Futurama - La grande aventure de Bender : Quelques informations

Futurama - La grande aventure de Bender sort directement en vidéo au Québec le 27 novembre 2007, exclusivement en version originale sous-titrée. En France, il sort aussi en vidéo le 11 juin 2008, doublé en français. Chronologiquement, le long métrage fait directement suite au dernier épisode de la saison 4 de Futurama (selon l'ordre de production et non de diffusion). On notera qu'aux Etats-Unis, ainsi qu'au Canada, il s'agit d'un des rares longs métrages animés a avoir été distribué sur UMD, le support propriétaire de la Sony PSP.

Il faut attendre 2009 pour que NRJ12 le propose à la télévision française en quatre épisodes séparés, dans un odieux recadrage. Ces quatre épisodes, originellement conçus nativement au format 16/9, ont été - et le sont toujours actuellement - proposés dans un horrible mode 4/3 zoomé en 16/9 faisant perdre près d'un tiers de l'image (C'est malheureusement aussi le cas des trois autres téléfilms). La comparaison visuelle ici présente se passe de plus amples explications.

Résumé

Des aliens maléfiques à tendance nudiste envoient Bender, pas tellement contre son gré, dans un voyage à travers le temps afin de dérober les trésors historiques de la Terre ! Le valeureux équipage du Planet Express va-t-il sauver la planète ? Leela va-t-elle trouver le grand amour ? Le terrible secret du posterieur de Fry va-t-il enfin être révélé ? Bender va-t-il détruire le monde

Analyse de l'oeuvre

La première fois que j'ai vu un unique épisode de la série Futurama, je crois me souvenir que c'était un samedi soir en clair sur la chaîne Canal+ autour de l'année 2000. Bilan, je n'ai absolument rien compris au concept. J'ai même eu la malheureuse idée de la qualifier de sous-Simpson. Dans la foulée, je n'ai alors plus jamais regardé aucun autre épisode. La honte ! Il m'a ensuite fallu 12 ans - oui 12 ans ! - pour la découvrir réellement. Comment et pourquoi ? Parce que NRJ12 proposait Futurama en quotidienne durant la pause déjeuner. Ayant du temps à perdre pendant le repas en attendant la reprise au boulot (et parce qu'il n'y avait pas grand-chose à voir d'autre à cet heure là, sinon l'increvable La petite maison dans la prairie), j'ai fini par complètement plonger dans cet univers futuriste, délirant et pertinent imaginé par Matt Groening. Oublié la mauvaise, et stupide, considération première que j'avais eu pour cette formidable série animée qui ne souffre d'aucune grosse lacune, si ce n'est le chaos engendré par sa très compliquée version française. Cela est même regrettable de se dire que Futurama a connu quelques déboires, notamment en étant annulée à trois reprises, mais il faut reconnaître qu'avec son nombre plus réduit d'épisodes que sa lointaine soeur Les Simpson, elle a le mérite d'être restée presque toute sa vie une série de qualité. Étant donné que je n'aborderai sur le site que les quatre longs métrages, il est quand même important de faire un petite rétrospective avant d'entrer dans le vif du sujet.

Futurama naît en 1997 dans l'esprit vif de Matt Groening, mais aussi dans celui de David X. Cohen un véritable passionné de science-fiction qui apportera à la série un nombre incalculable de références aux plus grandes oeuvres du genre, notamment Star Trek. Bien que auréolés du succès de Les Simpson, les deux hommes mettent quasiment deux ans à négocier le lancement de leur nouvelle série animée avec la chaîne américaine Fox. Le 28 mars 1999 "Spaciopilote 3000", le premier épisode de Futurama, est lancé et rencontre un gros succès d'audience. Dans ce tout premier épisode, le livreur un peu débile Philip J. Fry se retrouve accidentellement cryogénisé durant la nuit de la Saint Sylvestre 1999. Il est alors décongelé à l'an 3000, découvrant qu'il se retrouve désormais tout seul dans un monde qu'il ne connaît pas. Il fait ensuite la rencontre de la cyclope Leela Turanga, dont il tombe plus ou moins sous le charme, fait la connaissance dans une cabine à suicide d'un robot alcoolique nommé Bender et finit par retrouver la trace de son très lointain petit neveu le Professeur Hubert J. Farnsworth. Commence alors une longue, et nouvelle, association de livreurs aussi loufoque que géniale : la société Planet Express. La chaîne Fox et Futurama vont ainsi coexister pacifiquement pendant un peu plus de trois ans, jusqu'à ce que le couperet tombe.

Futurama coûtant trop cher à produire, la Fox annule la série au terme de sa quatrième saison de production. La série a cependant le temps de se parachever sur une note douce amère dans un formidable dernier épisode, "La Main du Diable dans la culotte d'un Zouave", raconté sous la forme d'une comédie musicale croustillante. La conclusion est admirable, même si elle tire une larme aux spectateurs. Car contrairement à Les Simpson, qui remet plus ou moins le compteur à zéro à chaque nouvel épisode, Futurama est une série qui évolue continuellement, enrichissant constamment la personnalité de ses héros. A grands regrets, l'équipe de choc Futurama s'achève en avril 2003, mais continue de vivre au-delà de l'écran dans le coeur de ses spectateurs. Cette année là, David X. Cohen évoque d'ailleurs dans une interview son amertume vis à vis de cette annulation pour une série qu'il affectionne, regrettant de ne pouvoir rivaliser avec les émissions de télé-réalité bas de gamme amenés à remplacer Futurama. Tout aurait pu s'achever ainsi, mais le destin en décide autrement. Bien que la Fox a annulé la série, Futurama connaît un très gros succès en vidéo et se constitue une base solide de fans qui soutiennent activement la série malgré son arrêt. Un succès qui va grandissant, notamment via les rediffusions sur la chaîne américaine Cartoon Network qui récupère les droits de diffusion de la série entre 2002 et 2007. Si la Fox reste désintéressée par le retour de Futurama sur sa grille de programme, ce succès populaire attire cependant l'attention de la chaîne américaine Comedy Central. Un deal est rapidement conclu avec la production.

Au Comic Con de San Diego en 2007, Matt Groening annonce fièrement devant une foule médusée que la série Futurama vient tout juste d'être ressuscitée. Ne faisant pas les choses à moitié, il annonce dans la foulée que ce sont pas moins de quatre téléfilms d'une heure vingt qui vont être réalisés et que chacun de ces quatre téléfilms va ensuite être réaménagé de façon à ce que cela puisse constituer une cinquième saison inédite de seize épisodes spécialement pour la chaîne Comedy Central. Sur le fond, comme sur la forme, Futurama revient donc de façon inespérée et complètement métamorphosée ! Car, bien que la série ai évolué en quatre saisons jusque là, chaque épisode était plus ou moins indépendant des autres. C'est le 27 novembre 2007, quelques semaines seulement après Les Simpson, le film, que La grande aventure de Bender (Bender's Big Score en version originale) est enfin commercialisé aux Etats-Unis. Après quelques péripéties, dont Alexis Tomassian claquant la porte du studio de doublage pour différents sur la qualité d'adaptation, il faut attendre le 11 juin 2008 que le téléfilm reviennent en France. Que vaut-il ? Il serait peut-être temps d'en parler !

La grande aventure de Bender prend la forme d'un immense hommage à la gloire de la série et s'adresse, presque intégralement, à ses fans de toujours. Contrairement à la très familiale série Les Simpson, Futurama a toujours été tournée vers des spectateurs de niche, des geeks diront nous, ayant une solide connaissance de l'univers. Les scénaristes ont ainsi toujours fait extrêmement attention à tout ce qui est dévoilé dans leurs intrigues, levant souvent le voile sur des choses jusqu'alors insoupçonnées, le tout sans jamais trahir la cohérence temporelle des évènements. Pour autant, La grande aventure de Bender réintroduit la série de façon magistrale, taclant au passage les anciens dirigeants de la Fox. David X. Cohen et Ken Keeler parviennent en quelques minutes à présenter le contexte, rappeler la mémoire des fans (fausse coupure pub incluse) et introduire l'univers aux néophytes sans que cela ne heurte aucun spectateur. Bien au contraire, même ! La grande aventure de Bender enchaîne ensuite sur ce qui fait sa force : apporter un oeil critique à notre société de consommation bien contemporaine, mais transposée dans un univers fantasmé futuriste. En l'occurrence démontrer que le problème humain se situe généralement entre la chaise et l'ordinateur : le Professeur Farnsworth va en effet être à l'origine de la cession de la Terre à des aliens nudistes opportunistes !

Autour de cette thématique, La grande aventure de Bender revient aux fondamentaux de Futurama. Elle se risque une fois encore dans les méandres des voyages temporels et ses inévitables paradoxes. L'idée est brillante car elle permet de redécouvrir sous un autre angle des évènements aperçus dès le tout premier épisode de la série sans une seule fois les trahir. On assiste à de nouvelles scènes de la vie quotidienne de Fry dans le passé que l'on n'aurait pas soupçonnées possibles. Le long métrage, porté à la gloire de Bender, permet au robot de jouir de ses innombrables vices, spatio-temporels pour l'occasion ! Il va et il vient au gré de ses humeurs, ou bien parce qu'il est possédé par un virus informatique, à travers le temps pour démolir tout ce qui peut l'être. Tout ça, avec son humour salace légendaire. C'est d'ailleurs uniquement sous sa forme originale que La grande aventure de Bender fonctionne le mieux. Le redécoupage en quatre épisodes ne convient guère au téléfilm, Futurama ne se prêtant vraiment pas bien au concept de sérialisation télévisée. J'ai été ainsi en partie déçu la première fois, car j'avais été obligé de suivre l'aventure sur quatre jours sur NRJ12. Or, quand on le regarde les quatres épisodes indépendamment des autres, la troisième partie du récit accuse un sérieux coup de mou. Au contraire, dans le téléfilm dans son entier, cette partie du récit est un mal nécessaire qui prend tout son sens lors du formidable twist final.

Sur le plan technique La grande aventure de Bender fait jeu égal, si ce n'est à peine un peu mieux, que les quatres premières saisons de la série. C'est forcément regrettable, particulièrement si on se met à le comparer à Les Simpson, le film. Mais la raison est simple : le budget alloué à la production de ce téléfilm n'est absolument pas le même. Pourtant, qu'importe ce constat, La grande aventure de Bender permet de retrouver le Futurama tel qu'on l'a toujours connue. Le téléfilm arrivant même à caser pratiquement tous les personnages emblématiques de la série. On retrouve donc ce mélange agréable 2D et 3D en Cel Shading (une technique qui consiste à rehausser d'un trait noir les contours d'une image 3D), marque caractéristique de Futurama. Sur le plan sonore, Christopher Tyng revient se charger de la bande originale du film. On retrouve donc la même ambiance musicale qu'auparavant, bizarreries et délires audio compris. C'est même dans ce téléfilm que le génial générique de la série est proposé pour la toute première fois en version étendue ! Par contre, pour la version française, on dira qu'elle fait un peu peine à entendre.

Spécialement conçu pour le marché vidéo, La grande aventure de Bender s'affranchit pour la première fois de son langage "aseptisé spécial CSA" et tente les mots crus. Malheureusement pour lui, la plupart des gags en français tombent à plat. Si l'on est ravi de retrouver la plupart des voix originales (la série ayant changée de studio de doublage et les épisodes diffusés dans le plus pur désordre, les quatre premières saisons de Futurama alternent parfois différents comédiens), la qualité du jeu laisse donc un peu à désirer. Et la cruelle absence de Alexis Tomassian sur Fry crée un gros manque que Laurent Mantel est incapable de combler. Malgré tout, la qualité du scénario permet de passer outre ce désagrément, à moins bien sûr de choisir la version originale sous-titrée.

Au final, La grande aventure de Bender renoue avec son succès d'antan et réamorce Futurama sur de très bonnes bases. A la fois hommage assumée à sa propre gloire et complet renouveau, le téléfilm permet en moins d'une heure à n'importe quel amateur de replonger avec délice dans cette série futuriste aussi délirante qu'attachante. Bref, c'est un incontournable pour patienter... en attendant la suite !

27 janvier 2017 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2008)

Philip J. Fry : Laurent MANTEL 1

Leela Turanga : Blanche RAVALEC 1

Bender : Bernard TIPHAINE 1

Pr Hubert Farnsworth : Jean-Pierre MOULIN 1

Hermes Conrad : Lionel MELET 1

Dr Zoidberg : Bernard TIPHAINE 1

Amy Wong : Julie TURIN 1

Kif Kroker : Michel LASORNE 1

Nudar : Lionel MELET 1

Lars Fillmore : Michel LASORNE 1

Nibbler : Laurent MANTEL 1

Barbados Slim : Laurent MANTEL 1

Al Gore : Laurent MANTEL 1

Charles De Gaulle : Bernard TIPHAINE 1

Père-Noël : Michel LASORNE 1

Scruffy : Michel LASORNE 1

Richard Nixon : Jean-Pierre MOULIN 1

Dr. Cahill : Julie TURIN 1

Cubert Farnsworth : Julie TURIN 1

Zapp Brannigan : Lionel MELET 1