De la neige pour Noël : Quelques informations

De la neige pour Noël est un long métrage norvégien réalisé en 2013 par Rasmus A. Sivertsen. Il sort en France le 26 novembre 2014. Pratiquement inconnus jusque là en France, les personnages vivent ici leur seconde aventure cinématographique 38 ans après Grand Prix en 1975 !

Résumé

C'est bientôt Noël ; les habitants de Pinchcliffe désespèrent de voir tomber les premiers flocons, surtout Plosen, qui prédit depuis plusieurs semaines des chutes de neige pour augmenter les ventes de son journal. Sa crédibilité est mise à rude épreuve et les villageois menacent de ne plus acheter son quotidien si la neige n'arrive pas. Mais quand il apprend que l'inventeur Féodor a créé un canon à neige révolutionnaire, il a soudain une idée lumineuse...

Analyse de l'oeuvre

Le canard Solan Gundersen, la taupe Ludvig et l'inventeur Féodor sont des vétérans du cinéma d'animation et n'en sont pas à leur première aventure ! Ils ont pour la première fois été conçu par l'auteur norvégien Kjell Aukrust en 1954. Le succès des personnages du village Pinchcliffe est tel qu'en 1975 le réalisateur norvégien Ivo Caprino va réaliser le film d'animation image par image intitulé Grand Prix qui va les mettre en scène. Le long métrage devient cette année là le plus grand succès du cinéma d'animation norvégien, avec une longévité de diffusion record qui va durer près de 30 ans. Une réputation de chef d'oeuvre un peu surfaite à mon avis car, à l'exception de sa dernière demi-heure particulièrement palpitante, le reste du métrage est relativement poussif et techniquement peu convaincant même pour son époque. Malheureusement, la veille du jour de Noël 2002, Kjell Aukrust disparaît laissant orphelins ses nombreux personnages. En 2008, Harald Sommerin Simmonaes décide de les remettre en scène en écrivant le nouvel album Solan og Ludvigs jul (grosso modo "Solan et Ludvigs fête Noël") qui va servir de base au scénario d'un second et tout nouveau long métrage Solan og Ludvig - Jul i flåklypa qui sort en 2013 en Norvège. Il faut cependant attendre un an de plus pour que l'éditeur Les Films du Préau, spécialisé dans les films à destination des enfants, ne lui accorde une chance en France où le film est rebaptisé pour l'occasion De la neige pour Noël, effaçant de fait le nom des personnages car ils sont inconnus du grand public francophone.

Au premier abord, De la neige pour Noël fait beaucoup penser à un épisode prolongé de la série Wallace et Gromit. Il faut dire que l'inventeur Féodor connaît ce même génie à la confection d'engins tout aussi formidables que franchement bizarres. Mais la comparaison s'arrête là, dans le sens où Wallace et Gromit sont un duo indissociable (l'un complète obligatoirement l'autre), alors que Féodor est à la fois un homme intelligent et réfléchi. Il a également un goût de l'excellence dans son travail, ce qui l'absorbe complètement quand il invente. Cependant, quand il juge une de ces créations comme imparfaite, il préfère immédiatement la mettre au rebut. Malheureusement, sa dernière invention, un canon à neige, attire les convoitises de Plosen, un rédacteur en chef en mal de scoop ! Celui-ci annonce en effet dans son journal depuis le mois de septembre qu'il va bientôt neiger ! Or, les premiers flocons n'arrivant jamais, cela rend son journal très vite impopulaire. Il voit dans ce canon à neige l'opportunité qui lui manquait, celle de pouvoir prédire le temps avec exactitude ! S'ensuit alors une succession de péripéties saugrenues et cocasses où Plosen, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Vladimir Poutine soit dit en passant, va développer un belle mégalomanie qui condamne à la destruction de Pinchcliffe ainsi que tous ses occupants !

C'est un peu par pur hasard que j'ai choisi d'aborder ce long métrage, alors que je cherchais un film ayant pour thème Noël. Ce qui m'a surpris, plus encore que son scénario plutôt léger dans son contexte mais très drôle dans son approche, c'est incontestablement la qualité de son animation. A la différence de ce que produit le studio britannique Aardman, champion toutes catégories de l'animation en pâte à modeler, le studio norvégien Qvisten Animation préfère réaliser un long métrage à base de poupées. La surprise, de taille, provient du formidable travail d'expressivité de celles-ci dont les animateurs apportent une fluidité étonnante à ces personnages de chiffon et de plastique ! Tout y paraît si naturel, si criant de réalisme, que j'en ai été totalement séduit. De fait, je me suis laissé emporter par l'histoire dont l'ensemble des protagonistes sont tout bonnement craquant. Même Pinchcliffe semble un village accueillant et crédible tant le soucis du détail a été porté à l'extrême. Une preuve que ces trois années pour réaliser De la neige pour Noël n'ont clairement pas été gâchées !

Malgré l'enthousiasme que j'ai pu avoir devant De la neige pour Noël, il faut tout de même un peu relativiser les choses. Ce long métrage, aussi beau et ingénieux soit-il, s'adresse en priorité aux enfants. On n'échappe donc pas aux poncifs du genre avec, par exemple, un narrateur qui va régulièrement décrire en détail ce qui se déroule à l'écran. Au début, cela ne gêne pas du tout, car cela permet à tout le monde de rentrer dans l'univers du film et ainsi comprendre la relation qui existe entre les personnages. Par la suite par contre, cela devient redondant et inutile. On ne peut pas non plus échapper aux questions de morale, principalement à travers le très effrayé Ludvig qui, comme un jeune enfant, découvre encore le monde qui l'entoure. Mais n'en tirez pas une conclusion trop hâtive, le réalisateur Rasmus A. Sivertsen insuffle à De la neige pour Noël un côté adulte discret mais ingénieux, clairement destiné à plaire aux parents accompagnant leurs enfants. Grand ou petit, on ressort de la projection globalement satisfait de ce que l'on a vu !

Du point de vue francophone et même plus largement par rapport à l'ensemble des longs métrages que j'ai pu analyser sur le site, le film norvégien De la neige pour Noël apparaît comme un véritable O.V.N.I. sur la forme comme sur le fonds. Pour autant, cela a été un jolie surprise que de tomber sur ce long métrage dont la jaquette, les personnages et même le titre m'avait laissé circonspect. Je l'ai tellement apprécié d'ailleurs qu'il me tarde de découvrir sa suite directe de 2015, La grande course au fromage, qui, j'espère, seront tout aussi amusant que celui-ci !

27 décembre 2016 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2014)

Féodor : Pascal RACAN 1

Solan : Philipe ALLARD 1

Ludvig : Michel HINDERIJKX 1

Plosen : Olivier CUVELLIER 1

Melvin : Olivier BONY 1

Narrateur : Patrick DESCAMPS 1

Robot / Facteur : Sébastien HEBRANT 1

Épicière : Nathalie HONS 1

Homme à la pelle : Pepino CAPOTONDI 1

Petit garçon : Stéphane FLAMANT 1

Femme : Guylaine GIBERT 1

Sources : 1 Les Films du Préau