? J'ai réellement besoin de vous convaincre ?? Bon, d'accord, rentrons donc plus dans le détail. Si vous vous rappelez mon analyse de Kung Fu Panda, je laissai entendre qu'au delà du pur divertissement cinématographique, le long métrage était rempli de symboliques très fortes, transformant l'histoire de Pô en un voyage initiatique. A présent il doit vivre une autre quête, une quête intérieure : découvrir qui il est. Comme toutes les meilleures suites produites au cinéma, Kung Fu Panda 2 nous remémore donc le passé afin de mieux comprendre le présent. Pour y parvenir, Dreamworks choisit d'opposer le panda au... paon. Une idée aussi brillante que jubilatoire !

Pourquoi jubilatoire ? Parce qu'en opposant ces deux personnages, Kung Fu Panda 2 évoque la mythologie chinoise. Depuis le premier film, Pô a toujours été désigné comme le guerrier dragon. Dans le folklore chinois, le dragon est une figure impériale dominante présente dans quasiment toutes les légendes. C'est une force positive qui veille au bien être de ses sujets et possède une affinité naturelle avec l'eau. L'élément liquide accompagne Pô dans chacune de ses décisions dans la quasi-intégralité du long métrage du début où Maître Shifu tente de lui enseigner une technique de relaxation, au milieu lorsque la pluie s'abat quand il se perd dans sa mémoire, jusqu'à la toute fin où il parvient à enfin trouver la paix de son âme. Son opposé ne pouvait donc qu'être lié à l'élément feu. En ayant suivi mon raisonnement, vous comprendrez tout de suite l'importance de l'antagoniste dans le récit. Seigneur Shen utilise ainsi le feu et la poudre pour faire régner la terreur sur la Chine. De fait, Shen est la face complémentaire de Pô, son naturel opposé. Si ce dernier était le dragon, Shen est donc le phoenix, l'autre figure impériale chinoise. Mais un phoenix perverti par une sombre prédiction découverte dans sa jeunesse. Bref, un phoenix qui a perdu sa noblesse d'âme.

L'ingéniosité du personnage de Shen repose sur son apparence. Au lieu de choisir un paon traditionnel, avec ses multiples couleurs chaleureuses, Dreamworks préfère nous montrer à l'écran un paon albinos (en plus d'avoir les yeux rouges, les ocelles sur sa queue le sont également). Le blanc immaculé de sa parure, généralement symbole de pureté, accentue d'autant le malaise que l'on ressent en le découvrant que le contraste terrible qui existe avec la noirceur de ses actes. Non content d'être machiavélique, Shen reste à l'écran un personnage à l'allure distingué, soigné mais malheureusement imbu de lui-même. Son style de combat, fluide et acrobatique, en fait un ennemi redoutable, surtout qu'il n'hésite pas à tricher quand l'affrontement tourne en sa défaveur. Pourtant, plus le scénario avance, plus le passé de Shen nous est dévoilé. Plus on en apprend de lui, et plus le malaise s'intensifie. On comprend vite que la condition d'albinos a été un véritable handicap pendant l'enfance de Shen, rejeté inconsciemment par ses propres parents. Il a ainsi nourrit une haine farouche sur sa condition et ses parents, puis développé son goût pour l'ambition. Dès lors qu'il a apprit ce que la prédiction lui réservait dans son avenir, il a alors franchit la ligne rouge. Plus aucun retour en arrière n'est possible pour lui. On dit toujours qu'un bon film se mesure souvent au prestige d'un méchant à l'écran. Kung Fu Panda 2 offre le méchant le plus charismatique et le plus tragique que Dreamworks ait pu imaginer !

Kung Fu Panda 2 développe de multiples histoires parallèles. Celle de Seigneur Shen, que je vous ai exposée, est la plus sombre d'entre elles. C'est de son histoire que découle toutes les autres, notamment la quête des origines de Pô. Mêlant tous les protagonistes de l'histoire, son histoire est superbement amené dans le scénario. Entre son père l'oie qui désespère perdre à jamais son unique fils, les cinq cyclones qui ne reconnaissent plus leur ami mortifié, Maitre Shifu qui comprend qu'un drame se prépare ou encore les grands maîtres du kung-fu qui perde tout espoir, le long métrage semble peu à peu se murer en tragédie. Pourtant, réinventant la recette déjà goûteuse de Kung Fu Panda premier du nom, Dreamworks réussit avec brio à dédramatiser systématiquement l'intrigue par un savant mélange de rire et d'émotion. Chaque évènement dramatique vécu par les personnages s'accompagne toujours d'une pique humoristique, pas du tout lourdingue, ni même appuyée. Juste ce qu'il faut pour redonner une belle lueur d'espoir au spectateur qui n'attend donc qu'à découvrir la suite avec impatience.

Dreamworks nous offre avec Kung Fu Panda 2 un film artistiquement éblouissant. La mise en scène plus particulièrement est réellement renversante. Bien qu'il s'agisse d'un long métrage d'animation, plusieurs scènes du film sont composées de façon à donner le sentiment de vivre de très longs plans séquences où la caméra virevolte autour des personnages sans aucune interruption. Les séquences d'action y sont donc magnifiées alors même qu'elles font régulièrement dans la démesure. Les combats offrent également une esthétique incroyable, alternant des mouvements d'une fluidité sans faille qui nous scotche à notre siège tout en proposant quelquefois des moments de pur délire digne d'un long métrage de Jackie Chan. Le long métrage trouve aussi un excellent équilibre entre l'animation 3D, extrêmement riche en détails de toutes sortes, et l'animation 2D, plus dépouillée, représentant les souvenirs de Pô. Les deux techniques se mêlent sans aucune anicroche, se combinant même parfaitement ensemble. Afin d'accompagner dignement le côté visuel, la bande originale fait également un véritable sans faute. Les musiques modernes côtoient des sonorités chinoises, tandis que la combinaison des deux offre de la peur, de la joie, de l'empathie ou même un aspect festif à ses spectateurs ! La bande originale sait aussi se faire silencieuse lorsque cela s'avère nécessaire.

J'aurais sans nul doute encore énormément de choses à vous dire sur Kung Fu Panda 2, mais je pense qu'il va arriver un moment où je vais finir par vous lasser. En guise de conclusion, je souhaite simplement avoir réussit à partager avec vous mon enthousiasme, non simulé, autour de ce long métrage magnifique signé Dreamworks Animation SKG. A partir du moment où on se laisse emporter par l'intrigue, plus profonde qu'il n'y paraît, qu'on se laisse porter par la mise en scène, foisonnante de bonnes idées, qu'on se laisse bercer par une bande originale d'une rare qualité, Kung Fu Panda 2 ne peut au final que se révéler être le formidable chef d'oeuvre que je vous évoquais dès le début de cette analyse. Un incontournable donc qui n'a au final qu'un unique défaut : le film se termine sur une fin ouverte appelant à un troisième volet, dont la sortie n'aura lieu qu'en 2016. Je l'attends déjà avec une immense impatience !

26 juin 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2011)

Po : Hugolin Chevrette 1

Monkey : François L'Écuyer 1

Crane : Gilbert Lachance 1

Maître Shifu : Guy Nadon 1

M. Ping : Hubert Gagnon 1

Tigresse : Hélène Mondoux 1

Vipère : Michèle Lituac 1

Chef des Loups : Sylvain Hétu 1

Lord Shen : Daniel Picard 1

Mantis : Tristan Harvey 1

Soothsayer : Danièle Panneton 1

Doublage français d'origine (2011)

Po : Manu Payet  2

Shifu : Pierre Arditi  2

Tigresse : Marie Gillain  2

Singe : William Coryn  2

Mante : Xavier Fagnon  2

Vipère : Mylène Jampanoï  2

Grue : Tomer Sisley  2

Maître Rhino : Philippe Peythieu  2

Maître Bouf : Paul Borne  2

Maître Croc : Patrice Baudrier  2

M. Ping : Michel Tureau  2

Divinatrice : Jocelyne Darche  2

Seigneur Shen : Bernard Alane  2

Chef Loup : Gilles Morvan  2

Sources : 1Doublage.qc.ca, 2Voxofilm