Buck Rogers au 25ème siècle

11 août 2010 à 15 h 30 par Olikos

A l’occasion de la sortie en DVD de la première saison de cette série tout aussi kitch que culte, mais aussi suite aux rumeurs d’un remake sur grand écran, retour sur une série marquante de la fin des années 70 et le début des années 80 : Buck Rogers au 25ème siècle. Adapté d’une série de comics publiée à partir de 1928, Buck Rogers paraitra durant de nombreuses décennies avant de cesser définitivement en 1967. Mais c’est avant tout le phénomène Star Wars au cinéma deux ans plus tôt qui va permettre de transposer cette histoire dans un contexte de conquête spatiale moderne et d’inventer un univers futuriste en 1979. La série a donc pris un sacré coup dans l’aile, car c’était il y a 30 ans que la capitaine Buck Rogers, son comparse Twiki et la ravissante colonel Deering faisait la joie du petit écran. Pourtant, le charme opère encore aujourd’hui.

Ne vous laissez pas ainsi offusquer par l’aspect disco dans l’espace, kitch au possible, parfaitement à l’image de l’époque dans laquelle la série fut tournée. L’épisode pilote de près d’une heure et demi nous met tout de suite dans le bain par un scénario ma foie très simple mais efficace. A tel point d’ailleurs qu’il aura même droit à une sortie en salle dans de nombreux pays d’Europe. Il repose pourtant sur une simple feuille de papier : le capitaine William Buck Rogers est envoyé par la NASA en 1987 pour une mission spatiale mais il est piégé par une tempête spatiale qui gèle son système vie. Il est alors propulsé 500 ans plus tard et se réveille au milieu d’un conflit galactique entre les rares survivant de l’holocauste terrestre et le peuple belligérant des Draconiens. Bien que bénéficiant de peu de moyens en comparaison de Star Wars, la série Buck Rogers au 25ème siècle n’hésite pourtant pas à piocher de nombreuses idées au film de Georges Lucas. Que ce soit parmi les décors d’intérieur, certains costumes , créatures insolites, vaisseaux, robots ou personnages. Ce qui déplu d’ailleurs très fortement à Georges Lucas qui intenta un procès contre elle, mais dont il finit par être débouté. L’ensemble reste toutefois bien loin d’égaler la richesse visuelle du film sur grand écran, mais l’épisode pilote parvient à trouver son public grâce au charme de ces comédiens.

Gil Gerard est ainsi parfaitement crédible dans le rôle de Buck. Bien que celui-ci soit en partie inspiré de Han Solo, Gil Gerard parvient à crédibiliser son personnage à chaque instant. On s’attache inévitablement à cet astronaute égaré 5 siècles dans l’avenir où tout lui est inconnu, et on se réjouit systématiquement de ses références à la culture du 20e siècle qu’il est le seul à comprendre. Bien que peu réellement montré dans la série, on comprend relativement vite que Buck est par nature assez frivole car il n’hésite pas à conquérir le cœur de ses dames à chaque épisode. A commencer par la ravissante Princesse Ardala jouée avec brio par Pamela Hensley. Bien qu’ennemi du peuple terrien, celle-ci tombe rapidement sous le charme du capitaine. Et plus Buck se refuse à l’aimer en retour plus celle-ci brule de désir pour lui. Une situation qui complique d’ailleurs bien souvent les plans de conquêtes des Draconiens.

A l’opposé, nous trouvons la gracieuse Wilma Deering. Erin Gray s’impose comme le premier colonel féminin de l’histoire de la télévision américaine. Son charme agit dès sa première apparition, et elle semble s’amuser au fil des épisodes à changer constamment de couleurs de cheveux passant ainsi du blond en début de série, au châtain puis au brun. Wilma est incontestablement troublée par l’arrivée de Buck dans sa vie, c’est sans doute le personnage dont la personnalité évolue du tout au tout de la première saison. Ne comprenant jamais rien aux multiples allusions à la vie passée de Buck qui ne manque aucune occasion pour essayer d’être drôle, elle apprend énormément à ses côtés. Bien qu’aucune relation amoureuse ne les noue (Wilma s’amuse d’ailleurs souvent à énumérer les conquêtes de Buck), leurs liens se rapprochent finalement peu à peu, particulièrement à la fin de la première saison. Les producteurs de la série imaginent d’ailleurs un début de relation amoureuse dans la saison 2, mais nous n’aurons au final jamais la réponse puisque la série fut finalement annulée.

Le dernier personnage emblématique de la série est sans aucun doute possible l’irrésistible robot Twiki. Twiki adopte Buck dès l’épisode pilote, et ne se séparera dès lors plus jamais de lui. Adoptant rapidement et avec un plaisir inimaginable les travers de Buck (il se trouve d’ailleurs vite une conquête toute dorée vêtue), Twiki devient assez vite le personnage comique par excellence. On saluera la performance de Felix Silla caché sous le costume du robot donnant un touche de réalisme intéressante au personnage malgré quelques incohérences. Par exemple, Twiki étant un robot du 25e siècle, difficile de comprendre pourquoi il est incapable de descendre un simple escalier pour lequel il doit être porté (il était en fait impossible au comédien de le faire sous ce costume !). Mais ce dont on retient inévitablement et pour la vie de Twiki sont ces inimitables « Bidi Bidi» qu’il prononce à tout va.

Les autres personnages restent incontestablement en deçà de la performance de ces quatre comédiens. Les docteurs Huer ou Teopolis dans la saison 1, ou le docteur Goodfellow ainsi que le lieutenant Devlin dansla saison 2, n’apportent en fin de compte que bien peu de chose au récit. Le changement radical de ton et d’ambiance entre les deux saisons de la série joue d’ailleurs relativement vite en leur défaveur. A l’exception notable des apparitions surprises de Gary Colman (l’inoubliable Arnold de la série Arnold et Willy) de Jamie Lee Curtis (Halloween qu’elle tourna un an plus tôt) ou encore de Peter Graves (Mission Impossible). Le changement de producteur dans la série entraina beaucoup de chamboulement, trop sans nul doute au goût du public qui déserta peu à peu la série, mais également aux comédiens qui n’hésitèrent pas un seul instant à faire grève pour revenir aux bases fondamentales de la série. Le changement brutal de la saison 2, qui devait relever et donner du piment à la série, lui fut au contraire fatale à l’image de la toute aussi célèbre série Cosmos 1999 qui connu le même triste destin.

Évoquons à présent la version française de cette série si particulière. En 1984, TF1 débute la diffusion de la série et commande dans un premier temps seulement 15 épisodes en version française. Elle se révèle au final excellente. Dominique Paturel est un parfait Buck Rogers , tout comme Perrette Pradier une incontournable Wilma. Alors que la comparaison avec Star Wars n’arrêtait pas d’alimenter les sacarsmes, la version française propose une Prince Ardala avec la voix de… Evelyn Séléna ! Malheureusement, pour une raison que j’ignore, la série fut finalement interrompue rendant dès lors tout le reste des épisodes de la série orphelins d’une version française… Les épisodes manquant ne furent ainsi jamais diffusé jusqu’en 2001 par la chaine SérieClub du groupe TPS qui les proposera en VOST uniquement lors des vendredis thématiques SF aux côtés de la série Farscape qui reprenait le début quasiment identique d’un astronaute propulsé dans un univers inconnu. C’est d’ailleurs ainsi que son proposé les épisodes sur le DVD français, les 15 premiers en VF et VOST, et les derniers épisodes en VOST seulement. Ce qui est fort dommage avouons-le, même si évidemment la VO et les scénarios font vite oublier ce désagrément. Espérons d’ailleurs que malgré l’absence de version française sur la saison 2, celle-ci sera tout de même aussi proposé en DVD un jour. Mais dans le pire des cas, la saison 1 se suffit à elle-même et reste incontournable.

Buck Rogers au 25ème siècle n’est sans aucun doute plus une série ayant sa place sur le petit écran, beaucoup de productions récentes l’ont depuis largement surpassé. Mais si vous êtes capable d’oublier l’aspect disco dans l’espace qui plane tout au long de la série (et qui en fait au final son charme), n’hésitez pas une seule seconde à vous plonger dans cette série vieillotte mais épique au charme désuet incomparable. A savourer sans aucune modération.

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