Oggy et les cafards, en attendant la saison 4 !

23 février 2012 à 13 h 11 par Olikos

Oggy et les cafards est une oeuvre que j’affectionne, non que j’ovationne carrément ! J’en suis effectivement dingue depuis que je l’ai découverte par hasard sur une chaîne de l’ex-bouquet satellite TPS qui consacrait une demi-journée intégralement à la série. Depuis, quoi que je puisse faire, je suis resté totalement accro à Oggy, Jack, Joey, Dee-Dee, Marquy, Monica et bien évidemment Bob. Tandis qu’une saison 4 est actuellement en cours de réalisation cette année (66 nouveaux épisodes sont annoncés, ainsi que 4 moyens métrages de 26 minutes), je consacre enfin un article à cette fabuleuse série, qui devait figurer sur le blog dès son ouverture il y a trois ans !

Véritable successeur, dans les grandes lignes, de la toute aussi géniale série Tom et Jerry, mais dans un registre encore plus désopilant, la série française est une oeuvre incontournable du catalogue du studio Xilam. Oggy et les cafards partage nombre de points communs avec Tom et Jerry, notamment dans le fait qu’il faut régulièrement déloger des hôtes indésirables, et aussi qu’il n’y a absolument jamais aucun dialogue dans la série. Tout est donc une succession de gags visuels et sonores, où les onomatopées jouent une très grande importance, ainsi que le rythme parfois très rapide des situations. Chaque épisode ne fait que 6 minutes environ (sans générique) mais il s’y passe finalement énormément de choses en si peu de temps.

Dans Oggy et les cafards, tout y est disproportionné. Si dans la majorité des épisodes, l’action démarre sur une mise en situation tout se qu’il y a de plus banale (se brosser les dents, dormir, manger, aller aux toilettes…), elles prennent des proportions de plus en plus burlesques au fur et à mesure de la progression. A ce stade, Oggy et les cafards se rapproche d’une autre série incontournable : Bip Bip et Vil Coyote. Même si la série est résolument comique d’un bout à l’autre, elle se permet tout de même de brosser des personnages sur mesure, au point de parvenir en quelques minutes à peine à les rendre à la fois immédiatement attachants et immédiatement identifiables. N’importe qui n’ayant jamais vu Oggy et les cafards de sa vie est parfaitement capable en un seul épisode de comprendre les buts poursuivis par chacun d’entre eux. La série développe d’ailleurs une – presque – incroyable cohérence tout au long de sa longue carrière télévisuelle.

La série met tout d’abord en scène Oggy évidemment, le chat (oui, c’en est bien un) bleu dont les principaux intérêts dans sa vie sont de bien manger, bien dormir et de ne rater sous aucun prétexte sa série télévisée favorite. Il a également une obsession compulsive pour une maison impeccable, qu’il passe le plus clair de son temps à nettoyer dans les moindres recoins. Nous découvrons aussi à ses côtés son meilleur ami Jack, un autre chat mais vert cette fois, qui est sa parfaite antithèse : obnubilé par sa personne, véritable coureur de jupon, passionné par les belles mécaniques et se mettant systématiquement en situation périlleuse pour plaire à sa dulcinée Monica. Monica, quand à elle, est la soeur jumelle de Oggy, elle partage donc la même couleur bleu que son frère mais elle a la particularité d’être le complément de Oggy. Apparemment née avec des patins à roulettes aux pieds, elle a une très grande disposition pour toutes les activités sportives, elle est svelte et attentionnée, mais partage le même type de romantisme qu’Oggy.

Bien évidemment, les trois compères qui s’opposent régulièrement à Oggy et Jack sont bien évidemment les trois cafards : Joey le manipulateur, Marquy le romantique, et Dee-Dee le glouton. S’ils sont tout disposés à s’entraider les uns les autres afin d’arriver à leur but, il arrive régulièrement que chacun d’entre eux fasse cavalier seul, au point de faire des alliances les plus invraisemblables : Dee-Dee et Oggy contre Jack, Joey et Marky par exemple. Ce type de combinaisons, quasiment illimitées, permet des rebondissements et des renversements de situations à chaque épisode. Oggy et les cafards s’affranchit en effet d’une redondance de ses intrigues, qui se renouvellent donc d’épisodes en épisodes. On constatera d’ailleurs que la majorité de la série se déroule façon huit clos, puisqu’il est rare que les personnages quittent le périmètre de la maison d’Oggy et de son jardin . Ce qui offre tout de même un terrain de jeu immense, puisqu’il peut se passer des choses aussi bien dedans, dehors qu’au dessus et même… en dessous !

Si la première moitié de la saison 1 met principalement en scène Oggy, Jack et les trois cafards, c’est à partir de la seconde moitié de la saison que le casting s’étoffe. C’est notamment le cas de Monica, même si elle ne sera là qu’assez rarement en fin de compte. Par contre, un simple petit second rôle va rapidement s’imposer au fil du temps : le bouledogue bagarreur Bob. Bob fait en effet sa première apparition en tant que chien de compagnie du chasseur à lunette bigleux (les fans de la série se rappelleront facilement de qui il s’agit) et vie à la campagne, où les déboires de la vie de Oggy lui tombe littéralement sur la tête. A partir de cet instant, Bob va quitter sa campagne d’origine pour rejoindre la même banlieue que Oggy. Si dans un premier temps, Bob est simplement cantonné au rang de gags comique récurrent, il va peu à peu s’installer durablement dans la série. C’est à ce moment là qu’il devient un personnage régulier, trouve ses quartiers en habitant la maison d’en face de Oggy, passe son temps à bichonner sa vieille Coccinelle Volkswagen et à s’adonner en toute tranquillité à diverses passions tout aussi étranges qu’insolites. Le problème étant que si lui est réellement un voisin tout ce qu’il y a de plus idéal, ce n’est malheureusement pas de le cas de ses voisins d’en face dont il finit systématiquement par être impliqué.

L’univers de Oggy et les cafards est étonnamment particulier, car le design des personnages secondaires (qui peuvent tout aussi bien être humains qu’animaux) sont extrêmement bizarres. On peut même dire qu’ils sont tous vraiment affreux, pourtant la recette fonctionne à merveille dans la série puisqu’en un coup d’oeil, chaque personnage est capable de réunir tous les clichés du genre. En fin de compte, l’univers visuel de Oggy et les cafards est à rapprocher de celle de Les zinzins de l’espace, produite également par Xilam. Les deux séries étant nées, et ayant évoluées quasiment en parallèle, on n’est pas du tout étonné de trouver d’innombrables similitudes entre elles. A tel point d’ailleurs qu’il n’est pas du tout stupide d’envisager que les deux séries se déroulent en fin de compte dans un seul et même univers. Il suffit pour cela de considérer que Les zinzin de l’espace se déroule dans une grande métropole, tandis que Oggy et les cafards se situe dans sa proche banlieue.

La série mêle très subtilement l’animation 2D traditionnelle avec des séquences en 3D variées. La maison d’Oggy est majoritairement animée en 3D, ce qui permet des angles de vues insoupçonnées, et d’offrir des intérieurs ayant la faculté incroyable de s’étendre à l’infini. La maison est à considérer comme un personnage à part entière, tant elle s’avère vivante ! Elle est ainsi capable de se déplacer, de bondir, de monter ou descendre, mais aussi de devenir un piège mortel pour ses occupants ! Bref, il faut s’attendre à tout dans cette maison inhabituelle au toit violet (le seul de toute la banlieue soit dit en passant). Étant donné l’absence quasi-totale de dialogues (« quasi » car il y a quand même parfois quelques menus dialogues, le plus régulièrement incompréhensibles), la musique joue un rôle essentiel à l’intrigue des épisodes. Oggy et les cafards bénéficie d’une composition magistrale, avec des thèmes de grands crus aussi bien parmi les musiques récurrentes que les spécifiques à des épisodes précis. Tantôt discrète et lancinante, tantôt énergique et entraînante, tantôt désopilante et frénétique. Une véritable composition musicale de génie !

La série se décompose actuellement de trois saisons, en attendant d’être complétée par une saison 4 en 2012. Les deux premières ont été réalisées entre 1998 et 2000, tandis que la saison 3 a été commandée un peu plus tardivement en 2008 suite au succès fulgurant de la série à travers le monde. Oggy et les cafards démarre vraiment sur les chapeaux de roue, car dès l’épisode pilote de 4 minutes environ (proposé sur les éditions DVD de la série) le ton est donné. La saison 1 pose très rapidement des codes qui deviendront par la suite récurrents dans la série, au point qu’elle n’en déviera ensuite pratiquement jamais. La série adopte un véritable rythme de croisière à partir de la seconde moitié de la saison 1. L’incursion de Bob est de plus en plus régulière dans le casting initial et il assoie définitivement sa popularité dans la série. Mais c’est réellement à partir de la saison 2 que Oggy et les cafards culmine au sommet de sa gloire. Des épisodes sont brillamment tournés, burlesques au possible, et ils parviennent à dérider toute personne un peu mélancolique. La saison 2 de Oggy et les cafards est un anti-stress jubilatoire que les médecins devraient prescrire à leurs patients ! La saison 2 se termine finalement en véritable apothéose, même si elle n’obtient en fin de compte pas de fin. Celle-ci reste résolument ouverte, et c’est tout ce que l’on souhaite à la série : que les personnages continuent à vivre au delà de leur vie à l’écran.

Les deux premières saisons de Oggy et les cafards deviennent vite un carton international, la série d’animation française y est ainsi saluée dans le monde. Il n’en faut guère plus à Xilam pour se décider à enfin lui consacrer un suite en 2008, à l’image de ce qu’ils avaient déjà su faire avec succès pour la superbe saison 2 de Les zinzin de l’espace. L’attente s’avère immense, au regard des excellentes deux premières saisons, et tous les espoirs sont de mises vu avec quel maestria la saison 2 de Les zinzin de l’espace avait su parfaitement compléter la saison 1.

Mais c’est le drame dès que l’on découvre les premiers épisodes de la saison 3 de Oggy et les cafards. Non seulement la série détruit en moins de dix épisodes tous ses propres codes, qu’en plus elle se permet d’établir des incohérences effroyables. Si l’on devait désigner un coupable, ce serait sans doute Hugo Guittard qui a le malheureux déshonneur de gâcher involontairement tout le prestige de la série. C’est d’autant plus aberrant que ce même scénariste est capable du mieux, il offre par exemple d’excellent épisodes à Les zinzin de l’espace. Le problème, c’est qu’il se mélange constamment les pinceaux, en réinterprétant les codes de Les zinzin de l’espace pour les injecter à Oggy et les cafards alors qu’ils n’ont absolument rien en commun. Et surtout, beaucoup plus grave à mes yeux, en voulant rendre hommage aux meilleurs épisodes des deux saisons précédentes, il mélange des éléments incompatibles entre eux. Les sacrilèges ultimes étant d’avoir attribué une Coccinelle Volkswagen à Oggy (alors que celle-ci a toujours appartenu à Bob), d’avoir rendu les affrontements entre les chats et les cafards presque inexistants, d’imposer que Oggy passe le plus clair de son temps hors de sa maison, et surtout d’évincer l’histoire de Monica et Jack (qui ont eu un enfant ensemble) au profit d’une histoire de mariage hérétique avec une caniche ! Avec le recul, il semble évident que confier des épisodes de Oggy et les cafard à Hugo Guittard n’était pas une glorieuse idée de la part de Xilam. Il semble évident qu’il n’avait pas su comprendre l’essence même de la série, et n’avait fait que visionner ça et là quelques épisodes avant de proposer ces scénarios qui piochent de-ci de-là les meilleures idées des épisodes précédents. Certes, ils ne sont pas mauvais, mais elles ne conviennent résolument pas à l’univers de Oggy et les cafards.

Il est toutefois évident que Xilam se rend vite compte de son erreur, car rapidement, Olivier Jean-Marie et Jean-Yves Raimbaud volent très vite au secours de leur bébé, et la saison 3 redresse globalement vite la barre. Mais l’enthousiasme de départ n’est plus ce qu’il était, si la saison 3 propose des épisodes tout aussi inégaux qu’ingénieux, jamais elle ne parvient au même degré de subtilité et de plaisir qu’avaient su offrir les deux premières saisons. La saison 3 est donc, à mon grand regret, une saison en demi-teinte. On est heureux de retrouver Oggy, Jack, Bob, Joey, Dee-Dee et Marquy, mais ce n’est plus du tout la même chose. La raison vient sans aucun doute de l’éloignement trop important entre les saisons 1 et 2 avec la saison 3 (presque 10 ans), et Xilam avait durant cette période beaucoup évolué dans sa manière d’aborder des histoires. Ratz, Les nouvelles aventures de Lucky Luke, Toupou encore Shuriken School étaient déjà passées par là, et avaient amené avec elles des évolutions importantes et un humour différent au sein du studio. Est-ce pour cette raison que la saison 3 de Oggy et les cafards n’eut jamais l’honneur de figurer sur Gulli, alors que les deux premières saisons avaient compté parmi leur plus gros succès ? Probablement pas, puisqu’il s’agit plus d’une question de droit de diffusion, la série a en effet désertée cette chaîne depuis longtemps désormais (Canal+ a en effet récupéré les droits de diffusion des trois saisons depuis). Il n’empêche que cela pousse à nous poser des questions. Espérons cependant que la saison 4 saura faire largement mieux que la saison 3. J’ai bon espoir, car Xilam a su tout récemment repartir sur de bonnes bases avec la toute aussi drôle série Zig et Sharko qui est presque un hommage à la gloire de Oggy et les cafards.

Pour autant, Oggy et les cafards reste, et restera toujours, une oeuvre somptueuse, rythmée, délirante et jubilatoire. Au delà des quelques ratés du début de la saison 3, c’est un incontournable de l’animation française, à l’image de la toute aussi célèbre série produite par le studio concurrent Marathon et ses célèbres Totaly Spies. Oggy et les cafards est à savourer à petites doses après une journée fatigante ou éprouvante, elle réussira à chaque fois à illuminer votre soirée et à vous rendre le sourire. Merci à Xilam (studio que je place dans mes préférences bien au dessus de celui de Disney soit dit en passant) pour cela !

Oggy et les cafards a été déclinée en trois collections DVD différentes. Quelques épisodes de la saison 1 ont été ainsi commercialisé par France Télévisions dans une compilation DVD le 17 mars 2004. Puis la saison 1 complète s’est vu offrir un superbe Digipack en forme de frigo par le même éditeur le 8 octobre 2008. Enfin les trois saisons complètes ont finalement été commercialisées séparément en DVD par un autre éditeur (Strategic Marketing) autour de Noël 2010. On notera qu’il existe également un coffret intégrale exclusif chez Fnac depuis début 2011. Si vous êtes fans comme moi, n’hésitez pas à investir dans la série, et ceci même si la saison 4 n’existe pas encore en DVD (elle n’a de toute façon même pas encore été diffusée).

Enfin, pour les amoureux de la bande originale, il existe également une compilation des musiques de la série intitulée « Le show du chat », en version CD ou en dématérialisé. On compte aussi trois bandes dessinées publiées chez Dargaud. Enfin, plus à destination des enfants, un magazine a également existé entre 2009 et 2011.

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